jeudi 2 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2401854 |
| Type | Décision |
| Recours | Exécution d'un jugement |
| Publication | C |
| Avocat requérant | GUEZ GUEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 mars 2024, Mme A B, représentée par Me Guez Guez, a présenté une demande en vue d'obtenir l'exécution de l'ordonnance n°2400289 rendue le 2 février 2024 sur le fondement des dispositions de l'article L.521-1 du code de justice administrative, par le juge des référés du tribunal administratif de Nice et demande au tribunal de prendre toutes mesures utiles en vue de l'exécution de ladite ordonnance en toutes ses dispositions, ensemble la condamnation de l'Etat au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que le préfet des Alpes-Maritimes n'a pas déféré à l'injonction qui lui a été faite de réexaminer sans délai et dès notification de l'ordonnance, la demande de titre de séjour de Mme B et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour temporaire l'autorisant à travailler jusqu'à qu'il soit statuer sur sa demande de titre de séjour, ni n'a réglé la somme de 1 000 euros due au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Par ordonnance du 8 avril 2024, la présidente du tribunal de céans a ouvert une procédure juridictionnelle, en tant que de besoin, en vue de prescrire les mesures nécessaires à l'exécution de l'ordonnance susmentionnée.
La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire.
Par courrier du 10 avril 2024, le juge des référés a, en application des dispositions de l'article R.611-7 du code de justice administrative, informé les parties que la décision lui paraissait susceptible d'être fondée sur le moyen relevé d'office suivant : il résulte de l'article L.911-9 du code de justice administrative, que l'exécution des condamnations pécuniaires incombe exclusivement au préfet du département. En cas d'inertie de celui-ci, il n'appartient pas au juge administratif d'user directement de ses pouvoirs en matière d'exécution de la décision de justice concernée. Il appartient préalablement au créancier de saisir en vain le comptable assignataire d'une demande de paiement de la condamnation pécuniaire inexécutée. Dès lors, faute pour Mme B d'avoir préalablement saisi en vain le comptable assignataire compétent d'une demande de paiement, ses conclusions formulées à fin d'exécution sont irrecevables et doivent, par suite, être rejetées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative et notamment ses articles L.911-4 et R.921-5 et suivants.
Vu la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. Taormina, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique du 30 avril 2024 :
- le rapport de M. Taormina, vice-président,
- et les observations de Me Guez Guez, représentant Mme B, qui informe le tribunal que sa cliente vient d'obtenir du préfet ni présent, ni représenté, un récépissé de sa demande de titre de séjour, conformément aux prescriptions de l'ordonnance dont exécution.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L.911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. / Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ".
2. En premier lieu, il résulte de l'instruction, qu'à la date de la présente décision, postérieurement à l'enregistrement de la requête, le préfet des Alpes-Maritimes a délivré à Mme B un récépissé de sa demande de titre de séjour, conformément aux prescriptions de l'ordonnance dont exécution. Dès lors, il n'y a plus lieu de statuer sur ce chef d'exécution.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L.911-9 du code de justice administrative : " Lorsqu'une décision passée en force de chose jugée a prononcé la condamnation d'une personne publique au paiement d'une somme d'argent dont elle a fixé le montant, les dispositions de l'article 1er de la loi n°80-539 du 16 juillet 1980, ci-après reproduites, sont applicables./ " Art. 1er. - I. - Lorsqu'une décision juridictionnelle passée en force de chose jugée a condamné l'Etat au paiement d'une somme d'argent dont le montant est fixé par la décision elle-même, cette somme doit être ordonnancée dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision de justice./ Si la dépense est imputable sur des crédits limitatifs qui se révèlent insuffisants, l'ordonnancement est fait dans la limite des crédits disponibles. Les ressources nécessaires pour les compléter sont dégagées dans les conditions prévues par l'ordonnance n° 59-2 du 2 janvier 1959 portant loi organique relative aux lois de finances. Dans ce cas, l'ordonnancement complémentaire doit être fait dans un délai de quatre mois à compter de la notification./ A défaut d'ordonnancement dans les délais mentionnés aux alinéas ci-dessus, le comptable assignataire de la dépense doit, à la demande du créancier et sur présentation de la décision de justice, procéder au paiement./" ".
