Conseil d'État — Décision N° 470026

mardi 2 mai 2023

JuridictionConseil d'État
SectionSection du Contentieux
N° Dossier470026
ECLIECLI:FR:CECHS:2023:470026.20230502
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationZ
Formation9ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

M. D A et Mme C B ont demandé au tribunal administratif de Poitiers de prononcer la décharge des cotisations primitives de taxe d'habitation et de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2019 dans les rôles de la commune de Montmerac (Charente). Par un jugement n° 2100389 du 18 octobre 2022, le tribunal administratif de Poitiers a rejeté leur demande.

Par un pourvoi enregistré le 26 décembre 2022 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. A et Mme B demandent au Conseil d'Etat d'annuler ce jugement.

Par une décision du 2 mars 2023, notifiée le 3 avril 2023, le bureau d'aide juridictionnelle a rejeté la demande d'aide juridictionnelle de M. A et Mme B.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ". Aux termes du troisième alinéa de l'article R. 822-5 de ce même code : " Lorsque le pourvoi est irrecevable pour défaut de ministère d'avocat (), le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas l'admettre ".

2. Aux termes de l'article R. 821-3 du même code : " Le ministère d'un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation est obligatoire pour l'introduction, devant le Conseil d'Etat, des recours en cassation, à l'exception de ceux dirigés contre les décisions des juridictions de pension ". Aux termes du deuxième alinéa de l'article R. 612-1 du même code, des conclusions présentées en méconnaissance de cette obligation, lorsqu'elle a été mentionnée dans la notification de la décision contestée, peuvent être rejetées sans demande de régularisation préalable.

3. Le pourvoi de M. A et Mme B tend à l'annulation du jugement du 18 octobre 2022 du tribunal administratif de Poitiers. Aucun texte ne dispense un tel pourvoi en cassation de l'obligation du ministère d'avocat. Faute d'avoir été présenté par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, et ce alors que la notification de la décision attaquée faisait mention d'une telle obligation, le pourvoi de M. A et Mme B n'est pas recevable et ne peut être admis.

ORDONNE :

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Article 1er : Le pourvoi de M. A et Mme B n'est pas admis.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D A et Mme C B.

Copie en sera adressée au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Fait à Paris, le 02/05/2023

La présidente : Anne Egerszegi

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :