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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-1905674

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-1905674

mardi 10 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-1905674
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation7ème Chambre
Avocat requérantTEELOKEE

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I / Par une ordonnance n° 1908922 du 12 août 2019, le président de la sixième section du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Grenoble, en application des articles R. 312-10, R. 312-14 et R. 342-1 du code de justice administrative, le jugement de la requête de M. A B enregistrée le 26 avril 2019 au greffe du tribunal administratif de Paris.

Par cette requête, enregistrée le 13 août 2019 sous le n° 1905674, M. D A B, représenté par Me Teelokee, demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 83 200 euros en réparation du préjudice moral et financier qu'il estime avoir subi ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur a refusé de lui délivrer l'autorisation d'accéder au site de Framatome pour une immersion professionnelle est entachée d'illégalité ;

- l'Etat a commis une faute en recueillant des informations à son sujet et en lui refusant l'accès à des sites nucléaires pour des motifs exclusivement fondés sur son appartenance religieuse ;

- cette illégalité fautive lui cause un préjudice financier d'un montant total de 75 100 euros et un préjudice moral de 8 000 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 octobre 2019, le ministre de l'intérieur conclut à sa mise hors de cause.

Il fait valoir que le litige relève de la compétence du ministre de la transition écologique et solidaire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 septembre 2022, la ministre de la transition énergétique conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- les conclusions dirigées contre la décision de refus d'accès au site de Framatome sont irrecevables ;

- le lien de causalité entre le refus d'accès et le préjudice allégué n'est pas établi ;

- il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'injonction dans la mesure où l'autorisation d'accéder au site de Framatome a été confirmée le 24 mai 2019, à la suite de l'ordonnance n° 1908807 du 10 mai 2019.

Par une ordonnance du 27 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été prononcée le même jour.

Le ministre de l'intérieur et des outre-mer a présenté un nouveau mémoire le 3 novembre 2022, qui n'a pas été communiqué.

M. A B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle (25 %) par une décision du 10 septembre 2019.

II / Par une ordonnance n° 1908921 du 12 août 2019, le président de la sixième section du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Grenoble, en application des articles R. 312-10, R. 312-14 et R. 342-1 du code de justice administrative, le jugement de la requête de M. A B enregistrée le 26 avril 2019 au greffe du tribunal administratif de Paris.

Par cette requête et un mémoire enregistrés les 13 août 2019 et 30 septembre 2022 sous le n° 1905676, M. D A B, représenté par Me Teelokee, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté le recours administratif préalable obligatoire formé le 25 janvier 2019 contre la décision lui ayant refusé l'accès au centre nucléaire de production d'électricité de Romans-sur-Isère, a refusé de lui communiquer les motifs des décisions lui refusant l'accès à des sites nucléaires et a rejeté sa demande d'indemnisation du préjudice financier, du préjudice moral et de la perte de chance subis ;

3°) de saisir avant-dire droit, sur le fondement des dispositions de l'article L. 841-1 du code de la sécurité intérieure, le Conseil d'Etat d'une question préjudicielle portant sur la régularité de la technique de renseignement utilisée à son encontre ;

4°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de procéder à l'effacement des mentions le concernant figurant dans ses fichiers, sous astreinte de 500 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir ;

5°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui délivrer une autorisation d'accès au site nucléaire de la société Framatome à Romans-sur-Isère, sous astreinte de 500 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir ;

6°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 134 034 euros en réparation de son préjudice financier, la somme de 21 000 euros en réparation de son préjudice moral et la somme de 10 000 euros en réparation de la perte de chance subie dans l'évolution de sa carrière ;

7°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- son recours est recevable ;

- le litige relève de la compétence du ministre de l'intérieur et du ministre de la transition écologique ;

- il a fait l'objet d'une différence de traitement fondée sur un critère religieux en se voyant refuser l'accès à différents sites nucléaires à partir du mois de février 2016 ;

- ces interdictions méconnaissent son droit à l'emploi et sa liberté religieuse ;

- elles présentent un caractère disproportionné ;

- l'Etat a commis une faute en recueillant des informations à son sujet et en lui refusant l'accès à des sites nucléaires pour des motifs exclusivement fondés sur son appartenance religieuse ;

- la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur a refusé de lui délivrer l'autorisation d'accéder au site de Framatome pour une immersion professionnelle est entachée d'illégalité ;

- cette illégalité fautive lui cause un préjudice financier correspondant à une perte de revenus à compter de septembre 2016 jusqu'à ce jour d'un montant de 134 034 euros, une perte de chance d'un montant de 10 000 euros et un préjudice moral de 21 000 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 octobre 2019, le ministre de l'intérieur conclut à sa mise hors de cause.

Il fait valoir que le litige relève de la compétence du ministre de la transition écologique et solidaire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 septembre 2022, la ministre de la transition énergétique conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- les conclusions dirigées contre la décision de refus d'accès au site de Framatome sont irrecevables ;

- le lien de causalité entre le refus d'accès et le préjudice allégué n'est pas établi ;

- il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'injonction dans la mesure l'autorisation d'accéder au site de Framatome a été confirmée, le 24 mai 2019, à la suite de l'ordonnance n° 1908807 du 10 mai 2019.

Par une ordonnance du 27 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été prononcée le même jour.

Le ministre de l'intérieur et des outre-mer a présenté un nouveau mémoire le 3 novembre 2022, qui n'a pas été communiqué.

M. A B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle (25 %) par une décision du 10 septembre 2019.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de la défense ;

- le code de l'environnement ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de la sécurité intérieure ;

- le décret n° 2005-1309 du 20 octobre 2005 pris pour l'application de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bardad, première conseillère,

- les conclusions de Mme Brenner-Adanlété, rapporteure publique,

- les observations de Me Teelokee, avocate de M. A B.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes susvisées n° 1905674 et n° 1905676 concernent le même requérant, présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

2. M. D A B a été recruté par la société Cerap, le 26 février 2010, en qualité de technicien en sécurité et radioprotection dans le cadre d'un contrat de travail à durée indéterminée. A la suite d'une enquête administrative demandée par le directeur du centre nucléaire de production d'électricité (CNPE) de Flamanville sur le fondement des articles L. 114-1 et suivants du code de la sécurité intérieure, le préfet de la Manche a émis un avis défavorable à l'accès de M. A B à ce site. Par une décision du 10 mars 2016, le directeur d'unité a refusé l'accès de M. A B au centre nucléaire de production d'électricité (CNPE) de Flamanville. La société Cerap a mis fin au contrat de travail de M. A B le 1er juillet 2016, dans le cadre d'une rupture conventionnelle. Ce dernier est employé par la société Ceftic depuis le 5 septembre 2016, en qualité de formateur en matière de sécurité et de radioprotection. Ce poste implique, selon l'employeur, des " journées d'immersion " sur site nucléaire. M. A B, inscrit en 2017 à une journée d'immersion sur le site nucléaire de Romans-Sur-Isère, n'a pu obtenir un accès afin d'y assister sans que son employeur ne puisse avoir connaissance des motifs de ce refus. Par un courrier du 25 janvier 2019, M. A B a demandé au ministre de l'intérieur, d'une part, l'autorisation d'accéder au site de Framatome pour une immersion professionnelle afin de procéder au renouvellement de son agrément de formateur et, d'autre part, l'indemnisation des préjudices qu'il estime avoir subis à la suite de la rupture de son contrat de travail avec la société Cerap. En l'absence de réponse, il a saisi le juge des référés du tribunal administratif de Paris, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, afin qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur ou à tout autre ministre compétent de lui délivrer une autorisation d'accéder au site nucléaire de Framatome situé à Romans-sur-Isère ou tout autre site pour y effectuer une journée de formation. Par une ordonnance du 10 mai 2019, le juge des référés a enjoint au ministre de la transition écologique et solidaire de réexaminer la situation de l'intéressé. Par une décision du 24 mai 2019, le ministre de la transition écologique et solidaire a confirmé que ces services n'ont formulé aucune objection quant au fait que l'entrée de M. A B, sur le site de Romans-sur-Isère, soit autorisée par la société Framatome dans le cadre de la journée d'immersion.

