Le Tribunal administratif de Nice a été saisi par Mme A... d'une demande d'exécution du jugement du 3 octobre 2024, qui annulait le refus implicite de titre de séjour et enjoignait au préfet des Alpes-Maritimes de réexaminer sa situation sous trois mois. Constatant qu'un titre de séjour valable a été délivré à l'intéressée, le tribunal a estimé que le préfet avait pris les mesures nécessaires pour exécuter le jugement. En application de l'article L. 911-4 du code de justice administrative, la requête de Mme A... a été rejetée.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par un jugement n° 2205397 du 3 octobre 2024, le tribunal administratif de Nice a, d’une part, annulé la décision par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a implicitement rejeté la demande de titre de séjour de Mme A... et, d’autre part, enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de réexaminer sa situation dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement.
Par une requête, enregistrée le 7 janvier 2025, Mme B... A..., représentée par Me Traversini, demande au tribunal de prendre toutes mesures utiles afin d’assurer l’exécution du jugement n° 2205397 du 3 octobre 2024.
Elle soutient que le préfet des Alpes-Maritimes n’a toujours pas exécuté le jugement n° 2205397 du 3 octobre 2024.
Par une ordonnance du 18 août 2025, la présidente du tribunal administratif de Nice a décidé l’ouverture d’une procédure juridictionnelle.
La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes, qui a produit un mémoire le 10 novembre 2025 concluant au non-lieu à statuer dès lors qu’un titre de séjour a été délivré à la requérante.
Vu :
- le jugement n° 2205397 du 3 octobre 2024 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative ;
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Le rapport de M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président, a été entendu au cours de l’audience publique du 13 novembre 2025.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 911-4 du code de justice administrative : « En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. / Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ».
2. Par un jugement n° 2205397 du 3 octobre 2024, le tribunal administratif de Nice a, d’une part, annulé la décision par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a implicitement rejeté la demande de titre de séjour de Mme A... et, d’autre part, enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de réexaminer sa situation dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement.
Sur l’objet du litige :
3. Il résulte de l’instruction qu’à la date du présent jugement, dès lors qu’un titre de séjour valable du 30 septembre 2025 au 31 juillet 2026 a été délivré à la requérante, il doit être considéré que le préfet des Alpes-Maritimes a pris les mesures propres à assurer l’exécution du jugement n° 2205397 du 3 octobre 2024. Par suite, la requête ne peut qu’être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B... A... et au préfet des Alpes-Maritimes.
Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur.
Délibéré après l'audience du 13 novembre 2025, à laquelle siégeaient :
M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président,
Mme Cueilleron, conseillère,
M. Bulit, conseiller,
Assistés de Mme Martin, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 11 décembre 2025.
Le président-rapporteur,
signé
F. Silvestre-Toussaint-Fortesa
L’assesseure la plus ancienne,
signé
S. Cueilleron
La greffière,
signé
C. Martin
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou, par délégation, la greffière.