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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2203141

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2203141

lundi 17 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2203141
TypeDécision
PublicationD
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSELARL BROCHETON AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 juin 2022, M. B A demande au tribunal d'annuler la décision du 15 avril 2022 par laquelle le directeur du centre hospitalier de la Haute-Gironde l'a suspendu dans ses fonctions d'adjoint de cadre hospitalier à compter du 16 avril 2022.

Il soutient que :

- la décision a été signée par une autorité incompétente ;

- elle n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire ;

- elle est dépourvue de toute base légale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juin 2022, le centre hospitalier de la Haute-Gironde, représenté par Me Brocheton, avocat, conclut au non-lieu à statuer sur la requête dès lors que la décision du 15 avril 2022 a été retirée par décision du 21 juin 2022.

Par des mémoires complémentaires respectivement enregistrés les 25 juin 2022, 7 janvier et 7 février 2023, M. B A demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 21 juin 2022 par laquelle le directeur du centre hospitalier de la Haute-Gironde l'a suspendu dans ses fonctions d'adjoint de cadre hospitalier ;

2°) d'annuler la décision du 15 septembre 2022 par laquelle le directeur du centre hospitalier de la Haute-Gironde a limité son autorisation d'exercice au 14 janvier 2023 ;

3°) d'enjoindre au directeur du centre hospitalier de la Haute-Gironde de le réintégrer sans délai, avec le règlement de son traitement depuis le 15 juin 2022 ;

4°) de mettre à la charge du centre hospitalier de la Haute-Gironde la somme de 2000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient qu'il maintient l'intégralité des moyens déjà soulevés contre la décision du 14 avril 2022, tant dans la présente procédure qu'en référé, et les dirige contre la nouvelle décision, à savoir :

En ce qui concerne la décision du 21 juin 2022 :

- étant donné que la pandémie de covid-19 a décru, le pouvoir réglementaire aurait dû faire usage de son pouvoir de suspension de l'obligation vaccinale des soignants prévue par l'article 12 de la loi n°2021-1040 du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire ;

- elle a été prise sur le fondement d'une loi et d'un décret d'application irréguliers en l'absence de consultation préalable du conseil supérieur de la fonction publique hospitalière ;

- elle a été prise sur le fondement d'un décret d'application irrégulier en l'absence de consultation préalable du Conseil commun de la fonction publique ;

- alors qu'il doit utiliser l'application " tousanticovid " pour justifier de son rétablissement, la Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés (CNIL) a rendu un avis pour le seul pass sanitaire et non sur l'assujettissement d'une activité professionnelle à l'obligation vaccinale ;

- la Haute Autorité de Santé (HAS) aurait dû être saisie d'une demande d'avis pour la spécificité et les modalités de l'obligation vaccinale pour les professionnels visés à l'article 12 de la loi du 5 août 2021 ;

- la décision attaquée n'a fait l'objet d'aucune information préalable ;

- son droit d'être entendu par hiérarchie a été méconnu ;

- alors que la décision en litige doit s'analyser comme une sanction disciplinaire, il n'a pas pu bénéficier d'une procédure contradictoire préalable ;

- la décision a été prise au visa de lois et de textes réglementaires d'application alors abrogés et aucune disposition textuelle ne permettait une nouvelle suspension ;

- dès lors qu'il a contracté le covid-19, contamination constatée le 14 décembre 2021, il pouvait reprendre l'exercice de sa profession pendant six mois et non pendant quatre mois seulement ;

- le certificat de rétablissement ne comporte aucune date de fin de validité ;

- il n'a pas commis de faute grave dès lors que l'obligation vaccinale prescrite pour exercer une activité professionnelle donnée porte atteinte à des libertés fondamentales ;

- la politique vaccinale mise en œuvre méconnaît l'objectif à valeur constitutionnelle de protection de la santé réduit à la santé individuelle ;

- elle discrimine les personnes ayant contracté le covid-19 en leur opposant une obligation vaccinale ou un certificat de contre-indication alors que la loi prévoit l'hypothèse d'un certificat de rétablissement ;

- les textes réglementaires constituent une rupture d'égalité entre les personnes assujetties à l'obligation vaccinale ;

- la loi du 5 août 2021 lui impose de se faire vacciner, alors qu'elle n'a pas donné son consentement libre et éclairé et méconnaît notamment les articles 5et 16 de la convention d'Oviedo ;

- l'obligation vaccinale contre le covid-19 ne figure ni dans la liste des onze vaccinations obligatoires telle que prévue par l'article L. 3111-2 du code de la santé publique, ni dans la liste des obligations vaccinales imposées aux personnels soignants en vertu de l'article L. 3111-4 de ce code ;

- la rétroactivité attachée à la décision du 21 juin 2022, à effet du 15 juin 2022, est illégale.

En ce qui concerne la décision du 15 septembre 2022 :

- étant donné que la pandémie de covid-19 a décru, le pouvoir réglementaire aurait dû faire usage de son pouvoir de suspension de l'obligation vaccinale des soignants prévue par l'article 12 de la loi n°2021-1040 du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire ;

- elle a été prise sur le fondement d'une loi et d'un décret d'application irréguliers en l'absence de consultation préalable du conseil supérieur de la fonction publique hospitalière ;

- elle a été prise sur le fondement d'un décret d'application irrégulier en l'absence de consultation préalable du Conseil commun de la fonction publique ;

- alors qu'il doit utiliser l'application " tousanticovid " pour justifier de son rétablissement, la Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés (CNIL) a rendu un avis pour le seul pass sanitaire et non sur l'assujettissement d'une activité professionnelle à l'obligation vaccinale ;

- la Haute Autorité de Santé (HAS) aurait dû être saisie d'une demande d'avis pour la spécificité et les modalités de l'obligation vaccinale pour les professionnels visés à l'article 12 de la loi du 5 août 2021 ;

- la décision attaquée n'a fait l'objet d'aucune information préalable ;

- son droit d'être entendu par hiérarchie a été méconnu ;

- alors que la décision en litige doit s'analyser comme une sanction disciplinaire, il n'a pas pu bénéficier d'une procédure contradictoire préalable ;

- la décision a été prise au visa de lois et de textes réglementaires d'application alors abrogés et aucune disposition textuelle ne permettait une nouvelle suspension ;

- dès lors qu'il a contracté le covid-19, contamination constatée le 14 décembre 2021, il pouvait reprendre l'exercice de sa profession pendant six mois et non pendant quatre mois seulement ;

- le certificat de rétablissement ne comporte aucune date de fin de validité ;

- il n'a pas commis de faute grave dès lors que l'obligation vaccinale prescrite pour exercer une activité professionnelle donnée porte atteinte à des libertés fondamentales ;

- la politique vaccinale mise en œuvre méconnaît l'objectif à valeur constitutionnelle de protection de la santé réduit à la santé individuelle ;

- elle discrimine les personnes ayant contracté le covid-19 en leur opposant une obligation vaccinale ou un certificat de contre-indication alors que la loi prévoit l'hypothèse d'un certificat de rétablissement ;

- les textes réglementaires constituent une rupture d'égalité entre les personnes assujetties à l'obligation vaccinale ;

- l'obligation vaccinale contre le covid-19 ne figure ni dans la liste des onze vaccinations obligatoires telle que prévue par l'article L. 3111-2 du code de la santé publique, ni dans la liste des obligations vaccinales imposées aux personnels soignants en vertu de l'article L. 3111-4 de ce code ;

- le centre hospitalier ne pouvait se fonder sur le décret du 30 juillet 2022 pour limiter, par anticipation, la reprise de son exercice professionnel à compter du 14 janvier 2023.

Par des mémoires en défense enregistrés les 30 août 2022, 23 janvier 2023 ainsi que des pièces complémentaires enregistrées le 30 janvier 2023, le centre hospitalier de la Haute-Gironde, représenté par Me Brocheton, avocat, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- la décision initiale de suspension du 15 avril 2022, soit quatre mois après sa contamination au covid-19, a été retirée par décision du 21 juin 2022 le suspendant rétroactivement de ses fonctions à compter du 15 juin 2022, soit six mois après sa contamination ;

- les conclusions en annulation de la décision du 15 septembre 2022 se rapportent à une décision distincte de celle initialement attaquée, notamment au regard des circonstances de fait qui la fonde ;

- les conclusions en annulation de la décision du 15 septembre 2022 sont tardives ;

- aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la convention d'Oviedo du 4 avril 1997 ;

