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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2202049

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2202049

jeudi 20 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2202049
TypeDécision
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSOCIETE D'AVOCATS HORIZONS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 19 avril 2022 et 13 novembre 2023, Mme B A, représentée par la SELARL Horizons, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite née le 20 février 2022 portant rejet de son recours administratif préalable dirigé contre la décision non datée, par laquelle la directrice de l'Agence nationale de l'habitat (ANAH) lui a ramené le montant de la prime de transition énergétique dite " MaPrimeRénov' " à 200 euros ;

2°) de condamner l'ANAH à lui payer la somme de 1 377,80 euros au titre de la prime " MaPrimeRénov " avec intérêts au taux légal à compter du 23 décembre 2021 ;

3°) de mettre à la charge de l'ANAH la somme de 1 500 euros au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les conditions des articles 1er et 2 du décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 sont satisfaites, de sorte que la prime aurait dû être versée à la requérante pour les travaux d'isolation non prévus dans la demande initiale et qu'elle souhaitait intégrer à son projet ;

- c'est à tort que l'ANAH revient sur sa décision initiale de lui octroyer la prime dite " MaPrimeRénov " pour des travaux d'isolation thermique, dès lors que Mme A bénéficiait d'un droit acquis au bénéfice de la prime relative aux fenêtres ;

- dès lors que des travaux d'isolation se sont greffés sur le dossier principal et que le dossier dans son intégralité a fait l'objet d'une instruction, rien ne peut justifier que la prime soit retirée ;

- dès lors qu'un nouveau numéro est attribué au dossier ceci ne représente ni la reprise, ni le prolongement d'un ancien dossier et un nouveau projet de travaux peut y être inclus ;

- si l'ANAH considérait que les travaux d'isolation ne pouvaient être inclus dans le nouveau dossier, il lui appartenait d'en informer la requérante dès l'instruction, avant le début des travaux réalisés ;

- seule la non-réalisation des travaux, ou l'absence de transmission des justificatifs dans les délais impartis auraient pu la rendre caduque.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 octobre 2023, l'ANAH, représentée par la SELAS Seban et Associés conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 ;

- l'arrêté du 14 janvier 2020 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Descombes,

- et les conclusions de M. Moulinier, rapporteur public,

- les observations de Me Kerdoncuf, représentant Mme A.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 16 septembre 2021, la directrice de l'Agence nationale pour l'amélioration de l'habitat (ANAH) a accordé à Mme A le bénéfice de la prime de transition énergétique dite " MaPrimeRénov " pour des travaux d'isolation thermique et le changement de fenêtres de sa maison. La directrice de l'ANAH a décidé le 22 octobre 2021 de ramener le montant de cette prime à 200 euros, correspondant uniquement à la pose des fenêtres au motif que le projet de travaux concernés différenciait de ceux du dossier initial qui ne comprenait pas l'isolation des rampants de toiture et l'isolation des murs par l'intérieur. Par une décision implicite née le 20 février 2022, la directrice de l'ANAH a rejeté son recours administratif préalable. Par la présente requête, la requérante conteste cette dernière décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article 2-II du décret n°2020-26 du

14 janvier 2020 : " Seuls les travaux et prestations commencés après l'accusé de réception

par l'Agence nationale de l'habitat de la demande de prime y ouvrent droit. Cet accusé de réception ne vaut pas décision d'attribution de la prime ".

3. Aux termes de l'article 3-III de l'arrêté du 14 janvier 2020 : " Un même propriétaire peut déposer une nouvelle demande de prime, pour un même logement, sous réserve que la première demande soit soldée, dans la limite du plafond fixé au VI de l'article 3 du décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 précité ".

4. Aux termes de l'article 3-IX du décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 : " La modification du projet qui fait l'objet de la demande de prime et de son plan de financement peut être autorisée par le directeur général de l'Agence nationale de l'habitat, sur demande justifiée du bénéficiaire ou de son mandataire, notamment en cas de changement de la situation personnelle du demandeur ".

5. Il ressort des pièces du dossier et ainsi qu'il a été dit au point 1, que Mme A a déposé, une demande d'indemnisation préalable en date du 20 décembre 2021 relative à un changement de fenêtre. La demande de prime pour le changement de fenêtre a fait l'objet d'une décision de rejet le 1er février 2021, justifiée par le fait que les travaux avaient débutés avant que le dossier ne soit déposé. Par suite, elle a déposé un nouveau dossier comprenant, en plus des travaux initialement envisagés, des travaux d'isolation. La demande initiale concernant le changement des fenêtres n'était donc pas soldée lorsqu'elle a sollicité

celle pour les travaux d'isolation, en méconnaissance des dispositions précitées au point 4. Mme A qui ne conteste pas cette circonstance et qui ne justifie pas d'une autorisation du directeur général de l'Agence nationale de l'habitat lui permettant de modifier son projet initial, n'est dès lors pas fondée à demander l'annulation de la décision rejetant son recours administratif préalable obligatoire.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à l'agence nationale de l'habitat.

Délibéré après l'audience du 6 mars 2025, à laquelle siégeaient :

M. Descombes, président,

M. Le Roux, premier conseiller

M. Le Bonniec, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 mars 2025.

Le président-rapporteur,

Signé

G. Descombes

L'assesseur le plus ancien,

Signé

P. Le Roux

Le greffier,

Signé

J-M. Riaud

La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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