vendredi 28 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-1904436 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP ARBOR TOURNOUD & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 5 juillet 2019, le président du tribunal administratif de Lyon a transmis au tribunal administratif de Grenoble, en application des dispositions de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par M. B A le 1er juillet 2019.
Par cette requête enregistrée au greffe du tribunal le 8 juillet 2019 et des mémoires du 4 février 2022 et du 4 mars 2022, M. B A, représenté par la SELARL Arbor, Tournoud et associés, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2012 et 2013, ainsi que intérêts de retard et des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la procédure d'évaluation d'office est entachée d'irrégularité dès lors qu'il n'a pas reçu les mises en demeure préalables de souscrire ses déclarations de bénéfices ;
- la procédure de vérification est entachée d'irrégularité pour non-respect de la durée de contrôle ;
- il a été privé de la possibilité d'exercer un recours hiérarchique.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 6 janvier 2020 et 15 février 2022, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 14 mars 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 29 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Heintz, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Brenner Adanlété, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. A l'issue d'une vérification de comptabilité portant sur les exercices 2012 et 2013, l'administration a procédé au rehaussement du résultat imposable en bénéfices industriels et commerciaux que M. A a retiré en 2012 et 2013 d'une activité de carreleur. Des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu en résultant ont été mises à sa charge au titre des années 2012 et 2013. Par un jugement du 21 septembre 2018, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté la demande de M. A de décharge de ces cotisations supplémentaires. Par un arrêt du 7 septembre 2020, la cour administrative d'appel de Lyon a rejeté la requête en appel formée contre le jugement précité. Par ailleurs, par une nouvelle réclamation présentée le 5 novembre 2018, complétée par une réclamation du 26 décembre 2018, M. A a contesté les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu mises à sa charge au titre des années 2012 et 2013, au motif que la procédure d'imposition serait irrégulière. Sa réclamation a été rejetée par une décision de l'administration fiscale en date du 20 mai 2019. M. A demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu qui ont été mises à sa charge au titre des années 2012 et 2013.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 73 du livre des procédures fiscales : " Peuvent être évalués d'office : / 1° Le bénéfice imposable des contribuables qui perçoivent des revenus provenant d'entreprises industrielles, commerciales ou artisanales, ou des revenus d'exploitations agricoles imposables selon un régime de bénéfice réel, lorsque la déclaration annuelle prévue à l'article 53 A du code général des impôts n'a pas été déposée dans le délai légal ; / (). / Les dispositions de l'article L. 68 sont applicables dans les cas d'évaluation d'office prévus aux 1° et 2° ". Aux termes de l'article L. 68 du même livre : " La procédure de taxation d'office prévue aux 2° et 5° de l'article L. 66 n'est applicable que si le contribuable n'a pas régularisé sa situation dans les trente jours de la notification d'une mise en demeure. () "
3. Il résulte de l'instruction que par trois courriers datés du 12 février 2014, 12 juin 2014 et 29 janvier 2015, l'administration fiscale a mis en demeure M. A d'établir ses déclarations de bénéfices industriels et commerciaux, respectivement, pour l'exercice 2012, pour l'exercice 2013, enfin et à nouveau pour les deux exercices 2012 et 2013. L'intéressé soutient que son activité de carreleur étant implantée en Suisse, l'adresse à laquelle ces mises en demeure lui ont été notifiées est celle de la société Archamps Développement à Annecy, son représentant accrédité auprès du service des impôts pour établir et acquitter à sa place la taxe sur la valeur ajoutée dont il est redevable. Il fait valoir que cette société n'était pas mandatée pour le représenter dans ses relations avec l'administration fiscale en ce qui concerne les impositions en cause. Toutefois, il résulte de l'instruction que par un courrier du 16 février 2015, M. A a informé l'administration qu'il accusait réception de la mise en demeure du 29 janvier 2014, dont il ne conteste pas que, à la suite d'une erreur de plume, il s'agit en réalité de la mise en demeure du 29 janvier 2015. Or, comme il a été dit, ce dernier courrier le mettait en demeure d'établir ses déclarations de résultats en matière de bénéfice industriel et commercial tant pour l'exercice 2012 que pour 2013. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir qu'aucune mise en demeure d'établir ses déclarations de résultats ne lui aurait été régulièrement notifiée. Par suite, ce moyen est écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 47 A du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction alors en vigueur : " I.- Lorsque la comptabilité est tenue au moyen de systèmes informatisés, le contribuable satisfait à l'obligation de représentation des documents comptables mentionnés au premier alinéa de l'article 54 du code général des impôts en remettant au début des opérations de contrôle, sous forme dématérialisée répondant à des normes fixées par arrêté du ministre chargé du budget, une copie des fichiers des écritures comptables définies aux articles 420-1 et suivants du plan comptable général. () ". Aux termes de l'article L. 52 du même livre : " I.- Sous peine de nullité de l'imposition, la vérification sur place des livres ou documents comptables ne peut s'étendre sur une durée supérieure à trois mois en ce qui concerne : / 1° Les entreprises industrielles et commerciales ou les contribuables se livrant à une activité non commerciale dont le chiffre d'affaires ou le montant annuel des recettes brutes n'excède pas les limites prévues au I de l'article 302 septies A du code général des impôts ; / (). / II.- Par dérogation au I, l'expiration du délai de trois mois n'est pas opposable à l'administration : / () / 4° En cas de graves irrégularités privant de valeur probante la comptabilité. Dans ce cas, la vérification sur place ne peut s'étendre sur une durée supérieure à six mois. / () / III- En cas de mise en œuvre du I de l'article L. 47 A, le délai de trois mois prévu au I du présent article est suspendu jusqu'à la remise de la copie des fichiers des écritures comptables à l'administration. / () ".
5. Il résulte de l'instruction que les opérations de vérification de la comptabilité de l'entreprise de M. A ont débuté le 17 avril 2015 et se sont terminées le 11 décembre 2015. Lors de la première intervention sur place, le 17 avril 2015, le vérificateur a dressé un procès-verbal constatant le défaut de présentation de la comptabilité sous forme dématérialisée. Par la suite, M. A, qui n'établit pas que sa comptabilité aurait été tenue sous une autre forme, n'a pas remis à l'administration des copies des fichiers des écritures comptables conformes aux normes définies par l'article L. 47 A précité du livre des procédures fiscales. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la procédure de vérification de la comptabilité de son entreprise aurait irrégulièrement dépassé la durée de six mois prévue par les dispositions précitées de l'article L. 52 du livre des procédures fiscales.
6. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que M. A, dans une lettre du 25 février 2016 faisant suite à la proposition de rectification qui lui avait été notifiée le 17 décembre 2015 et à une réponse à ses observations notifiée le 23 févier 2016, a demandé à l'administration fiscale à bénéficier de l'ensemble des recours prévus par la charte du contribuable, le code général des impôts et le livre des procédures fiscales et que la commission départementale des impôts et des taxes sur le chiffre d'affaires soit saisie. L'administration, dans un courrier du 24 mars 2016, lui a répondu que la commission départementale n'était pas compétente pour les rappels et rehaussements litigieux et l'a invité à confirmer par écrit et dans les meilleurs délais son souhait de bénéficier du recours hiérarchique. Or, il n'est pas contesté que M. A n'a pas donné suite à cette invitation. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce qu'il aurait été privé de la possibilité d'exercer un recours hiérarchique doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A aux fins de décharge des impositions supplémentaires auxquelles il a été assujetti au titre des années 2012 et 2013 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur départemental des finances publiques de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 7 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. L'Hôte, président,
M. Heintz, premier conseiller,
Mme d'Elbreil, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 octobre 2022.
Le rapporteur,
M. HEINTZ
Le président,
V. L'HÔTE
La greffière,
L. ROUYER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026