Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2203615

mercredi 5 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2203615
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 et 23 juillet 2022, Mme B D et M. A E demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler la décision du 21 juin 2022, par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a refusé de prononcer la remise gracieuse d'un indu de 553,69 euros d'allocation aux adultes handicapés ;

2°) d'annuler la décision du 21 juin 2022 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault ne leur a accordé qu'une remise partielle d'un indu de 909 euros d'aide personnelle au logement en laissant à leur charge une somme de 681,75 euros.

Ils soutiennent que :

- ils se trouvent dans une situation précaire ;

- ils sont de bonne foi dès lors qu'ils ont tenu à jour leur dossier auprès de la caisse d'allocations familiales.

Par un courrier du 12 juillet 2022, auquel était joint le formulaire prévu par l'article R. 772-7 du code de justice administrative, Mme D et M. E ont été invités à régulariser leur requête et à produire devant le tribunal, dans un délai de quinze jours, à peine d'irrecevabilité, une argumentation destinée à montrer que les décisions contestées ont méconnu leurs droits ainsi que tous documents jugés utiles pour justifier leur demande.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que (), des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé ; () ".

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 142-8 du code de la sécurité sociale : " Le juge judiciaire connaît des contestations relatives : / 1° Au contentieux de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 () ". L'article L. 142-1 de ce code dispose que : " Le contentieux général de la sécurité sociale comprend les litiges relatifs : / 1° A l'application des législations et réglementations de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole ; / () 8° Aux décisions de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées mentionnées au premier alinéa de l'article L. 241-9 du code de l'action sociale et des familles () ".

3. Aux termes de l'article L. 821-5 du même code : " L'allocation aux adultes handicapés est servie comme une prestation familiale. Elle est incessible et insaisissable () / Les différends auxquels peut donner lieu l'application du présent titre et qui ne relèvent pas d'un autre contentieux sont réglés suivant les dispositions régissant le contentieux général de la sécurité sociale () ".

4. Il résulte des dispositions précitées du code de la sécurité sociale qu'il n'appartient qu'à l'ordre judiciaire de connaître des litiges relatifs à l'allocation aux adultes handicapés. Par suite, les conclusions de Mme D et M. E portant sur cette prestation ne peuvent qu'être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction manifestement incompétent pour en connaître.

5. En second lieu, l'article R. 772-6 du même code, applicable aux contentieux sociaux dont relève la présente requête : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ".

6. Aux termes de l'article L. 825-3 du code de la construction et de l'habitation : " Le directeur de l'organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaire, sur : () 2° Les demandes de remise de dettes présentées à titre gracieux par les bénéficiaires des aides personnelles au logement. ".

7. Par lettre adressée par le greffe le 12 juillet 2022, dont il a été accusé réception le 15 juillet suivant, Mme D et M. E ont été invités à régulariser leur requête à l'aide d'un formulaire pré-rempli qui leur a été transmis par le greffe du tribunal. Ce formulaire invitait notamment les requérants à préciser les motifs de leur demande et les informait de la nécessité, sous peine d'irrecevabilité, de soumettre au juge des arguments et des justificatifs destinés à établir l'illégalité des décisions contestées.

8. Si Mme D et M. E ont retourné ce formulaire au tribunal, ceux-ci ne versent à l'appui de sa requête que les décisions attaquées. Ces seuls éléments ne permettent pas au tribunal d'apprécier la situation financière des intéressés qui invoquent une précarité les empêchant de rembourser les indus litigieux. Par suite, la requête de Mme D et M. E, qui ne comporte que des moyens manifestement non assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé, doit être rejetée en application du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête présentée par Mme D et M. E est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B D et M. A E.

Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault.

Fait à Montpellier, 5 octobre 202La présidente de la 1ère Chambre,

L. Rigaud

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et au préfet de l'Hérault, chacun en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier le 5 octobre 2022.

La greffière,

M. C