Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2203155

mercredi 13 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2203155
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 juin 2022 et un mémoire en production de pièces, enregistré le 11 juillet 2022, M. B A, représenté par Me Ciccolini, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 12 avril 2022 par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a refusé de procéder au renouvellement de son certificat de résidence algérien de dix ans, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui remettre un certificat de résidence renouvelé ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B A soutient que :

- la condition d'urgence posée par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative est remplie dès lors que la poursuite de son activité commerciale et les contrats de partenariat qu'il a conclus risquent d'être remis en cause faute pour lui de justifier d'une situation administrative pérenne sur le territoire français.

- les moyens tirés de ce que la décision portant retrait de son certificat de résidence algérien de dix ans emporte des conséquences excessives au regard de sa situation personnelle et procède d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation par le préfet sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de ladite décision.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juillet 2022, le préfet des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Vu la requête, enregistrée le 14 juin 2022 sous le numéro 2202919, par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

La présidente du tribunal a désigné Mme Belguèche, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu, au cours de l'audience publique du 13 juillet 2022 à 9h30 :

- le rapport de Mme Belguèche, juge des référés ;

- les observations de Me Ciccolini, qui reprend les moyens de la requête ;

- et les observations de M. A, requérant, qui indique que les faits pour lesquels il a été condamné par la cour d'appel d'Aix-en-Provence, le 29 avril 2016, à une peine d'emprisonnement de trois ans pour des faits de vol aggravé et abus de confiance, remontent à l'année 2012 ;

- le préfet des Alpes-Maritimes n'étant ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant algérien, a sollicité auprès de la préfecture des Alpes-Maritimes, le renouvellement du certificat de résidence algérien de dix ans dont il est titulaire, venu à expiration le 12 janvier 2022. Par courrier du 12 avril 2022, le préfet des Alpes-Maritimes a informé M. A qu'il envisageait, sur le fondement de l'article L. 432-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de ne pas renouveler sa carte de résident en raison des diverses condamnations prononcées en 1995, 1996, 1997, 1998, 1999, 2001, 2002, 2011 et 2016 dont il a fait l'objet. Par décision du 12 avril 2022, le préfet des Alpes-Maritimes a décidé de ne pas accorder le renouvellement du certificat de résidence algérien de dix ans. M. A demande la suspension de l'exécution de cette décision.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L.521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera, en principe, constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme dans le cas d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier, à très bref délai, d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

4. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés par le requérant ne sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, laquelle est au demeurant présumée en l'espèce, il convient de rejeter la présente requête, dans toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.

Fait à Nice le 13 juillet 202

Le juge des référés

Signé

S. BELGUECHE

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Ou par délégation, la greffière,