3. Par les présentes requêtes, M. A B doit être regardé comme demandant, d'une part, l'annulation de la décision implicite par laquelle le ministre de la transition écologique et solidaire a rejeté son recours administratif préalable obligatoire formé le 25 janvier 2019 contre la décision lui ayant refusé l'accès au centre nucléaire de production d'électricité de Romans-sur-Isère et a refusé de lui communiquer les motifs des décisions lui refusant l'accès à des sites nucléaires, d'autre part, la condamnation de l'Etat à l'indemniser de ses préjudices.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

4. M. A B a été admis à l'aide juridictionnelle partielle par deux décisions du bureau d'aide juridictionnelle du 10 septembre 2019. Dans ces conditions, ses conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire sont devenues sans objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur la demande d'annulation de la décision implicite de rejet du recours administratif préalable obligatoire :

5. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier qu'à la suite de l'ordonnance du 10 mai 2019 du juge des référés du tribunal administratif de Paris, la ministre de la transition écologique et solidaire a procédé au réexamen de la situation de M. A B. Par une décision du 24 mai 2019, elle a indiqué que le service enquêteur avait rendu, le 21 mars 2019, un avis sans aucune objection à l'accès à un site nucléaire et a confirmé qu'elle n'exprimait aucune objection à propos de l'accès de l'intéressé au site de Romans-sur-Isère dans le cadre de la journée d'immersion. Cette décision du 24 mai 2019 a implicitement mais nécessairement eu pour effet de rapporter la décision implicite de rejet née du silence gardée par la ministre sur le recours administratif préalable obligatoire formé par M. A B. Par suite, ainsi que le fait valoir en défense la ministre de la transition écologique et solidaire, les conclusions de la requête tendant à l'annulation de ce refus implicite sont sans objet.

Sur la demande d'annulation du refus de communiquer les motifs des décisions de refus d'accès :

6. Il ressort des pièces du dossier et en particulier du recours administratif préalable obligatoire présenté par M. A B, le 25 janvier 2019, que l'intéressé a sollicité les raisons pour lesquelles l'accès au site de Framatome situé à Romans-sur-Isère lui a été refusé. Dans ces conditions, il n'est pas recevable à demander, dans le cadre de la présente instance, l'annulation de la décision de la ministre de la transition écologique et solidaire en tant qu'elle lui aurait refusé de lui communiquer les motifs des décisions lui ayant refusé l'accès à d'autres sites. En outre, l'autorité administrative n'était, en tout état de cause, pas tenue de lui communiquer les motifs liés à un refus d'accès alors qu'elle a émis le 24 mai 2019 une réponse favorable à sa demande tel que cela a été exposé au point 5 du présent jugement.

Sur les conclusions aux fins d'indemnisation :

En ce qui concerne la responsabilité de l'Etat :

7. En premier lieu, M. A C n'est pas fondé se prévaloir d'une faute de l'Etat résultant, par principe, du recueil d'informations à son sujet alors que les dispositions de l'article L. 114-1 du code de la sécurité intérieure instaure une procédure d'enquêtes administratives, pouvant donner lieu à la consultation de traitements automatisés de données à caractère personnel, notamment pour l'exercice des missions relevant de la sécurité.