4. L'article L.911-9 du code de justice administrative permettant à la partie gagnante, en cas d'inexécution d'une décision juridictionnelle passée en force de chose jugée, d'obtenir du comptable public assignataire le paiement de la somme que l'Etat est condamné à lui verser à défaut d'ordonnancement dans le délai prescrit, il n'y a, en principe, pas lieu de faire droit à une demande tendant à ce que le juge prenne des mesures pour assurer l'exécution de cette décision. Il en va toutefois différemment lorsque le comptable public assignataire, bien qu'il y soit tenu, refuse de procéder au paiement.
5. Il ne résulte pas de l'instruction, que le comptable assignataire de la dépense ait été sollicité par la requérante pour procéder au paiement de la somme qui lui est due, en exécution de l'article 3 de l'ordonnance n°2400289 rendue le 2 février 2024 au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative. Par suite, les conclusions formulées par Mme B en exécution de cette condamnation pécuniaire prononcée par le tribunal dans son ordonnance précitée sont irrecevables et doivent, par suite, être rejetées.
6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, au profit de Mme B, une somme de 500 euros, en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de Mme B à fin d'exécution de l'injonction faite au préfet des Alpes-Maritimes, à l'article 2 de l'ordonnance n°2400289 rendue le 2 février 2024 par le juge des référés du tribunal de céans, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour temporaire l'autorisant à travailler jusqu'à qu'il soit statuer sur sa demande de titre de séjour.
Article 2 : Il est mis à la charge de l'Etat, au profit de Mme B, une somme de 500 euros, en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet des Alpes-Maritimes.
Copie en sera adressée pour information au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Nice, le 2 mai 2024.
Le juge des référés
signé
G. Taormina
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Le Greffier en Chef,
Ou par délégation le Greffier
N°2401854
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2519430
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en exécution d’un précédent jugement du 23 décembre 2024, a constaté que le ministre de l’intérieur n’avait pas exécuté l’injonction de délivrer un visa d’établissement (visa long séjour type D) à Mme C... épouse B..., en lui délivrant à tort un visa de court séjour type C. Sur le fondement de l’article L. 911-4 du code de justice administrative, le tribunal a enjoint au ministre de délivrer le visa d’établissement requis sous un délai de trois mois, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. La solution retenue vise à assurer l’exécution complète et conforme du jugement initial.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2601124
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant par ordonnance, donne acte du désistement du requérant concernant ses demandes d'annulation et d'injonction relatives à des titres de séjour. La juridiction rejette sa demande d'allocation d'une somme au titre des frais non compris dans les dépens, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administratif. Le litige principal est ainsi éteint par le désistement.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2603340
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, a été saisi d'une demande visant à assurer l'exécution d'une précédente injonction et à obtenir une astreinte pour son inexécution. Le juge a constaté que la préfète de l'Isère n'avait pas renouvelé le récépissé de séjour de la requérante, malgré l'injonction antérieure, et que cette dernière avait ainsi subi un préjudice (licenciement). En conséquence, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, le tribunal a ordonné à la préfète de statuer expressément sur la demande de titre de séjour dans un délai d'un mois, sous astreinte de 200 euros par jour de retard.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2506265
**Sujet principal** : Demande d'exécution d'une ordonnance de référé ayant suspendu un refus de titre de séjour et enjoint à l'administration de réexaminer la situation. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Nice (statuant par ordonnance). **Solution retenue** : Le juge constate qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'exécution, car l'administration a pris une nouvelle décision (un refus de titre de séjour daté du 7 janvier 2026), ce qui a assuré l'exécution de l'ordonnance initiale. La demande est donc devenue sans objet. **Textes appliqués** : Articles R. 222-1 (3°) et L. 911-4 du code de justice administrative.
07/04/2026