- le code de la santé publique ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 86-33 du 16 janvier 1986 ;

- la loi n°2021-1040 du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire ;

- le décret n°2021-1059 du 7 août 2021 modifiant le décret n° 2021-699 du 1er juin 2021 prescrivant les mesures générales nécessaires à la gestion de la sortie de crise sanitaire ;

- le décret n°2022-176 du 14 février 2022 modifiant le décret n°2021-699 prescrivant les mesures générales nécessaires à la gestion de la sortie de crise sanitaire ;

- le décret n°2022-1097 du 30 juillet 2022 relatif aux mesures de veille et de sécurité sanitaire maintenues en matière de lutte contre la covid-19 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Delvolvé, président-rapporteur ;

- les conclusions de Mme Patard, rapporteure publique ;

- et les observations de Mme C, représentant le centre hospitalier de la Haute-Gironde.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, agent titulaire de la fonction publique hospitalière, exerce les fonctions d'adjoint des cadres hospitaliers au centre hospitalier (CH) de la Haute-Gironde. Par une décision du 14 septembre 2021, le directeur du CH de la Haute-Gironde l'a, une première fois, suspendu de ses fonctions, à compter du 15 septembre 2021, à défaut d'avoir fourni un justificatif de vaccination contre le covid-19 ou de contre-indication vaccinale. Suite à la production d'un certificat de rétablissement valide du 25 décembre 2021 au 15 avril 2022, il a pu reprendre ses fonctions le 9 février 2022. M. A a de nouveau été suspendu à son expiration, le 15 avril 2022. Dans sa requête initiale, l'intéressé demande l'annulation de cette décision. Le 21 juin 2022, le centre hospitalier de la Haute-Gironde, constatant que la durée de validité des certificats de rétablissement avait été portée de quatre à six mois, a retiré sa décision du 15 avril 2022, l'a autorisé à exercer jusqu'au 14 juin 2022 et l'a suspendu de ses fonctions à compter du 15 juin 2022. Contractant une nouvelle fois le covid-19, M. A a de nouveau pu exercer son activité entre les 15 septembre 2022 et 14 janvier 2023. Par un courrier du 24 janvier 2023, le centre hospitalier de Haute-Garonne l'a informé que faute d'avoir justifié de sa situation vaccinale à la date du 14 janvier 2023, il est de nouveau suspendu. M. A demande, dans le dernier état de ses écritures, l'annulation de la décision du 21 juin 2022 par laquelle le directeur du centre hospitalier de la Haute-Gironde l'a suspendu dans ses fonctions d'adjoint de cadre hospitalier jusqu'à la présentation des justificatifs requis, et de la décision du 15 septembre 2022 par laquelle le directeur du centre hospitalier de la Haute-Gironde a limité son autorisation d'exercice au 14 janvier 2023.

Sur la décision du 15 avril 2022 suspendant M. A à compter du 16 avril 2022 :

2. Dans sa requête initiale, M. A demande l'annulation de la décision du 15 avril 2022 le suspendant de ses fonctions à compter du 16 avril 2022. Cependant, par décision du 21 juin 2022, le centre hospitalier de la Haute-Gironde a retiré cette décision. Ce retrait, qui n'est pas contesté, est devenu définitif de sorte qu'il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de cette première décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 21 juin 2022 :

