Conseil d'État — Décision N° 470238

jeudi 23 février 2023

JuridictionConseil d'État
SectionSection du Contentieux
N° Dossier470238
ECLIECLI:FR:CECHS:2023:470238.20230223
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationZ
Formation5ème chambre

Résumé IA

Le Conseil d'État, statuant en cassation, rejette le pourvoi d'un particulier contestant un forfait de post-stationnement. La juridiction constate que le recours, dirigé contre une ordonnance de la commission du contentieux du stationnement payant, est irrecevable car il n'a pas été présenté par un avocat au Conseil d'État, alors que cette obligation était mentionnée dans la notification de la décision attaquée. La solution s'appuie sur les articles L. 822-1, R. 821-3 et R. 822-5 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

M. B A a demandé à la commission du contentieux du stationnement payant de le décharger de l'obligation de payer la somme de 463 euros résultant du commandement de payer émis à son encontre le 2 juillet 2020 par la trésorerie amendes compétente en vue du recouvrement d'un forfait de post-stationnement majoré. Par une ordonnance n° 20038251 du 26 novembre 2022, la présidente de la commission du contentieux du stationnement payant a rejeté sa requête comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Par un pourvoi, enregistré le 6 janvier 2023 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. A demande au Conseil d'Etat :

1°) d'annuler cette ordonnance ;

2°) réglant l'affaire au fond, de faire droit à sa requête.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ". Aux termes du troisième alinéa de l'article R. 822-5 du même code : " Lorsque le pourvoi est irrecevable pour défaut de ministère d'avocat (), le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas l'admettre ". Selon l'article R. 821-3 de ce code : " Le ministère d'un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation est obligatoire pour l'introduction, devant le Conseil d'Etat, des recours en cassation, à l'exception de ceux dirigés contre les décisions des juridictions de pension ". Enfin, en vertu du deuxième alinéa de l'article R. 612-1 du même code, le Conseil d'Etat, juge de cassation, peut rejeter, sans demande de régularisation préalable, un pourvoi qui n'a pas été présenté par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, lorsque l'obligation de représentation a été mentionnée dans la notification de la décision attaquée.

2. Le pourvoi de M. A, qui n'est pas au nombre de ceux que l'article R. 821-3 du code de justice administrative dispense de l'obligation de ministère d'avocat, n'a pas été présenté par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, alors que la notification de l'ordonnance attaquée faisait mention de cette obligation. Par suite, il n'est pas recevable et ne peut, dès lors, être admis.

O R D O N N E :

Article 1er : Le pourvoi de M. A n'est pas admis.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Paris, le 23 février 2023

Signé : Jean-Philippe Mochon

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme ;

Pour le secrétaire du contentieux, par délégation :

Bernard Longieras

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