mercredi 4 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2307063 |
| Type | Décision |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | BONNET-LAMBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 décembre 2023 et un mémoire enregistré le 13 septembre 2024, Mme C E et M. B A, représentés par Me Delavallade, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 juin 2023 par lequel le maire de la commune de Castelnau-de-Médoc a accordé un permis de construire à la société à responsabilité limitée (SARL) Les résidences silver pour la construction d'une résidence sénior de quarante-huit logements rue Saint-Genès, ensemble la décision implicite du 25 octobre 2023 de rejet de son recours gracieux ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Castelnau-de-Médoc et de la SARL Les résidences silver une somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté est entaché d'un défaut de motivation ;
- le dossier de demande de permis de construire était manifestement incomplet : la notice architecturale est insuffisante quant aux informations à fournir relatives aux abords du terrain, à l'implantation du projet, à l'organisation de la composition et du volume des constructions nouvelles, aux aménagements en limite de terrain et au traitement des clôtures, aux accès au terrain et aux constructions ; les documents graphiques sont aussi insuffisants et certains d'entre eux ne comportent pas d'échelle métrique ; le dossier déposé est également incomplet quant aux documents à fournir s'agissant d'un établissement accueillant du public ;
- l'accès, le chemin de desserte et la voie de desserte du projet méconnaissent les dispositions des articles UE3 et N3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune et l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- le projet méconnaît les dispositions de l'article UE11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune ;
- le projet méconnaît les dispositions des articles UE13 et N13 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 avril 2024, la commune de Castelnau-de-Médoc, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 mars 2024, un mémoire en production de pièces enregistré le 21 mars 2024 et un mémoire en défense enregistré le 23 septembre 2024, la société à responsabilité limitée (SARL) Les résidences silver, représentée par Me Bonnet-Lambert, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce que le tribunal fasse application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et, en tout état de cause, à ce qu'une somme de 5 000 soit mise à la charge des requérants au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fazi-Leblanc, première conseillère,
- les conclusions de M. Frézet, rapporteur public,
- les observations de Me Houppe représentant Mme E et M. A,
- et les observations de Me Gobert substituant Me Bonnet-Lambert représentant la SARL Les résidences silver.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E et M. A sont propriétaires d'une maison d'habitation sise 56 rue Saint-Genès à Castelnau-de-Médoc (Gironde), parcelle AH66, qui constitue leur résidence principale. Cette parcelle jouxte les parcelles AH n° 65 et AH n° 66 sur lesquelles la société à responsabilité limitée (SARL) Les résidences silver a déposé le 14 avril 2023 un dossier de permis de construire complété le 2 mai 2023 pour l'édification d'une résidence sénior de quarante-huit logements et la réhabilitation du château d'Heby afin d'y accueillir le centre de service et d'accueil de la résidence. Par un arrêté du 27 juin 2023, le maire de la commune de Castelnau-de-Médoc a délivré ce permis de construire. Par un courrier du 24 août 2023 reçu le 25 août 2023 en mairie, Mme E et M. A ont formé un recours gracieux demandant le retrait de ce permis de construire. Du silence du maire de Castelnau-de-Médoc est née une décision implicite de rejet le 25 octobre 2023. Mme E et M. A demandent l'annulation de l'arrêté du 27 juin 2023, ensemble la décision de rejet de leur recours gracieux.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne la motivation de l'arrêté :
2. Aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6./ Il en est de même lorsqu'elle est assortie de prescriptions () ". Aux termes de l'article R. 424-5 du code de l'urbanisme : " En cas d'autorisation ou de non-opposition à déclaration préalable, la décision mentionne la date d'affichage en mairie ou la date de publication par voie électronique de l'avis de dépôt prévu à l'article R. 423-6. / Si la décision comporte rejet de la demande, si elle est assortie de prescriptions ou s'il s'agit d'un sursis à statuer, elle doit être motivée. () ". Il résulte de ces dispositions qu'un arrêté accordant une autorisation de construire assorti de prescriptions doit comporter les considérations qui fondent ces prescriptions en vue de permettre au pétitionnaire d'en comprendre le principe et la portée, et le cas échéant, d'en contester le bien-fondé. La motivation exigée par ces dispositions peut résulter directement du contenu même des prescriptions.
