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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2005872

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2005872

mardi 29 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2005872
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSARL PY CONSEIL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 7 octobre 2020, le 13 décembre 2021 et le 14 mars 2022, RBO Ingénierie, représenté par Me Py, demande au tribunal :

1°) d'annuler le marché public de faisabilité portant sur la réhabilitation d'installations d'assainissement non collectif, référencé 19/068-YI ;

2°) de condamner le syndicat mixte du lac d'Annecy à lui verser une indemnité totale de 14 120 euros en réparation des préjudices causés par son éviction irrégulière du contrat cité au 1°) ;

3°) de mettre à la charge du syndicat mixte du lac d'Annecy la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

RBO Ingénierie soutient que :

- elle a été irrégulièrement évincée et les vices entachant la validité du contrat sont tous en rapport direct avec l'intérêt lésé dont elle se prévaut ;

- classée deuxième, elle avait des chances sérieuses d'emporter le marché ; contrairement à ce que soutient le pouvoir adjudicateur en défense, son offre n'était pas anormalement basse pour présenter un écart de 26% avec celle de l'attributaire, mais révèle simplement une politique commerciale compétitive ; en outre, il n'a jamais été demandé aucune précision ni justification sur le montant de son offre en cours de procédure ;

- la candidature de l'attributaire aurait dû être écartée, en application de l'article L. 2142-1 du code de la commande publique et du 12° de l'article 3 de l'arrêté du 22 mars 2019, dans la mesure où le code APE 790B détenu révèle qu'il exerce une activité sans lien avec le corps de métier de l'ingénierie et des études techniques, objet du marché en litige ; à défaut d'être écartée au stade des candidature, son offre aurait dû être déclarée irrégulière pour non-conformité au règlement de la consultation ; le syndicat mixte du lac d'Annecy a commis sur ce point une erreur manifeste d'appréciation des garanties professionnelles offertes par la société RBO Ingénierie et la société A.D. Environnement ;

- s'agissant du critère technique " item 1, organigramme et CV des membres intervenants dans le cadre du marché ", le pouvoir adjudicateur a commis une erreur manifeste d'appréciation en ne lui attribuant qu'une note d'1,5 sur 4, l'appréciation littérale révélant que son offre a été dépréciée pour un motif erroné. En effet, son offre technique démontre que deux personnes expérimentées en étude d'assainissement auraient réalisé des missions de terrain ; en outre, en application de l'article R. 2142-13 du code de la commande public tel qu'interprété par la jurisprudence du Conseil d'Etat, les garanties professionnelles doivent s'apprécier au regard des seuls associés. Dès lors, il ne pouvait légalement lui être reproché de recourir ponctuellement à la sous-traitance pour honorer une commande (article R. 2142-3 du code de la commande publique), ni de ne pas disposer d'autant de salariés que d'autres sociétés ayant soumissionné, dès lors que la commande pouvait être honorée dans le respect des règles de l'art ; ainsi, la décote de 2,5 points sur ce sous-critère ne peut procéder que d'une démarche discriminatoire ;

- s'agissant du critère technique " item 2, description des conditions d'intervention pour les différentes phases de l'étude ", le critère n'était pas suffisamment précis et autorisait une notation arbitraire ; en outre, les prétendus éléments manquants de son offre, avancés par le pouvoir adjudicateur pour justifier la note attribuée de 2,4/6, concernent non pas l'item 2, mais l'item 4 ; le pouvoir adjudicateur a donc également entaché la notation de cet item d'erreur manifeste d'appréciation ;

- s'agissant du critère technique " item 4, présentation d'un rapport d'étude type (20 EH et )20 EH ", la note attribuée de 2,4/6 est entachée d'erreur manifeste d'appréciation. En effet, d'une part, le pouvoir adjudicateur ne pouvait légalement lui reprocher une absence de hiérarchie des modes d'évacuation des eaux traitées dans la mesure où lesdits modes d'évacuation sont imposés par un arrêté du 7 septembre 2009 ; d'autre part et contrairement à ce qu'affirme l'appréciation littérale fondant la décote, l'arrêté du 7 septembre 2009 est cité à propos à des fins relatives à l'infiltration et à l'évacuation des eaux traitées ; par ailleurs, la circonstance que le dispositif préconisé dans son offre ne respecte pas les performances épuratoires imposées par l'arrêté de 2015 ne saurait fonder une décote dans la mesure où ce point ne figurait pas parmi les critères de notation ; en tout état de cause, elle avait proposé dans son offre les rendements épuratoires imposés par les dispositions de l'arrêté du 21 juillet 2015 ;

- les irrégularités mises en lumière ne peuvent pas être couvertes par une mesure de régularisation et ne permettent pas la poursuite de l'exécution du contrat ; ce dernier devra donc être annulé, dans la mesure où une telle annulation ne portera pas atteinte à l'intérêt général ;

- les irrégularités ainsi décrites lui causent divers préjudices, dont elle demande à être indemnisée : elle a engagé des frais pour répondre à l'offre à hauteur de 3 850 euros (soit 550 euros sur 7 jours de travail) ; elle demande à être indemnisée de son manque à gagner à hauteur de 5 270 euros, tenant compte d'un taux de marge de 10,84% ; elle a subi une perte de chiffre d'affaires dont elle demande à être indemnisée à hauteur de 5 000 euros.

Par des mémoires en défense enregistrés le 2 mars 2021 et le 31 janvier 2022, le syndicat mixte du lac d'Annecy conclut au rejet de la requête et demande qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de RBO Ingénierie au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Le syndicat mixte du lac d'Annecy fait valoir que :

- s'agissant des conclusions aux fins de contestation de validité du contrat, les griefs articulés par la requérante à l'encontre du marché ne sont pas fondés.

- s'agissant des conclusions indemnitaires, la requérante était dépourvue de toute chance d'emporter le marché, son offre étant anormalement basse ; RBO ingénierie n'a donc droit à aucune indemnité ;

- à titre subsidiaire, elle ne justifie pas de la réalité de son préjudice.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la commande publique ;

- l'arrêté du 7 septembre 2009 fixant les prescriptions techniques applicables aux installations d'assainissement non collectif recevant une charge brute de pollution organique inférieure ou égale à 1,2 kg/j de DBO5 ;

- l'arrêté du 21 juillet 2015 relatif aux systèmes d'assainissement collectif et aux installations d'assainissement non collectif, à l'exception des installations d'assainissement non collectif recevant une charge brute de pollution organique inférieure ou égale à 1,2 kg/j de DBO5 ;

- l'arrêté du 22 mars 2019 fixant la liste des renseignements et des documents pouvant être demandés aux candidats aux marchés publics ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 15 novembre 2022 :

- le rapport de Mme B,

- les conclusions de M. A,

- les observations de Me Py, représentant RBO Ingénierie,

- et les observations de Me Magana, représentant le syndicat mixte du lac d'Annecy.

Considérant ce qui suit :

1. Début 2020, la société RBO Ingénierie a soumissionné à un marché d'études de faisabilité portant sur la réhabilitation d'installations d'assainissement non collectif, passé par le syndicat mixte du lac d'Annecy (ci-après SILA) en utilisant la technique d'achat de l'accord-cadre en application du 1° de l'article L. 2125-1 du code de la commande publique. Dans la présente instance, la société RBO Ingénierie, classée deuxième et estimant avoir été irrégulièrement évincée de la procédure, demande au Tribunal d'annuler le marché notifié à la société A.D. Environnement. Elle formule également des conclusions indemnitaires tendant à la réparation de son préjudice.

Sur les conclusions aux fins de contestation de la validité du contrat et les conclusions indemnitaires:

2. Indépendamment des actions dont disposent les parties à un contrat administratif et des actions ouvertes devant le juge de l'excès de pouvoir contre les clauses réglementaires d'un contrat ou devant le juge du référé contractuel sur le fondement des articles L. 551-13 et suivants du code de justice administrative, tout tiers à un contrat administratif susceptible d'être lésé dans ses intérêts de façon suffisamment directe et certaine par sa passation ou ses clauses est recevable à former devant le juge du contrat un recours de pleine juridiction contestant la validité du contrat ou de certaines de ses clauses non réglementaires qui en sont divisibles. Cette action devant le juge du contrat est également ouverte aux membres de l'organe délibérant de la collectivité territoriale ou du groupement de collectivités territoriales concerné ainsi qu'au représentant de l'Etat dans le département dans l'exercice du contrôle de légalité. Si le représentant de l'Etat dans le département et les membres de l'organe délibérant de la collectivité territoriale ou du groupement de collectivités territoriales concerné, compte tenu des intérêts dont ils ont la charge, peuvent invoquer tout moyen à l'appui du recours ainsi défini, les autres tiers ne peuvent invoquer que des vices en rapport direct avec l'intérêt lésé dont ils se prévalent ou ceux d'une gravité telle que le juge devrait les relever d'office. Le tiers agissant en qualité de concurrent évincé de la conclusion d'un contrat administratif ne peut ainsi, à l'appui d'un recours contestant la validité de ce contrat, utilement invoquer, outre les vices d'ordre public, que les manquements aux règles applicables à la passation de ce contrat qui sont en rapport direct avec son éviction.

