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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2306995

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2306995

vendredi 14 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2306995
TypeDécision
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantSERGENT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 décembre 2023 et 22 février 2024, M. C B, représenté par Me Sergent, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle la préfecture des Pyrénées-Orientales a refusé de lui fixer un rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Orientales de fixer un rendez-vous pour déposer sa demande de titre de séjour dans un délai de cinq jours à compter du jugement à intervenir, et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois et sous astreinte également de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision est entachée d'un défaut de base légale et d'une erreur de droit dès lors qu'il peut justifier de dix années de résidence en France, ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par deux mémoires, enregistrés les 12 janvier et 6 mars 2024, le préfet des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant sont infondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant algérien né le 17 octobre 1978, demande au tribunal l'annulation d'une décision par laquelle la préfecture des Pyrénées-Orientales a refusé de lui fixer un rendez-vous pour enregistrer sa demande de titre de séjour.

2. Aux termes de l'article L. 431-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La détention d'un document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour () autorise la présence de l'étranger en France sans préjuger de la décision définitive qui sera prise au regard de son droit au séjour () ". Enfin, suivant l'article R. 431-12 de ce code : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise () ". En dehors du cas d'une demande à caractère abusif ou dilatoire, l'autorité administrative chargée d'instruire une demande de titre de séjour ou de renouvellement ne peut refuser de l'enregistrer, et de délivrer le récépissé y afférent, que si le dossier présenté à l'appui de cette demande est incomplet.

3. Il ressort des pièces du dossier que M. B justifie avoir adressé par courriels une demande de rendez-vous à la préfecture des Pyrénées-Orientales les 4 avril, 11 avril, 18 avril, 25 avril, 4 mai, 13 mai, 20 mai et 9 juin 2023. Le préfet des Pyrénées-Orientales fait valoir dans ses écritures en défense que le requérant a fait l'objet d'un premier arrêté portant refus de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français le 12 mars 2014, d'un deuxième le 25 mai 2020 assorti d'une interdiction de retour de six mois, et d'un dernier le 4 octobre 2023, postérieurement aux demandes de rendez-vous dont il se prévaut, portant refus de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français. Il précise que l'intéressé n'a pas récupéré le pli de notification de ce dernier arrêté qui lui a été retourné par les services postaux. Également, le préfet fait valoir que l'intéressé n'a jamais répondu aux convocations des services de la DIDPAF. Ce faisant, le préfet des Pyrénées-Orientales qui fait également état de ce que l'intéressé n'a pas justifié devant le juge des référés du bien fondé de sa demande pour obtenir un rendez-vous en urgence, doit être regardé comme se prévalant du caractère dilatoire et abusif de cette dernière demande. Au regard des circonstances particulières de l'espèce, et de l'intervention postérieure d'un arrêté préfectoral statuant sur la situation de l'intéressé, le refus opposé à ses demandes, répétées dans un temps limité à deux mois, ne peut être regardé comme méconnaissant les dispositions précitées. M. B ne démontre pas, ainsi, l'illégalité qu'il invoque.

4. En l'absence même de décision portant refus de séjour, le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté. Enfin, alors qu'il ne justifie pas avoir sollicité la communication des motifs de ce refus implicite opposé à ses demandes de rendez-vous, M. B n'est, en tout état de cause, pas fondé à se prévaloir d'un défaut de motivation.

5. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du préfet des Pyrénées-Orientales refusant de lui donner un rendez-vous pour déposer une nouvelle demande de titre de séjour. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées à fin d'injonction et de remboursement des frais exposés et non compris dans les dépens doivent, également, être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet des Pyrénées-Orientales.

Délibéré après l'audience du 21 février 2025, à laquelle siégeaient :

M. Vincent Rabate, président,

Mme Isabelle Pastor, première conseillère,

Mme Marion Bossi, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2025.

La rapporteure,

I. A

Le président,

V. RabateLa greffière,

B. Flaesch

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 14 mars 2025.

La greffière,

B. Flaesch

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