3. Il ressort des termes de l'arrêté contesté qu'il est assorti de prescriptions relatives au raccordement électrique, qui sont celles émises par Enedis dans son avis du 23 mai 2023. En l'espèce, la motivation exigée par les dispositions de l'article R. 424-5 du code de l'urbanisme résulte directement du contenu même de ces prescriptions. Si les avis rendus par le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) le 22 juin 2023 et le service de gestion des ordures ménagères de la communauté de communes médullienne le 12 mai 2023 sont visés dans l'arrêté, leur contenu n'est pas repris par l'arrêté, l'autorité administrative devant être regardée comme n'ayant pas souhaité se les approprier. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
En ce qui concerne la complétude du dossier de permis de construire :
4. Aux termes de l'article R. 431-36 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la déclaration comprend : a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; () ". Aux termes de l'article R. 431-7 du même code : " Sont joints à la demande de permis de construire : a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; b) Le projet architectural défini par l'article L. 431-2 et comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 431-8 à R. 431-12. ". Aux termes de l'article R. 431-8 : " Le projet architectural comprend une notice précisant : () 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : () b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. ". Aux termes de l'article R. 431-10 de ce même code : " Le projet architectural comprend également : () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. () ". Enfin, aux termes de l'article L. 431-2 : " Le projet architectural définit, par des plans et documents écrits, l'implantation des bâtiments, leur composition, leur organisation et l'expression de leur volume ainsi que le choix des matériaux et des couleurs. Il précise, par des documents graphiques ou photographiques, l'insertion dans l'environnement et l'impact visuel des bâtiments ainsi que le traitement de leurs accès et de leurs abords. ".
5. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
6. En premier lieu, le dossier comprend des plans de coupe, de façades et de toiture, ainsi qu'une notice descriptive, précisant les caractéristiques du projet. Cette notice mentionne la propriété des requérants, la grange d'Héby, et précise que six arbres seront plantés dans la zone de l'espace boisé classé afin de créer un écran végétal entre celle-ci et le bâtiment E projeté. Le dossier joint à la demande de permis de construire contient en outre un plan de situation satellite (B PC1 7 8) qui fait apparaître l'ensemble des bâtiments voisins, dont la propriété des requérants et les habitations implantées sur la parcelle n° 20. En outre, l'implantation de la propriété des requérants par rapport aux constructions projetées est par ailleurs reportée sur les plans joints au dossier, et notamment les plans de masse. Il en est de même du document d'insertion projet (A2 PC6) joint à la demande de permis de construire. Enfin, le dossier comprend sept photographies permettant de situer le terrain d'assiette du projet dans son environnement proche et lointain. Par suite, l'ensemble des éléments joints à la demande de permis de construire ont permis à l'autorité compétente d'apprécier l'insertion du projet litigieux dans son environnement, y compris par rapport aux constructions voisines, dont la propriété des requérants.
7. En deuxième lieu, si les requérants soutiennent que la notice architecturale ne fait aucune mention du traitement des clôtures, ni des portails, de sorte que le service instructeur n'aurait pas été en mesure de s'assurer de la conformité du projet aux dispositions des articles UE 3-1 et UE 11 du règlement du plan local d'urbanisme, le plan de masse projet et incendie SSI Accès général (D3 PC2) les précise.
8. En troisième lieu, la notice architecturale et paysagère jointe au dossier précise que " seront créées deux entrées, l'une pour le château, l'autre pour la résidence. L'entrée principale du site et le château recevront 2 x 3 containers poubelles enterrés. " (A1 PC4). En outre, le dossier joint à la demande de permis de construire comprend un plan de masse projet et incendie SSI Accès général (D3 PC2) qui matérialise la voie de desserte et les accès au terrain d'assiette de l'opération et en précise les caractéristiques (D3 PC2). Par suite, contrairement à ce que soutiennent les requérants, l'autorité compétente était en mesure de s'assurer de la conformité de la desserte et des accès du projet aux règles d'urbanisme applicables.
9. En quatrième lieu, si les requérants soutiennent que certains documents graphiques ne possèdent pas d'échelle métrique, ils ne précisent pas lesquels. En tout état de cause, les plans de masse et de coupe en disposaient permettant au service instructeur d'apprécier les différents hauteurs et longueurs du projet.
10. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 431-30 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux projetés portent sur un établissement recevant du public, la demande est accompagnée des dossiers suivants, fournis en trois exemplaires : a) Un dossier permettant de vérifier la conformité du projet avec les règles d'accessibilité aux personnes handicapées, comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 111-19-18 et R. 111-19-19 du code de la construction et de l'habitation ; b) Un dossier permettant de vérifier la conformité du projet avec les règles de sécurité, comprenant les pièces mentionnées à l'article R. 123-22 du même code.".
11. Les requérants soutiennent que les plans PC39 et PC40, à l'instar des notices sécurité et accessibilité, seraient insuffisants en ce qu'il ne serait fait aucune mention de la nature et de la couleur des matériaux utilisés pour le sol, les murs ou encore les plafonds et en ce que la notice descriptive PC40 ne préciserait pas les matériaux utilisés pour le gros œuvre, la décoration ni pour les aménagements intérieurs. Toutefois, les matériaux utilisés pour le gros œuvre et la décoration sont mentionnés dans la notice descriptive (A1 PC4), sur les plans de coupe et de façade (H PC 3 5, I PC 3 5, J PC 3 5) ainsi que dans la notice thermique jointe au dossier de demande de permis de construire. Par suite le moyen tenant à ce que le dossier n'aurait pas permis au service instructeur d'apprécier la conformité du projet aux règles régissant les établissements accueillant public doit être écarté.
12. Il résulte de tout ce qui précède que le moyen soulevé tiré de l'incomplétude du dossier doit être écarté en toutes ses branches.
En ce qui concerne le respect des dispositions des article R. 111-2 du code de l'urbanisme, et UE3 et N3 du règlement du plan local d'urbanisme :
S'agissant des accès :
13. Aux termes des dispositions de l'article UE3 du règlement du plan local d'urbanisme : " 3-1 Accès. Les constructions et installations autorisées doivent avoir accès à une voie publique ou privée, soit directement, soit par passage aménagé sur les fonds voisins, éventuellement obtenu dans les conditions fixées par l'article 682 du code civil. Ces accès doivent présenter les caractéristiques minimales définies ci-dessous : leurs caractéristiques doivent répondre à l'importance et à la destination de l'immeuble et de l'ensemble d'immeubles qu'ils desservent pour satisfaire aux exigences de la sécurité, de la protection civile, et de la défense contre l'incendie (accès d'au moins 4m de largeur ne comportant ni virage de rayon inférieur à 11m, ni passage sous porche de hauteur inférieure à 3,50m ; leur raccordement sur les voies publiques doit être aménagé en fonction de l'importance du trafic desdites voies en assurant notamment une visibilité satisfaisante vers la voie. ". Aux termes des dispositions de l'article N3 : " 3-1 Accès - Dispositions générales. - Les construction et installations autorisées doivent avoir accès à une voie publique ou privée, soit directement, soit par passage aménagé sur les fonds voisins, éventuellement obtenu dans les conditions fixées par l'article 682 du code civil. Les accès sur les voies publiques doivent être aménagés en fonction de l'importance du trafic desdites voies et présenter des caractéristiques permettant de satisfaire aux exigences de sécurité, de la protection civile et de la défense contre l'incendie. Les accès sur les routes départementales sont limités à un seul par propriété. Ils sont interdits lorsque le terrain est desservi par une autre voie. ". Aux termes des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ". Dès lors que les dispositions précitées du règlement du document local d'urbanisme invoquées par la société requérante ont le même objet que celles, également invoquées, de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme et prévoient des exigences qui ne sont pas moindres, c'est par rapport aux dispositions du règlement du document local d'urbanisme que doit être appréciée la légalité de la décision attaquée.
14. Si les requérants soutiennent que les accès au projet méconnaissent les articles précités, les deux accès qu'ils critiquent sont situés à l'intérieur du terrain d'assiette du projet. En tout état de cause, ces accès internes sont conformes aux dispositions précitées, leur largeur de sept et neuf mètres étant suffisante pour permettre le passage des véhicules de secours et de lutte contre l'incendie et assurer la sécurité de leurs utilisateurs, étant relevé que le service départemental d'incendie et de secours de la Gironde a émis un avis favorable au projet. En outre, ces accès offrent une bonne visibilité. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des articles UE3-1 etN3-1 du règlement du plan local d'urbanisme et de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doivent être écartés.
S'agissant de la desserte :
15. Aux termes des dispositions de l'article UE 3-2 du règlement du plan local d'urbanisme : " Voirie - Les voies publiques ou privées doivent desservir les terrains dans des conditions répondant à l'importante ou à la destination des constructions qui y sont édifiées. Les caractéristiques de ces voies doivent notamment permettre la circulation et l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie. / les voies en impasse existante et à créer doivent être aménagées dans leur partie terminale afin de permettre aux véhicules privés et à ceux des services publiques (matériel de lutte contre l'incendie, enlèvement des ordures ménagères, ) de faire aisément demi-tour. / Positionnement des seuils de portail par rapport à la voie publique : l'altimétrique des seuils des portails doit être supérieure ou égale au point le plus haut de la voie publique auquel ils se raccordent. ".
16. En premier lieu, les requérants soutiennent que la rue Saint-Genès, voie de desserte du terrain d'assiette, ne permet pas d'assurer la sécurité publique et la défense contre l'incendie. Toutefois, il ressort du plan de masse projet et incendie SSI Accès général (D3 PC2) qu'elle est d'une largeur de six mètres ce qui est suffisant pour permettre le passage des engins de secours et de lutte contre l'incendie ainsi que la circulation à double sens des véhicules des usagers, alors qu'elle n'a vocation qu'à desservir le projet. Si les requérants se prévalent d'un plan de géomètre au soutien de l'insuffisante largeur de la rue Saint-Genès, cette pièce, dont la source n'est pas précisée, rendue peu lisible par des mentions manuscrites, n'est pas suffisante pour contredire sérieusement le plan masse et, surtout, l'avis favorable rendu par le SDIS de la Gironde qui ne comporte aucune réserve sur ce sujet. Par ailleurs, le trafic n'apparaît pas tel qu'il représenterait un risque pour la sécurité des usagers de la voie ou pour les personnes l'utilisant. Aucune atteinte à la sécurité publique n'est ici caractérisée. Enfin, si les requérants allèguent d'une atteinte aux espaces boisés classés en cas d'élargissement de cette voie, une telle opération n'est pas prévue par le projet.
17. Il résulte des points 13 à 16 que les moyens tenant à la méconnaissance des dispositions du règlement du plan local d'urbanisme relatives à l'accès et à la desserte du terrain d'assiette du projet et de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doivent être écartés.
En ce qui concerne le respect des dispositions de l'article UE11 du règlement du plan local d'urbanisme :
18. Aux termes des dispositions de l'article UE11 du règlement du plan local d'urbanisme : " () Couleur des façades - Les couleurs vives et le blanc sont interdits () ".
19. Il ressort de la notice descriptive jointe au dossier de demande de permis de construire et des plans des façades des bâtiments A (PC5- H), B (PC5-I), C (PC5-I), D et E (PC5-J) que les façades de la résidence séniors projetée seront recouvertes d'un enduit ton pierre. Par suite, et nonobstant l'image " Image projet/ entrée site logements " de la notice architecturale présentant des constructions, au demeurant assez lointaines, plutôt blanches, le moyen tenant à ce que les dispositions de l'article UE5 du règlement du plan local d'urbanisme seraient méconnues, doit être écarté.
20. Aux termes des dispositions de l'article L. 113-2 du code de l'urbanisme : " Le classement interdit tout changement d'affectation ou tout mode d'occupation du sol de nature à compromettre la conservation, la protection ou la création des boisements. () ". Aux termes de l'article N13-3 du règlement du plan local d'urbanisme : " Les espaces boisés classés (EBC) figurant au plan sont soumis aux dispositions des articles L. 113-1 et L. 113-2 du code de l'urbanisme. ". Aux termes des dispositions de l'article UE13 du même règlement : " Espaces libres et plantations, espaces boisés classés. 13-1 La démolition, l'entretien et/ou la restauration d'éléments de paysage ou de patrimoine repérés au plan de zonage (comme élément à préserver au titre de l'article R. 151-41-3°) sont soumis à autorisation. 13-2 L'implantation des constructions doit respecter au mieux la végétation existante. La surface non bâtie devra, dans la mesure du possible, faire l'objet de plantations (espaces verts et arbres). ".
21. Il ressort de la notice paysagère et du plan masse du dossier de permis de construire que le projet ne prévoit pas de construction sur les parties du terrain d'assiette classées en espaces boisés classés. La voie de desserte interne, en particulier, sera réalisée en limite de cet espace et si le projet prévoit l'arrachage de dix-huit arbres, aucun ne se situe au sein de l'espace boisé classé. En outre, la société pétitionnaire prévoit de planter quarante-et-un arbres, dont six en espace boisé classé pour constituer un écran végétal entre la propriété des requérants et le bâtiment E dont la construction est projetée. Dans ces conditions, le moyen tenant à la méconnaissance des articles L. 113-2 du code de l'urbanisme, N. 13 et UE13 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
22. Il résulte de tout ce qui précède que Mme E et M. A ne sont pas fondés à solliciter l'annulation de l'arrêté du 27 juin 2023 et de la décision portant rejet de leur recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
23. Le sens de la présente décision n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte présentées par la société Les résidences silver ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
24. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Les résidences silver et de la commune, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme demandée par les requérants au titre des frais exposés à l'occasion du litige. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de Mme E et de M. A une somme de 1500 euros à verser à la société Les résidence silver au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme E et M. A est rejetée.
Article 2 : Mme E et M. A verseront une somme de 1 500 euros à la SARL Les résidences silver au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C E et M. B A, à la société à responsabilité limitée (SARL) Les résidences silver et à la commune de Castelnau-de-Médoc.
Délibéré après l'audience du 20 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Cabanne, présidente,
Mme Fazi-Leblanc et M. D, premiers conseillers.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2024.
La rapporteure,
S. FAZI-LEBLANC
La présidente,
C. CABANNE
La greffière,
M-A. PRADAL
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2307063
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