jeudi 15 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2406803 |
| Type | Décision |
| Recours | Exécution d'un jugement |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | JOYEUX |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement n° 2202206 du 18 avril 2024, le tribunal administratif de Rennes, saisi par M. A B :
- a donné acte de son désistement d'instance des conclusions tendant à l'annulation de la décision par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a implicitement rejeté sa demande tendant au versement de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise (IFSE) au titre des mois de janvier à avril 2021 ;
- a annulé la décision par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a implicitement refusé de lui verser l'indemnité spécifique de service (ISS) pour les mois d'avril à décembre 2020 ;
- a enjoint à l'administration de lui verser le solde d'ISS dû au titre de l'année 2020 et d'y procéder, dans un délai de deux mois à compter de la notification de ce jugement ;
- a mis à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un courrier, enregistré le 18 juillet 2024, M. A B a saisi le président du tribunal afin que soit assurée l'exécution de la condamnation de l'Etat, prononcée par le jugement n° 2202206 du 18 avril 2024.
M. A B demande au tribunal :
1°) de constater l'inexécution du jugement rendu en date du 18 avril 2024 sous le numéro 2202206 ;
2°) de fixer un délai pour l'exécution de ce jugement ;
3°) de prononcer une astreinte à l'encontre du ministère de l'intérieur afin de garantir l'exécution du jugement.
Il soutient que le jugement demeure inexécuté.
Par une ordonnance du 18 novembre 2024, le président du tribunal a décidé, en application de l'article R. 921-6 du code de justice administrative, l'ouverture d'une procédure juridictionnelle d'exécution de ce jugement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 avril 2025, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer.
Il fait valoir qu'en exécution de ce jugement, les services du secrétariat général commun départemental du Morbihan ont pris, le 17 avril 2025, un état liquidatif de la somme de
3 264,37 euros correspondant au versement de l'indemnité spécifique de service à M. B dû au titre de l'année 2020 et que le versement de la somme de 1 019,69 au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative a été réalisé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties, régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Le Roux,
- et les conclusions de M. Moulinier, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un jugement n° 2202206 du 18 avril 2024, le tribunal administratif de Rennes, après avoir annulé la décision par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a implicitement refusé de verser à M. B l'indemnité spécifique de service (ISS) pour les mois d'avril à décembre 2020, a fait injonction à cette administration de lui verser le solde d'ISS dû au titre de l'année 2020 et d'y procéder, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement et a mis à la charge de celle-ci la somme de 1 000 euros à verser à M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Par une ordonnance n° EXE2202206 du 18 novembre 2024 prise sur le fondement des articles L. 911-4 et R. 921-1 et suivants du code de justice administrative, le président du tribunal a ordonné l'ouverture d'une procédure juridictionnelle en vue d'assurer l'exécution de ce jugement.
2. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction () d'en assurer l'exécution. / Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ".
3. Il résulte de l'instruction qu'en exécution du jugement n° 2202206 du 18 avril 2024 l'administration a pris, le 17 avril 2025, un état liquidatif de la somme de 3 264,37 euros correspondant au versement de l'indemnité spécifique de service due à M. B au titre de l'année 2020 et que le versement de la somme de 1 019,69 au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative a été réalisé. Ainsi, le jugement n°2202206 du 18 avril 2024 a été entièrement exécuté et, par suite, les conclusions de M. B tendant à l'exécution de ce jugement sont devenues sans objet. Dès lors, il n'y a plus lieu d'y statuer.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la requête de M. B tendant à l'exécution du jugement n°2202206 du 18 avril 2024.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 19 avril 2025, à laquelle siégeaient :
M. Descombes, président,
M. Le Roux, premier conseiller,
M. Le Bonniec, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 mai 2025.
Le rapporteur,
Signé
P. Le Roux Le président,
Signé
G. Descombes
Le greffier,
Signé
J-M. Riaud
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N° 2202206
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2519430
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en exécution d’un précédent jugement du 23 décembre 2024, a constaté que le ministre de l’intérieur n’avait pas exécuté l’injonction de délivrer un visa d’établissement (visa long séjour type D) à Mme C... épouse B..., en lui délivrant à tort un visa de court séjour type C. Sur le fondement de l’article L. 911-4 du code de justice administrative, le tribunal a enjoint au ministre de délivrer le visa d’établissement requis sous un délai de trois mois, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. La solution retenue vise à assurer l’exécution complète et conforme du jugement initial.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2507344
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a annulé l'arrêté préfectoral ordonnant à un ressortissant colombien de quitter le territoire français, de fixer son pays de destination et de lui interdire le retour. Le tribunal a retenu que le préfet des Hauts-de-Seine avait commis une erreur de droit en prenant cette décision en application de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, puisque l'intéressé avait déjà quitté le territoire français avant la notification de l'arrêté. Par voie de conséquence, les mesures de fixation du pays de destination et d'interdiction de retour ont également été annulées, et le préfet est enjoint de réexaminer la situation du requérant.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2601124
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant par ordonnance, donne acte du désistement du requérant concernant ses demandes d'annulation et d'injonction relatives à des titres de séjour. La juridiction rejette sa demande d'allocation d'une somme au titre des frais non compris dans les dépens, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administratif. Le litige principal est ainsi éteint par le désistement.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2603340
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, a été saisi d'une demande visant à assurer l'exécution d'une précédente injonction et à obtenir une astreinte pour son inexécution. Le juge a constaté que la préfète de l'Isère n'avait pas renouvelé le récépissé de séjour de la requérante, malgré l'injonction antérieure, et que cette dernière avait ainsi subi un préjudice (licenciement). En conséquence, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, le tribunal a ordonné à la préfète de statuer expressément sur la demande de titre de séjour dans un délai d'un mois, sous astreinte de 200 euros par jour de retard.
07/04/2026