3. Saisi ainsi par un tiers dans les conditions définies ci-dessus, de conclusions contestant la validité du contrat ou de certaines de ses clauses, il appartient au juge du contrat, après avoir vérifié que l'auteur du recours autre que le représentant de l'Etat dans le département ou qu'un membre de l'organe délibérant de la collectivité territoriale ou du groupement de collectivités territoriales concerné se prévaut d'un intérêt susceptible d'être lésé de façon suffisamment directe et certaine et que les irrégularités qu'il critique sont de celles qu'il peut utilement invoquer, lorsqu'il constate l'existence de vices entachant la validité du contrat, d'en apprécier l'importance et les conséquences. Ainsi, il lui revient, après avoir pris en considération la nature de ces vices, soit de décider que la poursuite de l'exécution du contrat est possible, soit d'inviter les parties à prendre des mesures de régularisation dans un délai qu'il fixe, sauf à résilier ou résoudre le contrat. En présence d'irrégularités qui ne peuvent être couvertes par une mesure de régularisation et qui ne permettent pas la poursuite de l'exécution du contrat, il lui revient de prononcer, le cas échéant avec un effet différé, après avoir vérifié que sa décision ne portera pas une atteinte excessive à l'intérêt général, soit la résiliation du contrat, soit, si le contrat a un contenu illicite ou s'il se trouve affecté d'un vice de consentement ou de tout autre vice d'une particulière gravité que le juge doit ainsi relever d'office, l'annulation totale ou partielle de celui-ci. Il peut enfin, s'il en est saisi, faire droit, y compris lorsqu'il invite les parties à prendre des mesures de régularisation, à des conclusions tendant à l'indemnisation du préjudice découlant de l'atteinte à des droits lésés.

En ce qui concerne les manquements allégués ayant conduit à retenir indûment l'attributaire :

4. Aux termes de l'article L. 2142-1 du code de la commande publique : " L'acheteur ne peut imposer aux candidats des conditions de participation à la procédure de passation autres que celles propres à garantir qu'ils disposent de l'aptitude à exercer l'activité professionnelle, de la capacité économique et financière ou des capacités techniques et professionnelles nécessaires à l'exécution du marché./ Ces conditions sont liées et proportionnées à l'objet du marché ou à ses conditions d'exécution.". Aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 22 mars 2019 susvisé : " I. - Dans la mesure où ils sont nécessaires à l'appréciation des capacités techniques et professionnelles des candidats, l'acheteur peut exiger un ou plusieurs renseignements ou documents figurant dans la liste ci-dessous. Pour les marchés publics autres que de défense ou de sécurité, cette liste est limitative. () 12° Des certificats de qualification professionnelle établis par des organismes indépendants. Dans ce cas, l'acheteur accepte tout moyen de preuve équivalent ainsi que les certificats équivalents d'organismes établis dans d'autres Etats membres ; () ".

5. Il résulte de l'instruction que l'accord-cadre en litige vise à déterminer, par un bureau d'études, la filière d'assainissement réglementaire à mettre en place dans le cadre de travaux ultérieurs de réhabilitation d'une installation d'assainissement non collectif. La nature de la prestation attendue a été précisée par la classification CPV (vocabulaire commun pour les marchés publics de l'Union européenne) 71300000-1 Services d'ingénierie figurant notamment à l'article 1.6 du règlement de la consultation. Par cette indication, le pouvoir adjudicateur n'a toutefois pas entendu exiger des candidats un quelconque certificat professionnel au sens des dispositions de l'arrêté cité au point précédent. La société RBO ingénierie n'est donc pas fondée à soutenir qu'en application des dispositions citées au point précédent, la candidature de l'attributaire aurait dû être déclarée irrégulière dès lors que son activité ne correspondrait pas, selon la société RBO ingénierie, au code CPV figurant dans le règlement de la consultation.

