Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2203964
vendredi 12 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2203964 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 août 2022, M. B A, représenté par Me Oloumi, demande au juge des référés :
1°) de lui octroyer le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) à titre principal, d'ordonner au préfet des Alpes-Maritimes, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de lui délivrer dès notification de l'ordonnance à intervenir, un titre de séjour ou un récépissé de renouvellement de titre de séjour autorisant son titulaire à travailler, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ; à titre subsidiaire, si le préfet indique avoir envoyé le récépissé par voie postale, d'enjoindre au préfet de produire la copie du récépissé ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au profit de son avocat en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, à défaut ou en cas d'absence ou de retrait du bénéfice de l'aide juridictionnelle à l'exposant.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie : l'absence de délivrance d'un récépissé de demande de renouvellement de son titre de séjour va conduire son employeur à suspendre son contrat de travail, il ne pourra plus bénéficier des aides de l'Etat et il ne pourra plus exercer son droit à la libre circulation.
- Il est porté une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales que constituent la liberté du travail, la liberté d'aller et de venir et la liberté de circulation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 août 2022, le préfet des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que le requérant a été convoqué dans un délai raisonnable et qu'une nouvelle convocation lui a été adressée afin qu'il se présente le 18 août 2022 à la préfecture.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée, relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Duroux, juge des référés ;
- et les observations de Me Della Monaca, substituant Me Oloumi, représentant M. A.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".
2. L'usage par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient des dispositions de l'article L. 521-2 précité est subordonné à la condition qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention dans les quarante-huit heures d'une mesure de sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle il est porté atteinte. La seule circonstance qu'une atteinte à une liberté fondamentale serait avérée n'est pas de nature à caractériser l'existence d'une situation d'urgence particulière justifiant l'intervention du juge des référés dans le très bref délai prévu par les dispositions de l'article L. 521-2. Il appartient ainsi au requérant de justifier dans tous les cas de l'urgence, laquelle ne saurait être regardée comme remplie en l'absence d'éléments concrets, propres à chaque espèce, de nature à établir l'urgence des mesures sollicitées dans le cadre de cette procédure particulière de référé qui implique l'intervention du juge dans les plus brefs délais.
3. Il résulte de l'instruction que M. A bénéficie d'un récépissé de demande de carte de séjour valable jusqu'au 11 août 2022. Le 2 août 2022, il sollicite le renouvellement de son récépissé auprès des services de la préfecture des Alpes-Maritimes qui le convoque à un rendez-vous le 8 septembre 2022. Pour soutenir que la condition de l'urgence particulière est remplie, le requérant soutient qu'à défaut de récépissé de demande de titre de séjour valable, son employeur suspendra son contrat de travail et la caisse d'allocation familiale suspendra le versement de ses droits. Toutefois, il résulte de l'instruction que les pièces versées au dossier par le requérant ne sont pas suffisamment probantes pour corroborer ses allégations. En effet, le mail sur lequel M. A s'appuie ne comporte aucune adresse professionnelle et son signataire, dont le nom diffère de celui de l'adresse d'expédition, ne précise pas les fonctions qu'il occuperait. De même, la capture d'écran fournie par le requérant ne précise pas s'il s'agit du site internet de la caisse d'allocation familiale. Il résulte également de l'instruction que la préfecture des Alpes-Maritimes fait valoir que M. A est finalement convoqué le 18 août 2022 à la préfecture afin de se voir remettre un récépissé de sa demande de titre de séjour. Dès lors, dans ces circonstances, le requérant ne justifie pas d'une situation d'urgence au sens et pour l'application des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
4. Il résulte de tout ce qui précède que la condition de l'urgence n'étant pas satisfaite, les conclusions de la requête présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet des Alpes-Maritimes.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nice.
La juge des référés,
signé
G. C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière,
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