Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2103465

lundi 18 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2103465
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJuge social

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 juin 2021, M. A C demande au tribunal d'annuler la décision du 21 mai 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Gironde a refusé de lui accorder la remise d'un indu d'aide personnalisée au logement d'un montant de 234 euros, au titre de la période du 1er novembre 2019 au 30 avril 2020.

Il soutient que :

- sa situation a changé et ne lui permet pas de rembourser la somme réclamée ; il est en recherche d'emploi ; sa compagne, qui a deux enfants d'une précédente union, est enceinte et doit prochainement accoucher ; ils vivent ensemble depuis le 28 avril 2021 ; il a pris connaissance des erreurs tardives non déclarées.

Une demande de régularisation en date du 22 février 2022 a été adressée à M. C.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 avril 2022, la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Gironde conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme B en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu :

- les conclusions de Mme Prince-Fraysse, rapporteur public,

- et les observations de Mme D, représentant la caisse d'allocations familiales de la Gironde.

Considérant ce qui suit :

1. Par décision du 25 mars 2021, la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Gironde a notamment notifié à M. C un indu d'aide personnalisée au logement pour la période du 1er novembre 2019 au 30 avril 2020, d'un montant de 234 euros. A la suite du recours gracieux exercé contre cette décision le 29 mars 2021 par le requérant, la caisse d'allocations familiales de la Gironde lui a refusé la remise de sa dette, par décision du 21 mai 2021. Par la présente requête, M. C demande au tribunal l'annulation de la décision du 21 mai 2021.

2. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement () sont régies par le présent livre. / Les aides personnelles au logement comprennent / 1° L'aide personnalisée au logement () ".

3. Aux termes de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, (). Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations ".

4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, ou ne faisant que partiellement droit à cette demande, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.

5. La bonne foi de M. C n'est pas remise en cause par la caisse d'allocations familiales de la Gironde. L'intéressé soutient se trouver dans une situation financière précaire, dès lors qu'il est en recherche d'emploi et que sa compagne, enceinte, a, à sa charge, deux enfants d'une précédente union. Il convient pour calculer la capacité de remboursement de l'allocataire de prendre en compte les ressources de M. C. Il résulte de l'instruction que ce dernier est isolé depuis le 25 septembre 2021, sans enfant à charge, et a perçu comme ressources mensuelles un salaire de 1 920 euros en janvier 2022 et 1 980 euros en février 2022. Dans ces conditions, alors que le requérant n'a pas complété sa requête, en réponse à la demande de régularisation adressée par la voie de l'application télérecours le 22 février 2022, dont il a pris connaissance le même jour, l'intéressé ne justifie pas qu'il se trouve dans une situation telle qu'il serait dans l'impossibilité de rembourser l'indu mis à sa charge. Par suite, c'est à bon droit que la CAF a refusé de lui accorder la remise gracieuse de sa dette.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et à la caisse d'allocations familiales de la Gironde.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2022.

La magistrate désignée,

B. BLa greffière,

C. AHIN

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier