lundi 9 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2405783 |
| Type | Décision |
| Recours | Exécution d'un jugement |
| Publication | D |
| Formation | Président, magistrat désigné R.778-3 |
| Avocat requérant | DURAND |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement n° 2305700 du 20 novembre 2023, le tribunal a enjoint au préfet de la Haute-Garonne d'attribuer à Mme C A un logement accessible répondant à ses besoins et capacités définis par la commission de médiation de type T4 dans un délai d'un mois à compter de la notification de ce jugement, sous astreinte de 30 (trente) euros par jour de retard.
Ce jugement a été notifié le 20 novembre 2023.
Le 20 mars 2024, Mme A, représentée par Me Durand, a fait savoir que le jugement n'avait pas été exécuté et demandé au tribunal d'en assurer l'exécution.
Par lettres des 20 mars et 12 juin 2024, le tribunal a demandé au préfet de la Haute-Garonne de justifier de la nature et de la date des mesures qui ont été prises pour assurer l'exécution du jugement du 20 novembre 2023 ou de faire connaître les raisons qui pourraient retarder cette exécution.
Par une ordonnance n° 2405783 du 20 septembre 2024, la présidente a ouvert une procédure juridictionnelle d'exécution.
Par une lettre du 25 septembre 2024, le tribunal a demandé au préfet de la Haute-Garonne, dans le cadre de cette procédure, de faire parvenir ses observations dans un délai de 30 jours.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 novembre 2024, le préfet de la Haute-Garonne conclut à la liquidation de l'astreinte au 8 novembre 2024.
Il soutient qu'un logement de type T4 a été attribué le 8 novembre 2024 à Mme A qui pourra entrer dans les lieux à compter du 20 novembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Carthé Mazères, présidente du tribunal, a été entendu au cours de l'audience publique du 2 décembre 2024.
La clôture de l'instruction a été prononcée après l'appel de l'affaire en application des dispositions de l'article R. 778-5 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur l'exécution du jugement n° 2305700 du 20 novembre 2023 :
1. Aux termes des dispositions de l'article R. 778-8 du code de justice administrative : " Lorsque le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet constate, d'office ou sur la saisine du requérant, que l'injonction prononcée n'a pas été exécutée, il procède à la liquidation de l'astreinte en faveur du fonds prévu à l'article L. 300-2 du code de la construction et de l'habitation. / Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet peut statuer par ordonnance, dans les conditions prévues par le chapitre II du titre IV du livre VII du présent code, après avoir invité les parties à présenter leurs observations sur l'exécution de l'injonction prononcée. / Il liquide l'astreinte en tenant compte de la période pendant laquelle, postérieurement à l'expiration du délai imparti par le jugement, l'injonction est demeurée inexécutée par le fait de l'administration. Il peut, eu égard aux circonstances de l'espèce, modérer le montant dû par l'Etat voire, à titre exceptionnel, déclarer qu'il n'y a pas lieu de liquider l'astreinte ".
2. Le préfet de la Haute-Garonne soutient sans être contredit que Mme A s'est vue attribuer, le 8 novembre 2024, un logement tenant compte de ses besoins et capacités de type T4. Dans ces conditions, il doit être regardé comme ayant exécuté l'injonction décidée par le jugement n° 2305700 du 20 novembre 2023. Toutefois l'injonction ordonnée par ce jugement n'a pas été exécutée pendant 323 jours, du 21 décembre 2023 au 7 novembre 2024. Dans ces conditions, il y a lieu, en application des dispositions de l'article R. 778-8 du code de justice administrative et en l'absence de tout élément permettant de justifier ce retard, de procéder d'office à la liquidation définitive de l'astreinte en faveur du fonds prévu à l'article L. 300-2 du code de la construction et de l'habitation au taux de 30 euros par jour de retard décidé par le jugement.
3. Il résulte de ce qui précède que l'astreinte totale à liquider définitivement s'élève à la somme de 9 690 (neuf mille six cent quatre-vingt-dix) euros. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, par application des dispositions précitées, de condamner l'Etat à verser la somme de 9 690 euros au Fonds national d'accompagnement vers et dans le logement au titre de la liquidation définitive de l'astreinte.
D E C I D E :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser la somme de 9 690 (neuf mille six cent quatre-vingt-dix) euros au Fonds national d'accompagnement vers et dans le logement (FNAVDL).
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au ministre du logement et de la rénovation urbaine.
Copie sera adressée au préfet de la Haute-Garonne et à Me Clémence Durand.
Fait à Toulouse le 9 décembre 2024.
La présidente du tribunal,
I. CARTHE MAZERESLa greffière,
M. B
La République mande et ordonne au ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2519430
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en exécution d’un précédent jugement du 23 décembre 2024, a constaté que le ministre de l’intérieur n’avait pas exécuté l’injonction de délivrer un visa d’établissement (visa long séjour type D) à Mme C... épouse B..., en lui délivrant à tort un visa de court séjour type C. Sur le fondement de l’article L. 911-4 du code de justice administrative, le tribunal a enjoint au ministre de délivrer le visa d’établissement requis sous un délai de trois mois, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. La solution retenue vise à assurer l’exécution complète et conforme du jugement initial.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2601124
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant par ordonnance, donne acte du désistement du requérant concernant ses demandes d'annulation et d'injonction relatives à des titres de séjour. La juridiction rejette sa demande d'allocation d'une somme au titre des frais non compris dans les dépens, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administratif. Le litige principal est ainsi éteint par le désistement.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2603340
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, a été saisi d'une demande visant à assurer l'exécution d'une précédente injonction et à obtenir une astreinte pour son inexécution. Le juge a constaté que la préfète de l'Isère n'avait pas renouvelé le récépissé de séjour de la requérante, malgré l'injonction antérieure, et que cette dernière avait ainsi subi un préjudice (licenciement). En conséquence, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, le tribunal a ordonné à la préfète de statuer expressément sur la demande de titre de séjour dans un délai d'un mois, sous astreinte de 200 euros par jour de retard.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2506265
**Sujet principal** : Demande d'exécution d'une ordonnance de référé ayant suspendu un refus de titre de séjour et enjoint à l'administration de réexaminer la situation. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Nice (statuant par ordonnance). **Solution retenue** : Le juge constate qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'exécution, car l'administration a pris une nouvelle décision (un refus de titre de séjour daté du 7 janvier 2026), ce qui a assuré l'exécution de l'ordonnance initiale. La demande est donc devenue sans objet. **Textes appliqués** : Articles R. 222-1 (3°) et L. 911-4 du code de justice administrative.
07/04/2026