Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2203952

vendredi 12 août 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2203952
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 août 2022, Mme A B épouse D, représentée par Me Oloumi, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner au préfet des Alpes-Maritimes, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de renouveler le récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour, à compter de la notification de l'ordonnance à venir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et d'ordonner au préfet de dater la validité du récépissé à partir du 29 juillet 2022 ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition tenant à l'urgence particulière est remplie compte tenu des conséquences de l'absence de récépissé sur sa situation, en particulier la suspension de l'allocation personnalité d'autonomie ;

- la condition tenant à l'existence d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale est remplie dès lors qu'il est porté atteinte notamment à sa liberté d'aller et venir.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 août 2022, le préfet des Alpes-Maritimes conclut au non-lieu à statuer et au rejet des conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que le récépissé de demande de titre de séjour sollicité a été adressé à la requérante par courrier le 4 août 2022.

Par un mémoire, enregistré le 10 août 2022, Mme B déclare se désister des conclusions formulées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative mais maintient toutefois ses conclusions aux fins d'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative qu'elle porte à 1 500 euros, ainsi que sa demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Duroux, juge des référés ;

- les observations de Me Della Monaca, substituant Me Oloumi, représentant Mme B.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante ukrainienne, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de renouveler le récépissé de sa demande de titre de séjour.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

1.

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ".

3. En application des dispositions précitées, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire de Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur le désistement partiel :

4. Par un mémoire, enregistré le 10 août 2022, Mme B déclare se désister des conclusions formulées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Ce désistement est pur et simple et rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme que la requérante demande au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Il est donné acte du désistement de Mme B de ses conclusions formulées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au préfet des Alpes-Maritimes.

Copie en sera adressé au ministre de l'intérieur et au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nice.

Fait à Nice, le 12 août 2022.

La juge des référés,

signé

G. C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation la greffière