3. Aux termes de l'article 12 de la loi n°2021-1040 du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire (1) : " I. - Doivent être vaccinés, sauf contre-indication médicale reconnue, contre la covid-19 : 1° Les personnes exerçant leur activité dans : a) Les établissements de santé mentionnés à l'article L. 6111-1 du code de la santé publique ainsi que les hôpitaux des armées mentionnés à l'article L. 6147-7 du même code () ". Aux termes de l'article 13 de cette loi : " I. - Les personnes mentionnées au I de l'article 12 établissent : 1° Satisfaire à l'obligation de vaccination en présentant le certificat de statut vaccinal prévu au second alinéa du II du même article 12. / Par dérogation au premier alinéa du présent 1°, peut être présenté, pour sa durée de validité, le certificat de rétablissement prévu au second alinéa du II de l'article 12. Avant la fin de validité de ce certificat, les personnes concernées présentent le justificatif prévu au premier alinéa du présent 1°. / Un décret détermine les conditions d'acceptation de justificatifs de vaccination, établis par des organismes étrangers, attestant de la satisfaction aux critères requis pour le certificat mentionné au même premier alinéa ; / 2° Ne pas être soumises à cette obligation en présentant un certificat médical de contre-indication. Ce certificat peut, le cas échéant, comprendre une date de validité. / II. - Les personnes mentionnées au I de l'article 12 justifient avoir satisfait à l'obligation prévue au même I ou ne pas y être soumises auprès de leur employeur lorsqu'elles sont salariées ou agents publics. () V. - Les employeurs sont chargés de contrôler le respect de l'obligation prévue au I de l'article 12 par les personnes placées sous leur responsabilité. ". Aux termes de l'article 14 de cette même loi : " I. - A. - A compter du lendemain de la publication de la présente loi et jusqu'au 14 septembre 2021 inclus, les personnes mentionnées au I de l'article 12 ne peuvent plus exercer leur activité si elles n'ont pas présenté les documents mentionnés au I de l'article 13 ou, à défaut, le justificatif de l'administration des doses de vaccins requises par le décret mentionné au II de l'article 12 ou le résultat, pour sa durée de validité, de l'examen de dépistage virologique ne concluant pas à une contamination par la covid-19 prévu par le même décret. / B. - A compter du 15 septembre 2021, les personnes mentionnées au I de l'article 12 ne peuvent plus exercer leur activité si elles n'ont pas présenté les documents mentionnés au I de l'article 13 ou, à défaut, le justificatif de l'administration des doses de vaccins requises par le décret mentionné au II de l'article 12. / Par dérogation au premier alinéa du présent B, à compter du 15 septembre 2021 et jusqu'au 15 octobre 2021 inclus, sont autorisées à exercer leur activité les personnes mentionnées au I de l'article 12 qui, dans le cadre d'un schéma vaccinal comprenant plusieurs doses, justifient de l'administration d'au moins une des doses requises par le décret mentionné au II du même article 12, sous réserve de présenter le résultat, pour sa durée de validité, de l'examen de dépistage virologique ne concluant pas à une contamination par la covid-19 prévu par le même décret. () ".

4. Aux termes de l'article 12 de la loi n°2021-1040 du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire : " () IV. - Un décret, pris après avis de la Haute Autorité de santé, peut, compte tenu de l'évolution de la situation épidémiologique et des connaissances médicales et scientifiques, suspendre, pour tout ou partie des catégories de personnes mentionnées au I, l'obligation prévue au même I. ".

5. M. A soutient qu'étant donné que la pandémie de covid-19 a décru, le pouvoir réglementaire aurait dû faire usage de son pouvoir de suspension de l'obligation vaccinale des soignants prévue par les dispositions précitées. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier, en tout état de cause, que la situation épidémiologique exigeait, à la date de la décision attaquée, la levée de l'obligation vaccinale. Le moyen ne peut donc qu'être écarté.

6. Aux termes de l'article 12 de la loi n°86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière abrogé par l'ordonnance n°2021-1574 du 24 novembre 2021 : " Le Conseil supérieur de la fonction publique hospitalière est saisi pour avis des projets de loi, des projets de décret de portée générale relatifs à la situation des personnels des établissements mentionnés à l'article 2 et des projets de statuts particuliers des corps et emplois. / Il examine toute question relative à la fonction publique hospitalière dont il est saisi soit par les ministres compétents, soit à la demande écrite du tiers de ses membres. Il formule, le cas échéant, des propositions. ". Aux termes de l'article L. 242-1 du code général de la fonction publique : " Le Conseil commun de la fonction publique connaît de toute question d'ordre général commune à au moins deux des trois fonctions publiques dont il est saisi. / Il est saisi des projets de loi ou d'ordonnance et de décret, communs à au moins deux des trois fonctions publiques. / Il peut également être consulté sur les dispositions d'un texte comportant des dispositions propres à l'une des fonctions publiques dès lors qu'elles présentent un lien avec les dispositions communes, après accord du président du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale ou du Conseil supérieur de la fonction publique hospitalière selon la fonction publique concernée. / La consultation du Conseil commun de la fonction publique, lorsqu'elle est obligatoire, ou lorsqu'elle intervient en application du troisième alinéa, remplace celle des conseils supérieurs de la fonction publique de l'Etat, de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière. ". La loi n°78-17 du 6 janvier 1978 et son décret d'application n°2019-536 du 29 mai 2019 prévoit les cas dans lesquels la CNIL est amenée à rendre un avis. Enfin, l'article 12 de la loi du 5 août 2021 précitée dispose en son point II que : " II. - Un décret, pris après avis de la Haute Autorité de santé, détermine les conditions de vaccination contre la covid-19 des personnes mentionnées au I du présent article. Il précise les différents schémas vaccinaux et, pour chacun d'entre eux, le nombre de doses requises. / Ce décret fixe les éléments permettant d'établir un certificat de statut vaccinal pour les personnes mentionnées au même I et les modalités de présentation de ce certificat sous une forme ne permettant d'identifier que la nature de celui-ci et la satisfaction aux critères requis. Il détermine également les éléments permettant d'établir le résultat d'un examen de dépistage virologique ne concluant pas à une contamination par la covid-19 et le certificat de rétablissement à la suite d'une contamination par la covid-19. ".

7. M. A soutient que la décision attaquée a été prise sur le fondement d'une loi et d'un décret d'application irréguliers en l'absence de consultation préalable du conseil supérieur de la fonction publique hospitalière et du conseil commun de la fonction publique. Il soutient également qu'alors qu'il doit utiliser l'application " tousanticovid " pour justifier de son rétablissement, la CNIL a rendu un avis pour le seul pass sanitaire et non sur l'assujettissement d'une activité professionnelle à l'obligation vaccinale, et que la HAS aurait dû être saisie d'une demande d'avis sur la spécificité et les modalités de l'obligation vaccinale pour les professionnels visés à l'article 12 de la loi du 5 août 2021 avant l'édiction du décret d'application. Toutefois, d'une part, s'agissant de la procédure d'adoption de la loi, elle ne peut être contestée que par la voie d'une question prioritaire de constitutionnalité présentée dans les formes prescrites par l'article 23-1 de l'ordonnance du 7 novembre 1958 et l'article R. 771-3 du code de justice administrative. D'autre part, concernant les décrets d'application de cette loi, M. A ne peut utilement exciper de leur illégalité pour des vices de procédure. Dès lors, ces moyens sont écartés.

8. M. A soutient qu'il n'a pas été mis en mesure de faire utilement valoir ses observations avant l'édiction de la décision litigieuse. Toutefois, s'il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé aurait été informé préalablement à la mesure des conséquences qu'emporte l'interdiction d'exercer et de la possibilité d'utiliser des jours de congés, un tel vice de procédure n'a nullement privé M. A d'une garantie dès lors qu'il ressort des pièces du dossier que, compte tenu de la précédente mesure de suspension dont il avait déjà fait l'objet, il disposait déjà de toute l'information nécessaire quant aux conséquences qu'emportait l'interdiction d'exercer son activité. Ce moyen doit, dès lors, être écarté

9. Lorsque l'autorité administrative suspend le contrat de travail d'un agent public qui ne satisfait pas à l'obligation instituée par les dispositions citées au point 3, elle ne prononce pas une sanction à raison d'un éventuel manquement ou agissement fautif commis par cet agent mais se borne à constater que l'agent ne remplit plus les conditions légales pour exercer son activité. Par suite, M. A ne peut utilement se prévaloir de ce que la décision en litige aurait dû faire l'objet d'une information préalable, ni qu'elle constituerait une sanction édictée au terme d'une procédure irrégulière en raison de la méconnaissance du principe du contradictoire.

10. Il ressort des pièces du dossier qu'à la date de la décision attaquée, les dispositions visées de la loi n°2021-1040 du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire et du décret n° 2021-699 du 1er juin 2021 prescrivant les mesures générales nécessaires à la gestion de la sortie de crise dans sa rédaction alors applicable étaient en vigueur. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision a été prise au visa de lois et de textes réglementaires d'application alors abrogés, et donc de ce qu'aucune disposition textuelle ne permettait une nouvelle suspension, doit être écarté.

