Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 mars 2023, M. A... B... demande au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation foncière des entreprises mise à sa charge au titre de l’année 2022.
Le requérant soutient qu’il doit être exonéré de cette imposition.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mai 2023, la directrice départementale des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête en faisant valoir que le moyen développé n’est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Meyrignac ;
- et les conclusions de M. Delmas, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
M. B..., qui exerçait une activité de commerce de voitures et de véhicules automobiles légers sous le nom commercial « Auto Liberté » sur le territoire de la commune de Moret-Loing-et-Orvanne, a été assujetti à une cotisation foncière des entreprises au titre de l’année 2022 pour un montant en principal de 162 euros. Il a sollicité l’exonération de cette imposition le 21 mars 2023, mais par décision du 28 mars suivant, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne a rejeté cette réclamation. Par la requête susvisée, l’intéressé demande la décharge de cette imposition.
Aux termes de l’article 1447 du code général des impôts : « I. La cotisation foncière des entreprises est due chaque année par les personnes physiques (…) qui exercent à titre habituel une activité professionnelle non salariée (…) ». Par ailleurs, aux termes de l’article 1467 du même code : « La cotisation foncière des entreprises a pour base la valeur locative des biens passibles d’une taxe foncière situés en France (…) dont le redevable a disposé pour les besoins de son activité professionnelle pendant la période de référence définie aux articles 1467 A et 1478, à l’exception de ceux qui ont été détruits ou cédés au cours de la même période. (…) La valeur locative des biens passibles d’une taxe foncière est calculée suivant les règles fixées pour l’établissement de cette taxe ». De plus, aux termes de l’article 1467 A de ce même code : « Sous réserve des II, III IV et VI de l’article 1478, la période de référence retenue pour déterminer les bases de cotisation foncière des entreprises est l’avant-dernière année précédant celle de l’imposition ou le dernier exercice de douze mois clos au cours de cette même année lorsque cet exercice ne coïncide pas avec l’année civile ». Enfin, aux termes de l’article 1647 D du même code applicable à l’année d’imposition en litige : « I. – 1. Les redevables de la cotisation foncière des entreprises sont assujettis à une cotisation minimum établie au lieu de leur principal établissement ; cette cotisation est établie à partir d’une base dont le montant est fixé par le conseil municipal (…). Toutefois, les redevables réalisant un montant de chiffre d’affaires ou de recettes inférieur ou égal à 5 000 € sont exonérés de la cotisation minimum. (…) Le montant du chiffre d’affaires ou des recettes à prendre en compte s'entend de celui, hors taxes, réalisé au cours de la période de référence définie à l’article 1467 A. Lorsque la période de référence ne correspond pas à une période de douze mois, le montant du chiffre d’affaires ou des recettes est ramené ou porté, selon le cas, à douze mois (…) ». Au titre de l’année en litige, la base minimum est comprise entre 227 et 542 euros pour un chiffre d’affaires inférieur ou égal à 10 000 euros.
Il résulte des dispositions précitées que le contribuable, qui a créé une entreprise individuelle et ne dispose d’aucun local ou terrain pour les besoins de cette activité non salariée, mais est domicilié fiscalement au lieu de son habitation, est redevable de la cotisation minimum de cotisation foncière des entreprises prévue à l’article 1647 D du code général des impôts, qui n’est pas calculée sur la base énoncée à l’article 1467 du même code, par définition inexistante en pareille situation, mais sur une base dont le montant est fixé par le conseil municipal de la commune de domiciliation. Il est toutefois exonéré de cette cotisation minimum si le montant du chiffre d’affaires ou des recettes hors taxes qu’il a réalisés au cours de la période de référence définie à l’article 1467 A du code général des impôts est inférieur ou égal à 5 000 euros.
Le requérant soutient qu’il n’a fait aucun chiffre d’affaires au titre de l’année 2020 à cause du confinement, que son chiffre d’affaires au titre de cette année n’a été que de 2 310 euros et que ses transactions sont principalement réglées en espèces. Toutefois, l’administration fait valoir, sans être contredite, que M. B... a porté sur sa déclaration de revenus de l’année 2020, un bénéfice industriel et commercial s’élevant à 5 251 euros relevant du régime de la micro-entreprise. Ce montant étant supérieur à celui du seuil d’exonération précité, c’est à bon droit qu’il a été imposé à la cotisation minimum de la cotisation foncière des entreprises au titre de l’année 2022 et sa requête doit, dans ces conditions, être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et à la directrice départementale des finances publiques de Seine-et-Marne.
Délibéré après l’audience du 17 juin 2026, à laquelle siégeaient :
M. Le Broussois, président,
M. Meyrignac, premier conseiller,
M. Fanjaud, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2026.
Le rapporteur,
P. MeyrignacLe président,
N. Le Broussois
La greffière,
C. Rouillard
La République mande et ordonne au ministre de l’action et des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,