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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2301583

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2301583

vendredi 11 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2301583
TypeOrdonnance
RecoursExécution d'un jugement
Avocat requérantBENAMGHAR KAMEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une lettre enregistrée le 8 août 2023, Mme A, représentée par Me Benamghar, a saisi le tribunal administratif de la Guyane d'une demande tendant à obtenir l'exécution de l'ordonnance n° 1801383 rendue le 16 novembre 2018 et du jugement n° 1801382, rendu

le 1er avril 2021 par le tribunal administratif de la Guyane, sous astreinte de 500 euros par jour de retard.

Elle indique que l'Etat n'a toujours pas exécuté les deux décisions juridictionnelles.

Par une ordonnance du 8 mars 2024, a été ouverte la phase juridictionnelle de la demande d'exécution de l'ordonnance n° 1801383 rendue le 16 novembre 2018 et du jugement n° 1801382, rendu le 1er avril 2021.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juin 2024, le ministre de la justice demande de constater l'exécution de l'ordonnance n° 1801383 rendue le 16 novembre 2018 et du jugement n° 1801382, rendu le 1er avril 2021.

Par une ordonnance du 3 septembre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au

4 octobre 2024 à 12 :00.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Rolin, vice-présidente, pour signer les ordonnances visées à l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes d'une part de 1'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. / () Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 921-5 du même code : " Le président () du tribunal administratif saisi d'une demande d'exécution sur le fondement de l'article L. 911-4, ou le rapporteur désigné à cette fin, accomplissent toutes diligences qu'ils jugent utiles pour assurer l'exécution de la décision juridictionnelle qui fait l'objet de la demande. ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 921-6 de ce code : " Dans le cas où le président estime nécessaire de prescrire des mesures d'exécution par voie juridictionnelle, et notamment de prononcer une astreinte, ou lorsque le demandeur le sollicite dans le mois qui suit la notification du classement décidé en vertu du dernier alinéa de l'article précédent et, en tout état de cause, à l'expiration d'un délai de six mois à compter de sa saisine, le président de la cour ou du tribunal ouvre par ordonnance une procédure juridictionnelle. ".

2. La décision du 4 septembre 2018 par laquelle la première présidente de la Cour d'appel de Cayenne et le procureur général près ladite cour ont rejeté la demande de Mme A de reconnaissance de l'imputabilité au service de son accident survenu le 2 août 2018, a été annulée par un jugement du 1er avril 2021. Il a été mis à la charge de l'Etat une somme de 1200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par le même jugement. L'exécution de la décision attaquée du 4 septembre 2018 avait été précédemment suspendue par une ordonnance du 16 novembre 2018.

3. Par une lettre du 29 août 2023, émanant du conseil de Mme A, le présent tribunal a été informé que le ministre de la justice n'avait exécuté l'ordonnance et le jugement en aucun de leurs points. Le ministre de la justice n'ayant produit aucune observation lors de la phase administrative, une procédure juridictionnelle a été ouverte le 8 mars 2024 à son encontre.

4. Le 10 juin 2024, le ministre de la justice a produit un mémoire en défense où il a attesté, d'une part, du versement, le 27 février 2019, à Mme A de la somme de

1 012, 93 euros correspondant au montant des frais irrépétibles auxquels a été condamné l'Etat en application de l'ordonnance n° 1801383 rendue le 16 novembre 2018 et d'autre part, de l'affectation de Mme A au sein du ressort de la cour d'appel de Toulouse à compter du

1er mars 2019. À l'appui de son mémoire en défense, le ministre de la justice a également produit le justificatif du versement le 19 janvier 2024 à Mme A de la somme de 1496,92 euros correspondant au montant des frais irrépétibles auxquels a été condamné l'Etat en application du jugement n° 1801382 du 1er avril 2021. Enfin, le ministre de la justice a informé le tribunal que, par une décision du 4 avril 2024, annulant et remplaçant la décision du 16 juin 2023, le directeur délégué à l'administration régionale judiciaire du service administratif régional de Toulouse a reconnu l'imputabilité au service de l'accident du 2 août 2018.

5. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 3' Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; () ".

6. Ainsi qu'il a été dit au point 4, le ministre de la justice a justifié de l'exécution de l'ordonnance n° 1801383 du 16 novembre 2018 et du jugement n° 1801382 du 1er avril 2021 rendus par le tribunal administratif de la Guyane. En outre, il produit le justificatif de la régularisation financière de la situation de la requérante attestant du reversement du jour de carence du 3 août 2018 qui lui avait été indûment prélevé à l'occasion de sa paye d'octobre 2018.

7. Par suite, la demande tendant à obtenir l'exécution de l'ordonnance n° 1801383 du 16 novembre 2018 et du jugement n° 1801382, du 1er avril 2021 rendus par le tribunal administratif de la Guyane, sous astreinte de 500 euros par jour de retard, est devenue sans objet. Par suite, il n'y a pas lieu d'y statuer.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande tendant à obtenir l'exécution de l'ordonnance n° 1801383 du 16 novembre 2018 et du jugement n° 1801382, du 1er avril 2021 rendus par le tribunal administratif de la Guyane, sous astreinte de 500 euros par jour de retard

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de la justice.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2024.

La vice-présidente,

Signé

E. ROLIN

La République mande et ordonne au ministre de la justice en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière en Cheffe,

Ou par délégation la greffière,

Signé

S. MERCIER

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