6. En outre, la société RBO ingénierie ne fonde sur aucun texte ni principe son affirmation selon laquelle les candidats à un marché public devraient posséder un code Insee APE (pour activité principale exercée) identique ou similaire au code CPV mentionné par le pouvoir adjudicateur dans les avis de marché. Dès lors, elle n'est pas fondée à soutenir que la candidature et/ou l'offre de la société attributaire aurait dû être écartée comme irrégulière au motif que son code APE 7490B (" activités spécialisées, scientifiques et techniques diverses ") l'aurait disqualifiée pour exécuter les prestations du marché en litige.

En ce qui concerne les manquements allégués ayant conduit à disqualifier à tort son offre:

7. Aux termes de l'article R. 2152-7 du code de la commande publique : " Pour attribuer le marché au soumissionnaire ou, le cas échéant, aux soumissionnaires qui ont présenté l'offre économiquement la plus avantageuse, l'acheteur se fonde :/ 2° () sur une pluralité de critères non-discriminatoires et liés à l'objet du marché ou à ses conditions d'exécution, parmi lesquels figure le critère du prix ou du coût et un ou plusieurs autres critères comprenant des aspects qualitatifs, environnementaux ou sociaux. Il peut s'agir des critères suivants :/ a) La qualité, y compris la valeur technique et les caractéristiques esthétiques ou fonctionnelles, l'accessibilité, l'apprentissage, la diversité, les conditions de production et de commercialisation, la garantie de la rémunération équitable des producteurs, le caractère innovant, les performances en matière de protection de l'environnement, de développement des approvisionnements directs de produits de l'agriculture, d'insertion professionnelle des publics en difficulté, la biodiversité, le bien-être animal ;/ b) Les délais d'exécution, les conditions de livraison, le service après-vente et l'assistance technique, la sécurité des approvisionnements, l'interopérabilité et les caractéristiques opérationnelles ;/ c) L'organisation, les qualifications et l'expérience du personnel assigné à l'exécution du marché lorsque la qualité du personnel assigné peut avoir une influence significative sur le niveau d'exécution du marché./ D'autres critères peuvent être pris en compte s'ils sont justifiés par l'objet du marché ou ses conditions d'exécution. () ". Aux termes de l'article 8.2 du règlement de la consultation du marché en litige, les offres étaient jugées sur deux critères, à savoir le prix et la valeur technique, représentant respectivement 60 % et 40 %. Le critère technique était lui-même divisé en cinq sous-critères, parmi lesquels : l'item 1 " organigramme et CV des membres intervenant dans le cadre du marché (détails des expériences en matière d'assainissement non collectif) ", noté sur 4 points ; l'item 2 " description détaillée des conditions d'intervention pour les différentes phases de l'étude avec la précision des délais correspondants ", noté sur 6 points ; l'item 4 " présentation d'un rapport d'étude type = 20 Equivalents-habitants et )20 EH (y compris schéma d'implantation type et profil en long de l'installation d'assainissement non collectif projetée) ", noté sur 6 points. Le règlement de la consultation précise que " les items de la valeur technique seront notés de la manière suivante :- offre insuffisante : de 0% à 25% du nombre de points/ -offre moyenne : de 25% à 50% du nombre de points/ -offre satisfaisante : 50% à 75% du nombre de points/ -offre très satisfaisante : 75% à 100% du nombre de points ".

8. En premier lieu, s'agissant de l'item 1 précité " organigramme et CV des membres intervenant dans le cadre du marché (détails des expériences en matière d'assainissement non collectif) ", la société RBO ingénierie a obtenu la note de 1,5/4. Tout d'abord, la requérante procède par pure affirmation en énonçant que le pouvoir adjudicateur aurait dû fonder sa notation au regard des seuls associés des sociétés candidates, alors au demeurant que le c) du 2° de l'article R. 2152-7 précité du code de la commande publique en dispose autrement. Ensuite, il ne résulte pas de l'instruction que son intention de recourir à un sous-traitant ait été sanctionnée par le pouvoir adjudicateur. Enfin, aux termes du mémoire technique de la société RBO, seul son président produisait un CV relatant son expérience en matière d'assainissement de l'eau. Par suite, la société RBO ingénierie n'est pas fondée à soutenir que le pouvoir adjudicateur aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en jugeant son offre moyenne au titre de l'item 1 du critère technique qui, contrairement à ce qu'affirme la requérante, n'est pas discriminatoire.

