Conseil d'État — Décision N° 518635
mercredi 4 novembre 2026
| Juridiction | Conseil d'État |
| Section | Section du Contentieux |
| N° Dossier | 518635 |
| ECLI | ECLI:FR:CECHS:2026:518635.20261104 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre jugeant seule |
| Avocat requérant | SAS ZRIBI & TEXIER |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
M. V... L... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Montreuil, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d’une part, de suspendre l’exécution de l’arrêté du 27 janvier 2026 par lequel le maire de la commune de L’Île-Saint-Denis a prononcé sa suspension du 14 août 2022 au 22 juillet 2024 avec retenue de salaire à hauteur de la moitié de son traitement et son placement en disponibilité d’office à compter du 23 juillet 2024 et, d'autre part, d’enjoindre à la commune de procéder à sa réintégration effective dans ses fonctions, dans un délai de quinze jours et sous astreinte de 200 euros par jour de retard, et de reprendre le versement de son traitement intégral à compter de la décision à intervenir sous les mêmes conditions d’astreinte. Par une ordonnance n° 2616243 du 22 juillet 2026, le juge des référés du tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande.
Par un pourvoi, enregistré le 7 août 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. L... demande au Conseil d'Etat :
1°) d’annuler cette ordonnance ;
2°) statuant en référé, de faire droit à sa demande ;
3°) de mettre à la charge de la commune de L’Île-Saint-Denis la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative ;
Après avoir entendu en séance publique :
- le rapport de Mme Christine Allais, conseillère d’Etat en service extraordinaire ;
- les conclusions de M. Arnaud Skzryerbak, rapporteur public ;
La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SAS Zribi & Texier, avocat de M. L... ;
Vu la note en délibéré, enregistrée le 8 octobre 2026, présentée par M. L... ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ».
2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’il attaque, M. L... soutient que le juge des référés du tribunal administratif de Montreuil :
- a entaché sa décision d’irrégularité dès lors que la minute ne comporte pas sa signature, en violation des dispositions de l’article R. 742-5 du code de justice administrative ;
- a commis une erreur de droit en jugeant que la présomption d’urgence applicable en cas de demande de suspension d’une mesure ayant pour effet de priver un agent public de la totalité de sa rémunération pouvait être renversée, alors que la commune employeuse, qui n’a pas été appelée à produire en défense en raison de l’application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, n’a, de ce fait, pas justifié de circonstances particulières susceptibles de renverser cette présomption ;
- a commis une erreur de droit en se méprenant sur l’autorité de la chose jugée par l’arrêt rendu par la chambre correctionnelle de la cour d’appel de Paris du 20 juin 2024 ;
- a dénaturé les pièces du dossier en retenant qu’il avait adopté un comportement inapproprié à l’égard de ses élèves et qu’il avait été expulsé de l’établissement « Aquaboulevard » le 10 juin 2021 au motif qu’il avait commis des attouchements sexuels sur une personne mineure ;
- a dénaturé les pièces du dossier en écartant l’urgence, alors qu’aucune circonstance particulière ne permettait de renverser la présomption d’urgence ;
- a méconnu son office et eu recours de manière abusive à la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi.
D E C I D E :
--------------
Article 1er : Le pourvoi de M. L... n’est pas admis.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. V... L....
Copie en sera adressée à la commune de L’Île-Saint-Denis.
Délibéré à l'issue de la séance du 8 octobre 2026 où siégeaient : M. Stéphane Verclytte, conseiller d’Etat, présidant ; M. Philippe Ranquet, conseiller d'Etat ; Mme Christine Allais, conseillère d’Etat en service extraordinaire-rapporteure.
Rendu le 4 novembre 2026.
Le président :
Signé : M. Stéphane Verclytte
La rapporteure :
Signé : Mme Christine Allais
La secrétaire :
Signé : Mme Nathalie Martinez-Casanova
La République mande et ordonne à la ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :
M. V... L... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Montreuil, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d’une part, de suspendre l’exécution de l’arrêté du 27 janvier 2026 par lequel le maire de la commune de L’Île-Saint-Denis a prononcé sa suspension du 14 août 2022 au 22 juillet 2024 avec retenue de salaire à hauteur de la moitié de son traitement et son placement en disponibilité d’office à compter du 23 juillet 2024 et, d'autre part, d’enjoindre à la commune de procéder à sa réintégration effective dans ses fonctions, dans un délai de quinze jours et sous astreinte de 200 euros par jour de retard, et de reprendre le versement de son traitement intégral à compter de la décision à intervenir sous les mêmes conditions d’astreinte. Par une ordonnance n° 2616243 du 22 juillet 2026, le juge des référés du tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande.
Par un pourvoi, enregistré le 7 août 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. L... demande au Conseil d'Etat :
1°) d’annuler cette ordonnance ;
2°) statuant en référé, de faire droit à sa demande ;
3°) de mettre à la charge de la commune de L’Île-Saint-Denis la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative ;
Après avoir entendu en séance publique :
- le rapport de Mme Christine Allais, conseillère d’Etat en service extraordinaire ;
- les conclusions de M. Arnaud Skzryerbak, rapporteur public ;
La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SAS Zribi & Texier, avocat de M. L... ;
Vu la note en délibéré, enregistrée le 8 octobre 2026, présentée par M. L... ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ».
2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’il attaque, M. L... soutient que le juge des référés du tribunal administratif de Montreuil :
- a entaché sa décision d’irrégularité dès lors que la minute ne comporte pas sa signature, en violation des dispositions de l’article R. 742-5 du code de justice administrative ;
- a commis une erreur de droit en jugeant que la présomption d’urgence applicable en cas de demande de suspension d’une mesure ayant pour effet de priver un agent public de la totalité de sa rémunération pouvait être renversée, alors que la commune employeuse, qui n’a pas été appelée à produire en défense en raison de l’application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, n’a, de ce fait, pas justifié de circonstances particulières susceptibles de renverser cette présomption ;
- a commis une erreur de droit en se méprenant sur l’autorité de la chose jugée par l’arrêt rendu par la chambre correctionnelle de la cour d’appel de Paris du 20 juin 2024 ;
- a dénaturé les pièces du dossier en retenant qu’il avait adopté un comportement inapproprié à l’égard de ses élèves et qu’il avait été expulsé de l’établissement « Aquaboulevard » le 10 juin 2021 au motif qu’il avait commis des attouchements sexuels sur une personne mineure ;
- a dénaturé les pièces du dossier en écartant l’urgence, alors qu’aucune circonstance particulière ne permettait de renverser la présomption d’urgence ;
- a méconnu son office et eu recours de manière abusive à la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi.
D E C I D E :
--------------
Article 1er : Le pourvoi de M. L... n’est pas admis.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. V... L....
Copie en sera adressée à la commune de L’Île-Saint-Denis.
Délibéré à l'issue de la séance du 8 octobre 2026 où siégeaient : M. Stéphane Verclytte, conseiller d’Etat, présidant ; M. Philippe Ranquet, conseiller d'Etat ; Mme Christine Allais, conseillère d’Etat en service extraordinaire-rapporteure.
Rendu le 4 novembre 2026.
Le président :
Signé : M. Stéphane Verclytte
La rapporteure :
Signé : Mme Christine Allais
La secrétaire :
Signé : Mme Nathalie Martinez-Casanova
La République mande et ordonne à la ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :