jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2300206 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | CORNET AVOCATS SELARL |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 6 janvier 2023, la présidente du tribunal administratif de Marseille a transmis au tribunal administratif de Bordeaux, en application des articles R. 351-3 et R. 312-1 du code de justice administrative, la requête présentée par M. et Mme B enregistrée au greffe de son tribunal le 29 décembre 2022.
Par cette requête enregistrée le 6 janvier 2023 au greffe du tribunal administratif de Bordeaux, M. et Mme B, représentés par Me Cornet, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu à laquelle ils ont été assujettis au titre de l'année 2017, en droits, intérêts et majoration ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la proposition de rectification est insuffisamment motivée ;
- l'administration ne démontre pas avoir régulièrement obtenu communication du courrier de la société Earth Energy Finance sur lequel elle s'est fondée pour établir le rehaussement en litige.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 août 2023, l'administratrice générale des finances publiques, cheffe de la direction spécialisée de contrôle fiscal sud-est-outre-mer conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- elle a accordé un dégrèvement d'un montant de 159 euros sur les intérêts de retard à la suite de la déclaration de régularisation déposée par les requérants le 20 septembre 2020 acceptée par l'administration ;
- la requête n'est pas fondée.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité de la requête enregistrée au greffe du tribunal plus de deux mois après la notification, le 3 septembre 2022, de la décision du 29 août 2022 rejetant la réclamation préalable présentée le 15 avril 2022, en méconnaissance de l'article R. 199-1 du livre des procédures fiscales.
L'administratrice générale des finances publiques, cheffe de la direction spécialisée de contrôle fiscal sud-est-outre-mer a présenté des observations en réponse à cette information qui ont été enregistrées le 31 octobre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de M. Willem, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Le 27 novembre 2015, M. et Mme B ont donné mandat à la société Earth Energy Finances aux fins d'investir la somme de 10 900 euros par souscription de parts dans le capital de la société civile immobilière Camélia, chargée de la construction d'un programme de logements sociaux dans un département d'outre-mer. Cet investissement leur a permis de bénéficier d'une réduction d'impôt d'un montant de 12 644 euros au titre de l'année 2015, en application de l'article 199 undecies C du code général des impôts. M. et Mme B ont fait l'objet d'un contrôle sur pièces de leurs revenus de l'année 2017. L'administration a relevé que bien que la société Earth Energy Finances les ait informés, par courrier du 25 octobre 2017, de sa renonciation à poursuivre la réalisation de ce projet immobilier, et de la nécessité de déposer une déclaration de revenus rectificative puisqu'ils ne pouvaient plus prétendre au bénéfice de cette réduction d'impôt, M. et Mme B s'étaient abstenus de déposer cette déclaration. Elle a en conséquence remis en cause cette réduction d'impôt par proposition de rectification établie le 9 juillet 2020. M. et Mme B demandent au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu à laquelle ils ont été assujettis au titre de l'année 2017, pour un montant total de 14 439 euros en droits, intérêts de retard et majoration.
Sur l'étendue du litige :
2. M. B a sollicité, le 20 septembre 2020, le bénéfice de la procédure de régularisation prévue par l'article L. 62 du livre des procédures fiscales, qui lui a été proposée dans la proposition de rectification. Cette demande a été acceptée par l'administration qui a ramené les intérêts de retard initialement réclamés, infligés à hauteur de 531 euros en application de l'article 1758 A du code général des impôts, à un montant de 372 euros et a prononcé, par décision du 3 août 2023, postérieure à la date d'enregistrement de la requête, le dégrèvement de la somme de 159 euros. Il n'y a dès lors plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête à hauteur du dégrèvement ainsi accordé.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
3. D'une part, aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. () ". Il résulte de ces dispositions qu'une proposition de notification de rehaussement doit indiquer la catégorie d'impôt en cause, l'année d'imposition, la nature et le montant des redressements envisagés, dans des termes suffisamment explicites pour permettre au contribuable d'engager une discussion contradictoire avec l'administration et de présenter utilement ses observations.
4. D'autre part, aux termes de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales : " L'administration est tenue d'informer le contribuable de la teneur et de l'origine des renseignements et documents obtenus de tiers sur lesquels elle s'est fondée pour établir l'imposition faisant l'objet de la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ou de la notification prévue à l'article L. 76. Elle communique, avant la mise en recouvrement, une copie des documents susmentionnés au contribuable qui en fait la demande ". L'obligation faite par l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales à l'administration fiscale d'informer le contribuable de l'origine et de la teneur des renseignements qu'elle a utilisés pour procéder à des rectifications a pour objet de permettre à celui-ci, notamment, de discuter utilement leur provenance ou de demander que les documents qui, le cas échéant, contiennent ces renseignements soient mis à sa disposition avant la mise en recouvrement des impositions qui en procèdent, afin qu'il puisse vérifier l'authenticité de ces documents et en discuter la teneur ou la portée. Les dispositions de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales instituent ainsi une garantie au profit de l'intéressé. Toutefois, la méconnaissance de ces dispositions par l'administration demeure sans conséquence sur le bien-fondé de l'imposition s'il est établi qu'eu égard à la teneur du renseignement, nécessairement connu du contribuable, celui-ci n'a pas été privé, du seul fait de l'absence d'information sur l'origine du renseignement, de cette garantie.
5. La proposition de rectification notifiée à M. et Mme B expose les conditions dans lesquelles ces derniers, après avoir souscrit des parts du capital de la SCI Camélia par l'intermédiaire de la société Earth Energy Finances, ont bénéficié de la réduction d'impôt prévue par l'article 199 undecies C du code général des impôts à hauteur de 12 644 euros au titre de l'année 2015. Elle indique en sa page 3 que la société Earth Energy Finances a informé les intéressés de l'abandon de l'investissement de la SCI Camélia, par courrier simple du 25 octobre 2017, ainsi que de la nécessité de souscrire une déclaration rectificative. Elle précise, en sa page 5, qu'en l'absence de réalisation du projet de construction, l'engagement d'achèvement des fondations de la construction dans le délai de deux ans prévu par le IV de l'article 199 undecies C du code général des impôts n'a pas été respecté, ce qui a pour conséquence la reprise de la réduction d'impôt attachée à ce dispositif.
6. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, ces mentions suffisamment précises leur ont permis de comprendre que l'administration s'était fondée sur ce courrier du 25 octobre 2017 pour établir l'imposition en litige. La circonstance que l'administration n'ait pas visé l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales, et n'ait pas précisé comment elle avait eu connaissance de ce courrier, qui était nécessairement connu des requérants auxquels il était adressé, ne saurait donc être regardée comme ayant privé ces derniers d'une garantie. Enfin, il résulte également de l'instruction que l'administration a obtenu communication de ce courrier à l'occasion de la vérification de la comptabilité de société Earth Energy Finances. Il s'ensuit que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la proposition de rectification qui leur a été adressée serait insuffisamment motivée, ni qu'il ne serait pas établi que l'administration aurait obtenu communication de ce courrier dans des conditions régulières, et que leurs conclusions aux fins de décharge doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de leur requête.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. et Mme B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête à concurrence du dégrèvement d'un montant de 159 euros accordé en cours d'instance.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. et Mme B est rejeté.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme B et au directeur spécialisé de contrôle fiscal sud-est-outre-mer.
Délibéré après l'audience du 14 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Ferrari, président,
Mme C et Mme A, premières conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.
La rapporteure,
E. C
Le président,
D. FERRARI La greffière,
E. SOURIS
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026