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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2401375

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2401375

vendredi 14 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2401375
TypeDécision
PublicationD
Formation3ème chambre
Avocat requérantRUFFEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 mars 2024, M. B A, représenté par Me Ruffel, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de l'Hérault a rejeté sa demande de titre de séjour déposée le 16 mai 2023 ;

2°) à titre principal, d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " ou " salarié " dans le délai d'un mois de la décision à intervenir ;

3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de l'Hérault de procéder au réexamen de la situation du requérant dans le délai d'un mois à compter de la décision à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision attaquée méconnaît l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'il a formé une demande de communication des motifs de la décision implicite de rejet à laquelle il n'a pas été répondu ;

- la décision attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen réel et complet de sa situation ;

- la décision attaquée méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision attaquée méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juillet 2024, le préfet de l'Hérault conclut au non-lieu à statuer et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la décision implicite de rejet attaquée par le requérant n'a jamais existé dès lors qu'une décision expresse de rejet est intervenue le 29 juin 2023 ;

- la requête redirigée contre la décision expresse de rejet est irrecevable dès lors qu'elle a été présentée à l'expiration du délai de recours qui était en l'espèce de 30 jours ;

- à titre subsidiaire, les moyens présentés par le requérant ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 janvier 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bossi,

- et les observations de Me Brûlé, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions à fin d'annulation :

1. M. A, né le 12 décembre 1995 et de nationalité guinéenne, déclare être entré en France le 29 septembre 2016. Il demande au tribunal d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de l'Hérault a rejeté sa demande de titre de séjour déposée le 16 mai 2023.

2. Il ressort toutefois des pièces du dossier que la demande de titre de séjour de M. A a fait l'objet d'une décision explicite de rejet, le 29 juin 2023, comportant mention des voies et délais de recours, qui lui a été notifiée par courrier recommandé, présenté en vain à son domicile le 4 juillet 2023, puis retourné à l'administration avec la mention " pli avisé et non réclamé ". Eu égard à l'existence de cette décision expresse, aucune décision implicite n'a pu naître du silence gardé par le préfet sur sa demande déposée le 16 mai 2023. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation dirigées contre cette décision inexistante sont irrecevables, faute d'objet.

3. Par ailleurs, aux termes de l'article R. 776-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version alors applicable : " I.- Conformément aux dispositions de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification d'une obligation de quitter le territoire français avec délai de départ volontaire, prise en application de l'article L. 51-1 ou des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 du même code, fait courir un délai de trente jours pour contester cette obligation ainsi que les décisions relatives au séjour, au délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour ou à l'interdiction de circulation notifiées simultanément. () ".

4. A supposer que M. A entende contester l'arrêté du 29 juin 2023, faute d'avoir introduit un recours dans le délai de 30 jours prévu par les dispositions de l'article R. 776-2 du code de justice administrative contre cet arrêté qui doit être regardé comme ayant été régulièrement notifié à l'intéressé le 4 juillet 2023, et alors en outre que la demande d'aide juridictionnelle de ce dernier a été présentée le 10 novembre 2023 à l'expiration de ce même délai, les conclusions à fin d'annulation du requérant sont tardives et par suite irrecevables.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

6. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. A n'appelle aucune mesure d'exécution au sens des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative. Ses conclusions à fin d'injonction doivent, par suite, être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

7. L'Etat n'étant pas partie perdante dans la présente instance, les conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er: La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de l'Hérault et à Me Ruffel.

Délibéré après l'audience du 21 février 2025, à laquelle siégeaient :

M. Rabaté, président,

Mme Pastor, première conseillère,

Mme Bossi, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2025.

La rapporteure,

M. Bossi

Le président,

V. Rabaté

La greffière,

B. Flaesch

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 14 mars 2025.

La greffière,

B. Flaesch

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