9. En deuxième lieu et d'une part, aux termes de l'article L. 2152-7 du code de la commande publique : " Le marché est attribué au soumissionnaire ou, le cas échéant, aux soumissionnaires qui ont présenté l'offre économiquement la plus avantageuse sur la base d'un ou plusieurs critères objectifs, précis et liés à l'objet du marché ou à ses conditions d'exécution. ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient au pouvoir adjudicateur de déterminer l'offre économiquement la plus avantageuse en se fondant sur des critères permettant d'apprécier la performance globale des offres au regard de ses besoins. Ces critères doivent être liés à l'objet du marché ou à ses conditions d'exécution, être définis avec suffisamment de précision pour ne pas laisser une marge de choix indéterminée et ne pas créer de rupture d'égalité entre les candidats. Le pouvoir adjudicateur détermine librement la pondération des critères de choix des offres.

10. D'autre part, le cahier des clauses techniques particulières (CCTP) précise le cadre des études de faisabilité qui seront réalisées par le titulaire de l'accord cadre. En effet, les propriétaires de parcelles dont la construction est notamment située en zonage d'assainissement non collectif devront pour certains mettre en place dans les meilleurs délais une installation d'assainissement non collectif réglementaire ou réhabiliter les dispositifs existants non conformes. Lesdits propriétaires pourront bénéficier d'une subvention publique, sous réserve de réaliser une étude de faisabilité sous maîtrise d'ouvrage publique, dont l'objectif est de définir, à l'échelle de la parcelle, les conditions techniques et financières des travaux de réhabilitation. Aux termes de l'article 3 du CCTP " contenu de l'étude " : " 3.1 Analyse de la situation existante () Le rapport du bureau d'études contiendra les éléments suivants:/ Type de projet ()/ Caractéristiques du logement ()/ Caractéristiques du dispositif existant : ()/ Exutoires (fossé, rivière, puits, etc),/ Identification de toutes les sorties d'eaux usées de la construction et de leur profondeur./ Contraintes existantes du terrain : Identification des réseaux et ouvrages existants (AEP, EDF, Gaz, Télécom, eaux pluviales, puits) et leurs caractéristiques ()/ Signalement des contraintes locales (arrêtés municipaux et règles d'urbanisme du POS/PLU à vérifier) au cas où les dispositions sont plus contraignantes que la réglementation en vigueur (il appartient au bureau d'études de contacter le service compétent pour consulter les documents d'urbanisme nécessaires). () 3.3 Etablissement du rapport d'étude:/ Chaque étude de faisabilité devra comporter:/ Un rapport reprenant les éléments mentionnés aux articles 3-1 et 3-2. ()/ Un schéma d'implantation réalisé sur logiciel DAO () de l'installation préconisée sur lequel seront reportés :-les limites parcellaires ()/ l'accès pour la réalisation des travaux (si différent de l'accès à l'habitation)/- les réseaux et ouvrages existants () ;/ () Le coût estimatif des travaux de réhabilitation () ".

11. S'agissant de l'item 2 " description détaillée des conditions d'intervention pour les différentes phases de l'étude avec la précision des délais correspondants ", la société RBO Ingénierie a obtenu la note de 2,4/6. Eu égard au libellé explicite de ce sous-critère combiné à la précision des stipulations précitées de l'article 3 du CCTP, la société RBO Ingénierie n'est pas fondée à soutenir que ce sous-critère serait insuffisamment précis.

12. Ensuite, la société RBO reproche au pouvoir adjudicateur d'avoir déprécié à tort son offre de 3,6 points. Toutefois, il résulte de l'instruction, notamment de l'offre technique de la requérante, que les plans présentés se bornaient à identifier les réseaux hydrauliques existants, à l'exclusion des autres ouvrages présents (EDF GAZ), en méconnaissance de l'article 3 du CCTP. Il ne résulte pas de l'instruction que le contexte d'urbanisme local ait été pris en compte, ni le coût estimatif des travaux. A supposer même, compte tenu de la formulation des sous-critères, que l'item 4 ait été plus approprié que l'item 2 pour noter certains de ces éléments, il est constant, d'une part, que lesdits éléments entraient dans l'évaluation des offres et, d'autre part, que ces éléments ont été évalués en l'espèce au titre du seul item 2, ce qui exclut que l'offre de la société requérante ait été dépréciée à tort deux fois sur un même point. Dès lors que l'offre de la société RBO était lacunaire sur les points précités, sa note sur le critère technique a été à bon droit dépréciée par le pouvoir adjudicateur dans des proportions dont il ne résulte pas de l'instruction qu'elles seraient entachées d'erreur manifeste d'appréciation. Pour les motifs énoncés précédemment, la société RBO n'établit pas que le pouvoir adjudicateur aurait fait une application erronée des sous-critères techniques annoncés dans le règlement de la consultation.