11. Aux termes de l'article 49-1 du décret n°2021-1059 du 7 août 2021 : " Hors les cas de contre-indication médicale à la vaccination mentionnés à l'article 2-4, les éléments mentionnés au second alinéa du II de l'article 12 de la loi n°2010-1040 du 5 août 2021 susvisée sont : / 1° Un justificatif du statut vaccinal délivré dans les conditions mentionnées au 2° de l'article 2-2 ; / 2° Un certificat de rétablissement délivré dans les conditions mentionnées au 3° de l'article 2-2 ; / 3° A compter de la date d'entrée en vigueur de la loi et jusqu'au 14 septembre 2021 inclus et à défaut de pouvoir présenter un des justificatifs mentionnés aux présents 1° ou 2°, le résultat d'un examen de dépistage, d'un test ou d'un autotest mentionné au 1° de l'article 2-2 d'au plus 72 heures. A compter 15 septembre 2021 et jusqu'au 15 octobre 2021 inclus, ce justificatif doit être accompagné d'un justificatif de l'administration d'au moins une des doses d'un des schémas vaccinaux mentionnés au 2° de l'article 2-2 comprenant plusieurs doses. ". Aux termes de l'article 2-2 du décret n°2021-699 prescrivant les mesures générales nécessaires à la gestion de la sortie de crise sanitaire tel que modifié par le décret n°2021-1527 du 26 novembre 2021 : " 3° Un certificat de rétablissement à la suite d'une contamination par la covid-19 est délivré sur présentation d'un document mentionnant un résultat positif à un examen de dépistage RT-PCR ou à un test antigénique réalisé plus de onze jours et moins de six mois auparavant. Ce certificat n'est valable que pour une durée de six mois à compter de la date de réalisation de l'examen ou du test mentionnés à la phrase précédente. ".

12. M. A soutient que dès lors qu'il a contracté le covid-19, contamination constatée le 14 décembre 2021, il pouvait reprendre l'exercice de sa profession pour une durée de six mois et non de quatre mois seulement. En effet, si un décret du 1er juin 2021 évoque une possibilité de vaccination quatre mois après une contamination, cela concerne le pass sanitaire et non l'obligation vaccinale des soignants. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la décision ne l'autorisant à exercer que pour une durée de quatre mois a été retirée et remplacée par celle du 21 juin 2022 en litige. Cette dernière prévoit l'écoulement d'une durée de six mois avant que l'agent ne doive justifier de sa situation vaccinale, et à défaut, soit de nouveau suspendu. Par suite, ce moyen doit être également écarté.

13. M. A soutient que le certificat de rétablissement ne comporte aucune date de fin de validité. Toutefois, il ressort tant des dispositions citées au point 11 que de la lecture de son certificat de rétablissement produit via une capture d'écran de l'application TousAntiCovid que sa validité est limitée dans le temps. Il suit de là que le moyen doit être écarté.

14. Le requérant soutient que l'obligation vaccinale instaurée par les dispositions de la loi du 5 août 2021 méconnaît l'objectif à valeur constitutionnelle de protection de la santé. Toutefois, un tel moyen ne peut être soulevé qu'à l'appui d'une question prioritaire de constitutionnalité. Ainsi, faute d'être soulevé à l'appui d'une telle question présentée dans un mémoire distinct et motivé, il ne peut qu'être écarté.

15. Le requérant conteste la conventionnalité de la loi du 5 août 2021 précitée au regard du droit européen et du droit international. Il soutient que la décision attaquée est par voie d'exception illégale dès lors que la loi du 5 août 2021 méconnaît le règlement n°2021/953 du Parlement européen et du Conseil européen du 14 juin 2021 qui a pour objet d'établir " un cadre pour la délivrance, la vérification et l'acceptation de certificats COVID-19 intéropérables de vaccination, de test et de rétablissement (certificat COVID numérique de l'UE) afin de faciliter la libre circulation pendant la pandémie de COVID 19 ". Or, ce règlement s'applique aux restrictions apportées à la libre circulation des personnes dans l'espace européen et ne concerne donc pas l'obligation vaccinale. Par suite, il doit être écarté comme inopérant.

16. Aux termes de l'article 21 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Est interdite, toute discrimination fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, les origines ethniques ou sociales, les caractéristiques génétiques, la langue, la religion ou les convictions, les opinions politiques ou toute autre opinion, l'appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance, un handicap, l'âge ou l'orientation sexuelle ". Aux termes de l'article 51 de ce même texte : " 1. Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux États membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union ".

17. Le requérant soutient que la décision attaquée serait par voie d'exception illégale dès lors que la loi du 5 août 2021 méconnaîtrait l'article 21 de la charte européenne des droits de l'homme en tant qu'elle établirait une discrimination. Or il résulte des stipulations précitées de l'article 51 que la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne s'adresse aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 21 de cette même charte par la loi du 5 août 2021, qui ne met pas en œuvre le droit de l'Union, ne peut être utilement invoqué. Le moyen doit être écarté comme inopérant.

18. Par ailleurs, le requérant soutient que la loi méconnait le principe de consentement libre et éclairé selon lequel " nul ne peut être contraint à un acte médical ni ne peut être obligé à suivre un traitement expérimental " garanti par les stipulations des articles 1 et 3 de la charte des droits fondamentaux, le pacte international relatif aux droits civils et politiques, la convention d'Oviedo du 4 avril 1997 pour la protection des droits de l'homme et de la dignité de l'être humain à l'égard des applications de la biologie et de la médecine, la déclaration d'Helsinki reprise par la directive 2001/20 du 4 avril 2001 et la résolution du Conseil de l'Europe n°2361 du 27 janvier 2021. Toutefois, il est constant que les vaccins contre la covid-19 administrés en France ont fait l'objet d'une autorisation de mise sur le marché conditionnelle de l'Agence européenne du médicament, qui procède à un contrôle strict des vaccins afin de garantir que ces derniers répondent aux normes européennes en matière de sécurité, d'efficacité et de qualité et soient fabriqués et contrôlés dans des installations agréées et certifiées. Contrairement à ce que soutient le requérant, ils ne sauraient dès lors être regardés comme des médicaments expérimentaux au sens de l'article L. 5121-1-1 du code de la santé publique et de la directive 2001/20/CE du Parlement européen et du Conseil du 4 avril 2001. Est par suite inopérant le moyen tiré de ce qu'en imposant une vaccination par des médicaments expérimentaux, la loi du 5 août 2021 porteraient atteinte au droit à l'intégrité physique, à la dignité de la personne humaine, au droit à la sécurité et à la vie et au droit de disposer de son corps garantis par la convention d'Oviedo du 4 avril 1997 pour la protection des droits de l'homme et de la dignité de l'être humain à l'égard des applications de la biologie et de la médecine, à l'interdiction de la torture et des traitements inhumains et dégradants énoncée par l'article 7 du Pacte international des droits civils et politiques de 1966. Par ailleurs, la résolution du Conseil de l'Europe n°2361 du 27 janvier 2021 n'a valeur que de simple recommandation et est donc dépourvue d'effet normatif dans l'ordre juridique international comme français, le moyen étant également inopérant.

19. Enfin, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1- Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2- Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et liberté d'autrui ".

20. Le droit à l'intégrité physique fait partie du droit au respect de la vie privée au sens des stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, telles que la Cour européenne des droits de l'homme les interprète. Une vaccination obligatoire constitue une ingérence dans ce droit, qui peut être admise si elle remplit les conditions du paragraphe 2 de l'article 8 et, notamment, si elle est justifiée par des considérations de santé publique et proportionnée à l'objectif poursuivi. Il doit ainsi exister un rapport suffisamment favorable entre, d'une part, la contrainte et le risque présentés par la vaccination pour chaque personne vaccinée et, d'autre part, le bénéfice qui en est attendu tant pour cet individu que pour la collectivité dans son entier, y compris ceux de ses membres qui ne peuvent être vaccinés en raison d'une contre-indication médicale, compte tenu à la fois de la gravité de la maladie, de son caractère plus ou moins contagieux, de l'efficacité du vaccin et des risques ou effets indésirables qu'il peut présenter.

21. L'article 12 de la loi du 5 août 2021 a défini le champ de l'obligation de vaccination contre la covid-19 en retenant, notamment, un critère géographique pour y inclure les personnes exerçant leur activité dans un certain nombre d'établissements, principalement les établissements de santé et des établissements sociaux et médico-sociaux, ainsi qu'un critère professionnel pour y inclure les professionnels de santé afin, à la fois, de protéger les personnes accueillies par ces établissements qui présentent une vulnérabilité particulière au virus de la covid-19 et d'éviter la propagation du virus par les professionnels de la santé dans l'exercice de leur activité qui, par nature, peut les conduire à soigner des personnes vulnérables ou ayant de telles personnes dans leur entourage. Le fait que l'obligation de vaccination concerne aussi des personnels qui ne sont pas en contact direct avec les malades est sans incidence dès lors qu'ils entretiennent nécessairement, eu égard à leur lieu de travail, des interactions avec des professionnels de santé en contact avec ces derniers. Il s'ensuit que, eu égard à l'objectif de santé publique poursuivi et alors même qu'aucune dérogation personnelle à l'obligation de vaccination n'est prévue en dehors des cas de contre-indication, l'obligation vaccinale pesant sur le personnel exerçant dans un établissement de santé, qui ne saurait être regardée comme incohérente et disproportionnée au regard de l'objectif de santé publique poursuivi, ne porte pas d'atteinte grave et manifestement illégale au droit à l'intégrité physique garanti par la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite le moyen doit être écarté.

22. Les moyens tirés de la discrimination illégale et de l'atteinte au principe d'égalité doivent être écartés, M. A ne démontrant nullement qu'une personne entrant dans le champ de l'article 12 de la loi du 5 août 2021 et se trouvant dans une situation semblable à la sienne se verrait appliquer un traitement distinct.

23. M. A relève que l'obligation vaccinale contre le covid-19 ne figure ni dans la liste des onze vaccinations obligatoires telle que prévue par l'article L. 3111-2 du code de la santé publique, ni dans la liste des obligations vaccinales imposées aux personnels soignants en vertu de l'article L. 3111-4 de ce code. Toutefois, ces articles n'entendent pas établir une liste exhaustive des vaccinations obligatoires, lesquelles peuvent figurer dans d'autres textes législatifs. Par suite, ce moyen est écarté.

24. Les décisions administratives ne peuvent légalement disposer que pour l'avenir. S'agissant des décisions relatives à la carrière des fonctionnaires ou des militaires, l'administration ne peut déroger à cette règle générale en leur conférant une portée rétroactive que dans la mesure nécessaire pour assurer la continuité de la carrière de l'agent intéressé ou procéder à la régularisation de sa situation.

25. En l'espèce la décision contestée du 21 juin 2022 a pour objet de retirer la décision initiale du 15 avril pour accorder un délai de reprise supérieur de six mois contre quatre à M. A et de le repositionner en situation de suspension à l'issue de ce délai soit à compter du 15 juin 2021. Cette décision de retrait revêt par nature un caractère rétroactif et permettait à l'administration eu égard à la nécessité de régulariser la situation de l'intéressé et de la replacer dans une situation juridique régulière en tenant compte de la durée de validité du certificat de rétablissement de manière rétroactive au 15 juin 2022. Ainsi, la décision, qui n'a pour objet que de permettre la régularisation de sa situation, en l'absence de vaccination de l'intéressé, ne méconnaît pas le principe de non-rétroactivité des actes administratifs. Le moyen doit donc être écarté.

26. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 21 juin 2022.

Sur la recevabilité des conclusions dirigées contre la décision du 15 septembre 2022 :

27. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. / Le délai prévu au premier alinéa n'est pas applicable à la contestation des mesures prises pour l'exécution d'un contrat. ".

28. Les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 15 septembre 2022 ont été présentées, pour la première fois, le 7 janvier 2023, soit plus de deux mois après sa notification intervenue le 24 septembre 2022. Elles sont donc tardives et doivent, par suite être rejetées comme irrecevables.

Sur les autres conclusions de la requête :

29. Dès lors que le présent jugement rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A, ses conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais de l'instance ne peuvent qu'être également rejetées.

30. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre une somme de 1 000 euros à la charge de M. A au titre des frais exposés par le centre hospitalier de la Haute-Gironde en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 15 avril 2022.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : M. A versera au centre hospitalier de la Haute-Gironde une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au centre hospitalier de la Haute-Gironde.

Délibéré après l'audience du 17 mai 2024, à laquelle siégeaient :

M. Delvolvé, président-rapporteur,

Mme Mounic, première conseillère,

Mme Passerieux, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juin 2024.

La première assesseure,

S. MOUNIC Le président-rapporteur,

Ph. DELVOLVÉ

Le greffier,

A. PONTACQ

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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