Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-26VE01360

jeudi 1 octobre 2026

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-26VE01360
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
FormationJuge des référés
Avocat requérantHABIBI ALAOUI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Versailles d’annuler l’arrêté du 8 octobre 2025 par lequel le préfet des Yvelines a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné.

Par un jugement n° 2513061 du 2 avril 2026, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 7 mai 2026, M. A..., représenté par Me Habibi Alaoui, demande à la cour :

1°) d’annuler ce jugement ;

2°) d’annuler cet arrêté ;

3°) d’enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer sans délai un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale », sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la décision de refus de séjour méconnaît les dispositions de l’article L. 423-22 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation de sa situation personnelle.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968, modifié ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente de la cour administrative d’appel de Versailles a désigné Mme Dorion, présidente, pour statuer par ordonnance en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les (…) magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent (…) par ordonnance, rejeter (…), après l’expiration du délai de recours (…) les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement. (…) »

2. M. A..., ressortissant algérien né le 8 mai 2006, entré en France alors qu’il était âgé de quinze ans le 19 décembre 2021, a présenté une demande de délivrance d’un certificat de résident algérien au titre de sa vie privée et familiale ou en qualité d’étudiant. Par l’arrêté contesté du 8 octobre 2025, le préfet des Yvelines a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. A... relève appel du jugement du 2 avril 2026 par lequel le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande d’annulation de cet arrêté.

3. En premier lieu, l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 régit d’une manière complète et exclusive les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France, ainsi que les règles concernant la nature et la durée de la validité des titres de séjour qui peuvent leur être délivrés. Il s’ensuit que M. A... ne se prévaut pas utilement des dispositions de l’article L. 423-22 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, relatives à la délivrance de la carte de séjour temporaire à l’étranger confié au service de l’aide sociale à l’enfance au plus tard le jour de ses seize ans et qui suit une formation diplômante, qui ne sont pas applicables aux ressortissants algériens.

4. En second lieu, il appartient au préfet, dans l’exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d’apprécier, compte tenu de l’ensemble des éléments de la situation personnelle de l’intéressé, l’opportunité d’une mesure de régularisation.

5. Il ressort des pièces du dossier que M. A... était présent en France depuis moins de quatre ans à la date de la décision contestée et que, confié aux services de l’aide sociale à l’enfance à compter du 17 février 2022, il a été scolarisé en unité pédagogique pour élèves allophones arrivants (UPE2A) au cours de l’année 2022-2023, puis en centre de formation des apprentis, du 9 avril 2024 au 31 août 2025 afin de préparer un certificat d’aptitude professionnelle (CAP) « production et service en restaurations (rapide, collective, cafétéria)», qu’il n’établit pas avoir validé. Sa présence en France est récente et l’intéressé, célibataire et sans charge de famille, n’est pas dépourvu d’attaches familiales dans son pays d’origine, où résident ses parents et quatre de ses frères et sœurs. Le contrat de travail à durée indéterminée à temps partiel, portant sur une quotité de travail de 65 heures par mois, qu’il a conclu le 11 octobre 2025, est postérieur à l’arrêté contesté et ne peut, en tout état de cause, lui procurer des ressources suffisantes. Il est hébergé à l’hôtel à la demande des services de l’aide sociale à l’enfance. Dans ces circonstances, en refusant d’admettre au séjour M. A... au titre de son pouvoir général de régularisation, le préfet n’a pas entaché sa décision d’une erreur manifeste d’appréciation de la situation personnelle de l’intéressé.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête d’appel de M. A... est manifestement dépourvue de fondement et peut être rejetée, selon la procédure prévue au dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d’injonction sous astreinte et celles tendant à ce qu’il soit fait application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....

Fait à Versailles, le 1er octobre 2026.

La magistrate désignée




O. Dorion

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.