Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2602529

mardi 1 septembre 2026

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2602529
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantKOURAVY MOUSSA-BE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 juin 2026, M. B... A..., représenté par Me Kouravy Moussa-Bé, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision implicite par laquelle le préfet de Mayotte a implicitement refusé de lui proposer un rendez-vous afin d’enregistrer sa demande de titre de séjour.

2°) d’enjoindre au préfet de Mayotte de lui accorder une date de rendez-vous dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et de le munir d’une attestation de prolongation d’instruction le temps de l’instruction de sa demande ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros au titre de l’article L.761-1 Code de la justice administrative.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
le code de justice administrative.


Le président du tribunal a désigné M. Gueguein, vice-président, en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, pour statuer par ordonnance dans les cas prévus aux 1° à 7° de cet article.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / (…) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / (…) ».

2. La convocation de l’étranger par l’autorité administrative à la préfecture afin qu’il y dépose sa demande de titre de séjour, qui n’a d’autre objet que de fixer la date à laquelle il sera, en principe, procédé à l’enregistrement de sa demande dans le cadre de la procédure devant conduire à une décision sur son droit au séjour, ne constitue pas une décision faisant grief, susceptible de faire l’objet d’un recours pour excès de pouvoir. De même, la démarche par laquelle l’étranger sollicite un tel rendez-vous ne peut être regardée comme constituant une demande sur laquelle le silence gardé par l’autorité administrative vaudrait décision implicite de rejet. Dans une telle hypothèse, il appartient seulement à l’étranger, qui a le droit de voir sa situation examinée dans un délai raisonnable, de saisir le juge des référés statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, s’il s’y croit fondé, d’une demande tendant à ordonner toute mesure qu’il estime utile pour l’obtention d’un rendez-vous.

3. Ainsi qu’il vient d’être dit, le silence gardé par l’administration sur une demande de rendez-vous n’ayant pas pour effet de faire naître une décision, M. A... n’est pas recevable à contester une prétendue décision implicite de rejet d’une demande de titre de séjour ou d’un prétendu refus implicite de convocation. Dans ces conditions, les conclusions présentées à ce titre sont irrecevables et la requête de M. A... doit être rejetée en application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E:


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....


Fait à Mamoudzou, le 1er septembre 2026.


Le président de la 3ème chambre,



S. GUEGUEIN

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.