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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2403702

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2403702

vendredi 25 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2403702
TypeDécision
RecoursExécution d'un jugement
PublicationC
Formation4ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nice, saisi d’une demande d’exécution du jugement n°2203355 du 20 mars 2024, a constaté que le préfet des Alpes-Maritimes n’avait pas exécuté cette décision qui lui enjoignait de délivrer un titre de séjour à M. B. En application de l’article L.911-4 du code de justice administrative, le tribunal a prononcé une astreinte de 200 euros par jour à l’encontre du préfet, passé un délai de huit jours suivant la notification du présent jugement, jusqu’à l’exécution complète du jugement initial. La solution retenue vise à contraindre l’administration à se conformer à l’injonction de délivrance du titre de séjour.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un jugement n°2203355 rendu le 20 mars 2024, le tribunal administratif de Nice a annulé la décision implicite par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a rejeté la demande d'admission au séjour présentée par M. A B et a enjoint au préfet de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour.

Par une requête enregistrée le 24 mai 2024, M. A B, demande au tribunal de prendre toutes mesures utiles pour assurer l'exécution du jugement n°2203355 rendu le

20 mars 2024.

Il soutient que le préfet des Alpes-Maritimes n'a toujours pas procédé à l'exécution dudit jugement.

Par une ordonnance n°2403702 du 8 juillet 2024, la présidente du tribunal administratif a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle.

La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Le 7 août 2024, M. B a enregistré un mémoire qui n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique du 2 octobre 2024, le rapport de M. Taormina, président-rapporteur, M. A B et le préfet des Alpes-Maritimes n'étant ni présents, ni représentés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L.911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. / Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ".

2. Il résulte de l'instruction, qu'à la date de la présente décision, le préfet des

Alpes-Maritimes qui n'a pas présenté d'observations en défense, n'a pas pris les mesures propres à assurer l'exécution du jugement n°2203355 rendu le 20 mars 2024 par le tribunal de céans, se bornant à délivrer un simple récépissé de demande de titre de séjour qui n'a été valable que jusqu'au 14 octobre 2024. Dès lors, il y a lieu de prononcer à l'encontre du préfet des

Alpes-Maritimes, à défaut pour ce dernier de justifier de l'exécution dudit jugement dans un délai de huit jours à compter de la notification du présent jugement, une astreinte de 200 euros par jour de retard passé ce délai, jusqu'à la date à laquelle le jugement précité aura reçu exécution.

D E C I D E :

Article 1er : Une astreinte est prononcée à l'encontre du préfet des Alpes-Maritimes, s'il ne justifie pas avoir, dans les huit jours suivant la notification du présent jugement, exécuté le jugement n°2203355 rendu le 20 mars 2024 par le tribunal de céans, et jusqu'à la date de cette exécution. Le taux de cette astreinte est fixé à 200 (deux cents) euros par jour, à compter de l'expiration dudit délai.

Article 2 : Le préfet des Alpes-Maritimes communiquera au tribunal copie des actes justifiant des mesures prises pour exécuter le jugement mentionné à l'article 1er ci-dessus.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet des

(Alpes-Maritimes.

Copie en sera adressée pour information au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 2 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Taormina, président,

Mme Soler, première conseillère,

M. Bulit, conseiller

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2024.

Le président-rapporteur,

Signé

G. Taormina L'assesseure la plus ancienne,

Signé

N. Soler

Le greffier,

Signé

D. Crémieux

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

Le Greffier en Chef,

Ou par délégation le Greffier

N°2403702

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