8. En deuxième lieu, si M. A B se prévaut de l'illégalité de la décision de 2016 lui ayant refusé l'accès au site de Flamanville et demande en conséquence la réparation d'un préjudice financier correspondant à une perte de revenus depuis le mois de septembre 2016 et à une perte de chance d'évolution de sa carrière au sein de la société Cerap à la suite de la rupture conventionnelle de son contrat de travail, il résulte de l'instruction que la décision du 10 mars 2016, par laquelle l'accès au site de Flammanville lui a été refusé, a été prise par le directeur de l'unité du centre nucléaire de production d'électricité (CNPE) de Flammanville et non par l'Etat, en l'absence de recours administratif préalable obligatoire exercé à l'encontre de cette décision. Dans ces conditions, M. A B n'est, en tout état de cause, pas fondé à demander que l'indemnisation des préjudices qu'il estime avoir subis à la suite de cette décision de refus du 10 mars 2016, soit mise à la charge de l'Etat.

9. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que M. A B a demandé en 2017, par l'intermédiaire de son employeur, l'accès à la centrale de Romans-sur-Isère. Il a reçu de la part d'un collaborateur de la société Framatome, M.F.P. Responsable radioprotection, une décision de rejet le 6 mars 2018, sous la forme d'un courriel. M. A B a saisi le ministre de l'intérieur, le 25 janvier 2019, d'une demande d'accès au site de Framatome. Ce courrier du 25 janvier 2019 doit être considéré comme l'exercice du recours administratif préalable obligatoire prévu par l'article R. 1332-33 du code de la défense. L'autorité qui n'est pas compétemment saisie d'une demande est réputée, eu égard à l'obligation qui lui incombe en application de l'article L. 114-2 du code des relations entre le public et l'administration, l'avoir transmise à l'autorité compétente, en l'espèce la ministre de la transition écologique et solidaire. Le silence gardé pendant deux mois par cette dernière sur la demande de M. A B a ainsi donné naissance à une décision implicite de rejet le 28 mars 2019, avant que n'intervienne la décision favorable du 24 mai 2019. En prenant une décision implicite refusant à M. A B l'accès au site de Framatome, sans établir le motif sur lequel cette décision était fondée, la ministre de la transition écologique et solidaire a entaché son refus initial d'illégalité et, ainsi, a commis une faute engageant la responsabilité de l'Etat.

En ce qui concerne les préjudices :

10. A la date du 28 mars 2019, M. A B était embauché par la société Ceftic. L'intéressé, qui exerçait toujours une activité professionnelle entre le 28 mars et le 24 mai 2019, ne peut se prévaloir d'un préjudice financier correspondant à une perte de revenus entre le 28 mars 2019, date de la décision implicite de rejet, et la décision du 24 mai 2019, par laquelle la ministre de la transition écologique et solidaire a confirmé son autorisation d'accéder au site Framatome pour une journée d'immersion. En revanche, compte tenu notamment du contexte dans lequel elle est intervenue, la décision fautive du 28 mars 2019 lui a causé un préjudice moral dont il sera fait une juste appréciation en allouant à M. A B une somme de 1 500 euros.

11. Il résulte de tout ce qui précède que l'Etat doit être condamné à verser à M. A C la somme de 1 500 euros en réparation de son préjudice moral sans qu'il soit besoin de saisir le Conseil d'Etat d'une question préjudicielle.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

12. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation et fait droit partiellement aux conclusions indemnitaires présentées par M. A B, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

13. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Teelokee, avocate de M. A C, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 200 euros.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions des requêtes tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : L'Etat est condamné à verser une somme de 1 500 euros à M. A C en réparation de son préjudice moral.

Article 3 : L'Etat versera à Me Teelokee la somme de 1 200 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 4 : Le surplus des conclusions des requêtes n° 1905674 et 1905676 est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. D A B, à Me Teelokee, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 9 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. L'Hôte, président,

M. Heintz, premier conseiller,

Mme Bardad, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 janvier 2023.

La rapporteure,Le président,

N. BARDADV. L'HÔTE

La greffière,

L. ROUYER

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2, 1905676

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