mercredi 7 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2102505 |
| Type | Décision |
| Recours | Exécution d'un jugement |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | AARPI THEMIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 mai 2021, M. C B, représenté par l'AARPI Themis, demande au tribunal administratif :
1°) d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice de prendre les mesures qu'implique l'exécution du jugement n° 1901794 du 2 juin 2020 par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Dijon a condamné l'Etat à verser à M. B une somme de 800 euros assortie des intérêts au taux légal à compter du 30 janvier 2019 et de la capitalisation de ces intérêts pour les intérêts échus au 30 janvier 2020 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date ;
2°) de prononcer une astreinte de 100 euros par jour de retard si le ministre n'a pas exécuté le jugement n° 1901794 du 2 juin 2020 dans le délai de 15 jours suivant la notification du présent jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par une ordonnance du 28 septembre 2021, le président du tribunal administratif de Dijon a décidé, sous le n° 2102505, d'ouvrir une procédure juridictionnelle en application de l'article R. 921-6 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 novembre 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au non-lieu à statuer.
Le ministre soutient que, le 7 octobre 2021, il a procédé au règlement de la somme de 921,67 euros en exécution du jugement n° 1901794 du 2 juin 2020.
Vu :
- la loi n° 80-539 du 16 juillet 1980 relative aux astreintes prononcées en matière administrative et à l'exécution des jugements par les personnes morales de droit public ;
- le décret n° 2008-479 du 20 mai 2008 relatif à l'exécution des condamnations pécuniaires prononcées à l'encontre des collectivités publiques ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les conclusions de M. D.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions aux fins d'exécution et d'astreinte :
1. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement (), la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. / Si le jugement () dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ". Aux termes de l'article L. 911-9 du même code : " Lorsqu'une décision passée en force de chose jugée a prononcé la condamnation d'une personne publique au paiement d'une somme d'argent dont elle a fixé le montant, les dispositions de l'article 1er de la loi n°80-539 du 16 juillet 1980, ci-après reproduites, sont applicables. / "Art. 1er - I. - Lorsqu'une décision juridictionnelle passée en force de chose jugée a condamné l'Etat au paiement d'une somme d'argent dont le montant est fixé par la décision elle-même, cette somme doit être ordonnancée dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision de justice. / Si la dépense est imputable sur des crédits limitatifs qui se révèlent insuffisants, l'ordonnancement est fait dans la limite des crédits disponibles. Les ressources nécessaires pour les compléter sont dégagées dans les conditions prévues par l'ordonnance n°59-2 du 2 janvier 1959 portant loi organique relative aux lois de finances. Dans ce cas, l'ordonnancement complémentaire doit être fait dans un délai de quatre mois à compter de la notification. / A défaut d'ordonnancement dans les délais mentionnés aux alinéas ci-dessus, le comptable assignataire de la dépense doit, à la demande du créancier et sur présentation de la décision de justice, procéder au paiement () ".
2. Dès lors que ces dispositions permettent à la partie gagnante, en cas d'inexécution d'une décision juridictionnelle passée en force de chose jugée, d'obtenir du comptable public assignataire le paiement de la somme que l'Etat est condamné à lui verser à défaut d'ordonnancement dans le délai prescrit, il n'y a, en principe, pas lieu de faire droit à une demande tendant à ce que le juge prenne des mesures pour assurer l'exécution de cette décision. Il en va toutefois différemment lorsque le comptable public assignataire, bien qu'il y soit tenu, refuse de procéder au paiement.
3. Par un jugement n° 1901794 du 2 juin 2020, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Dijon a condamné l'Etat à verser à M. B une somme de 800 euros assortie des intérêts au taux légal à compter du 30 janvier 2019 et de la capitalisation de ces intérêts pour les intérêts échus au 30 janvier 2020 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
4. Il résulte de l'instruction, et en particulier du document " preuve de paiement ", et n'est au demeurant pas contesté que le garde des sceaux, ministre de la justice a procédé au paiement, en principal et intérêts, de la somme due à M. B en exécution du jugement du 2 juin 2020. Dès lors, l'administration, à la date du présent jugement, doit être regardée comme ayant complètement exécuté ce jugement. Par suite, les conclusions présentées par M. B sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative sont devenues sans objet.
Sur les frais liés au litige :
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme que demande M. B au titre des frais qu'il a exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées par M. B sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 17 novembre 2022 à laquelle siégeaient :
- M. Boissy, président,
- M. Blacher, premier conseiller,
- Mme Hunault, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 décembre 2022.
L'assesseur le plus ancien,
S. BlacherLe président,
L. A
La greffière,
E. Herique
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier
Tribunal Administratif de Nîmes — N° TA30-2603588
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