Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2204444
lundi 19 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2204444 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 septembre 2022, Mme A B, représentée par Me Rossler, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour, assorti d'une autorisation de travail, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à l'expiration d'un délai de huit jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutienne que :
- la condition d'urgence est remplie, compte tenu des conséquences de l'absence de récépissé sur sa situation ;
- la délivrance d'un récépissé constitue une mesure utile qui ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 septembre 2022, le préfet des Alpes-Maritimes conclut au rejet à statuer sur la requête.
Il fait valoir que la requérante n'a pas joint à son dossier de demande de titre une copie d'une pièce d'identité en cours de validité avec photo.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Soli, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante brésilienne, a sollicité le renouvellement de sa carte de résident de dix ans qui lui a été délivré le 15 avril 2011 et qui a expiré le 14 avril 2021. Elle a, lors de sa demande de renouvellement, reçu un récépissé valable du 21 mai au 20 novembre 2021. En l'absence de notification du titre de séjour renouvelé, elle a été mise en possession, suite à la saisine du juge des référés, d'un second récépissé valable du 7 mars 2022 au 6 juin 2022. Ce récépissé ayant expiré, la requérante demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer à chacun un récépissé de demande de titre de séjour, assorti d'une autorisation de travail, sous astreinte.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
3. Il résulte de l'instruction et de ce qui a été exposé au paragraphe 1 ci-dessus que la requérante a sollicité le renouvellement de son titre de séjour de dix ans en avril 2021, que compte tenu du délai écoulé et des conséquences pour la requérante d'une absence de document de séjour, l'urgence mentionnée à l'article L. 521-3 du code de justice administrative est caractérisée.
4. Si le préfet soutient que la requérante n'a pas produit de pièce d'identité en cours de validité avec photo, Mme B, fait valoir sans être contredite qu'elle ne peut obtenir un tel document qu'au Brésil et qu'en l'absence de récépissé, elle ne peut s'y rendre. Au surplus, si la production d'une pièce d'identité en cours de validité avec photo est nécessaire à la délivrance d'une carte de résident, son absence ne fait pas obstacle à la remise d'un récépissé. Il s'ensuit qu'il y a lieu d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de délivrer à Mme B, un récépissé de demande de carte de résident, l'autorisant à travailler dans un délai de dix jours à compter de la notification de la présente ordonnance sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5. Il y a lieu de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros au titre des frais exposés par la requérante et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de délivrer à Mme B, un récépissé de demande de carte de résident, l'autorisant à travailler dans un délai de dix jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 2 : L'Etat versera à Mme B la somme de 800 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du CJA.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.
Fait à Nice, le 19 septembre 2022.
Le juge des référés
signé
P. SOLI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière
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