13. En troisième lieu, s'agissant de l'item 4 " présentation d'un rapport d'étude type = 20 Equivalents-habitants et )20 EH (y compris schéma d'implantation type et profil en long de l'installation d'assainissement non collectif projetée) ", la société RBO Ingénierie a obtenu la note de 2,4/6. Au titre de ce sous-critère, le candidat a établi deux rapports d'étude fictifs, l'un concernant une parcelle recevant une charge inférieure ou égale à 20 équivalents habitants, l'autre concernant une parcelle recevant une charge supérieure à 20 équivalents habitants. Il est constant que le premier rapport (= 20 EH) relève d'une réglementation fixée par l'arrêté susvisé du 7 septembre 2009, tandis que le deuxième rapport ()20 EH) relève de l'arrêté susvisé du 21 juillet 2015.

14. D'une part, s'agissant du premier rapport (= 20 EH), le pouvoir adjudicateur a estimé que la requérante ne hiérarchisait pas les modes d'évacuation des eaux traitées et a commis une erreur de justification de préconisation de tranchées d'épandage en traitement. RBO ingénierie conteste le premier reproche au motif que les modes d'évacuation seraient imposés par la réglementation, donc non susceptibles d'être soumis à notation. Toutefois, en proposant indifféremment l'infiltration, le rejet dans le milieu superficiel ou un puit d'infiltration, la requérante s'est abstenue d'analyser/hiérarchiser les modes d'évacuation disponibles au regard de la réglementation qui, de son aveu même, serait prescriptive sur ce point.

15. D'autre part, s'agissant du deuxième rapport ()20 EH), le pouvoir adjudicateur reproche à RBO Ingénierie de se référer à tort à plusieurs reprises à l'arrêté de 2009 et de ne présenter aucune garantie quant aux performances épuratoires du dispositif préconisé. Même si le requérant admet que ce deuxième cas pratique relevait de l'arrêté du 21 juillet 2015, il estime avoir cité l'arrêté du 7 septembre 2009 " à des fins techniques ", sans toutefois établir que ces citations étaient justifiées en l'espèce. Par ailleurs, s'il est vrai que les critères de notation doivent être précis, ainsi qu'il a été dit au point 9, la précision de leur énoncé ne saurait toutefois retirer au pouvoir adjudicateur toute marge d'appréciation dans la notation. Ainsi, dès lors qu'il est constant que l'arrêté du 21 juillet 2015 régit les performances épuratoires, RBO ingénierie n'est pas fondée à soutenir que son offre ne pouvait être évaluée sur ce point, qu'elle avait au demeurant bien intégré en proposant une microstation d'épuration " d'un constructeur assurant le rendement épuratoire minimum réglementaire ", c'est-à-dire conforme à l'arrêté du 21 juillet 2015. Toutefois la société requérante ne conteste pas le motif de dépréciation de son offre sur ce point tiré de l'absence de garantie fournie quant au rendement épuratoire proposé.

16. Il résulte de ce qui a été dit aux points 14 et 15 que la société RBO Ingénierie n'est pas fondée à soutenir que l'item 4 serait insuffisamment précis ou que la notation de son offre sur cet item serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins de contestation de la validité du contrat doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions indemnitaires.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

18. Les conclusions présentées par RBO Ingénierie, la partie perdante, doivent être rejetées. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la société RBO Ingénierie la somme demandée par le syndicat mixte du lac d'Annecy au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de RBO Ingénierie est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par le syndicat mixte du lac d'Annecy au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3: Le présent jugement sera notifié à la RBO Ingénierie, au Syndicat mixte du lac d'annecy et à la Société ad environnement.

Délibéré après l'audience du 15 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Vial-Pailler, président,

Mme Frapolli, premier conseiller,

Mme Fourcade, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 novembre 2022.

Le rapporteur,

I. B

Le président,

C. VIAL-PAILLER

Le greffier,

G. MORAND

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

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