lundi 14 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2006107 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP ARBOR TOURNOUD & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 20 octobre 2020 et 27 décembre 2021, l'EURL FNE, représentée par Me Pignier, demande au tribunal :
1°) de lui accorder la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée auxquels elle a été assujettie au titre de la cession de quatre appartements en 2015 et 2016 et des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les actes authentiques mentionnant un taux de taxe sur la valeur ajoutée erroné ne sauraient être assimilés à des factures au sens des articles 289 II et 283 3° du code général des impôts ;
- les cessions immobilières en litige sont soumises au taux réduit de 5,5 % en application de l'article 278 sexies 11° du code général des impôts ;
- le taux réduit de 5,5 % a effectivement été appliqué à la cession de ces quatre biens ;
- l'administration fiscale n'est pas fondée à subordonner l'abandon des rappels à la conclusion d'actes de ventes rectificatifs dès lors qu'il est constant que les ventes en litige ont toutes été réalisées au profit de particuliers et que le risque de perte de recettes fiscales est écarté en l'espèce.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 avril 2021, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Coutarel, première conseillère,
- et les conclusions de M. Journé, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. L'EURL FNE, qui exerce une activité principale de promotion et de construction immobilière, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité ayant porté sur la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2017 en matière de taxe sur la valeur ajoutée. A l'issue de ce contrôle, elle a notamment été assujettie à des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de quatre cessions immobilières relatives à des appartements en état futur d'achèvement intervenues en 2015 et 2016, fondés sur la discordance entre le taux de taxe sur la valeur ajoutée mentionné à 20 % sur les actes notariés et le taux de 5,5 % comptabilisé et versé au Trésor. La réclamation présentée par l'EURL FNE ayant fait l'objet d'une décision de rejet le 10 août 2020, elle demande au tribunal la décharge de ces impositions et des pénalités correspondantes.
2. Aux termes du 3. de l'article 283 du code général des impôts : " " Toute personne qui mentionne la taxe sur la valeur ajoutée sur une facture est redevable de la taxe du seul fait de sa facturation. ". Cette disposition permet à l'administration d'appréhender entre les mains de celui qui l'a facturée le montant de la taxe qui est ainsi mentionné et qui est dû au Trésor de ce seul fait. La mention, dans un acte authentique de cession d'un immeuble, d'un prix de vente comprenant la taxe sur la valeur ajoutée, équivaut à la facturation de cette taxe.
3. Il résulte de l'instruction que les actes authentique de cession immobilière en litige mentionnent l'application de la taxe sur la valeur ajoutée au taux de 20 %. La seule mention de la taxe sur la valeur ajoutée dans ces actes au taux de 20 % suffisait à rendre l'EURL FNE redevable de cette taxe sans que la société requérante puisse utilement opposer la circonstance que ces actes ne comportent pas les mentions obligatoires prévues par les articles 289 II du code général des impôts et 242 nonies A de l'annexe II au même code.
4. Aux termes du 11 du I de l'article 278 sexies du code général des impôts dans sa rédaction applicable : " La taxe sur la valeur ajoutée est perçue au taux réduit de 5,5 % en ce qui concerne : / I. - Les opérations suivantes réalisées dans le cadre de la politique sociale : () / 11. Les livraisons d'immeubles et les travaux réalisés en application d'un contrat unique de construction de logements dans le cadre d'une opération d'accession à la propriété à usage de résidence principale, destinés à des personnes physiques dont les ressources à la date de signature de l'avant-contrat ou du contrat préliminaire ou, à défaut, à la date du contrat de vente ou du contrat ayant pour objet la construction du logement ne dépassent pas les plafonds prévus à la première phrase du huitième alinéa de l'article L. 411-2 du code de la construction et de l'habitation et situés dans des quartiers faisant l'objet d'une convention prévue à l'article 10 de la loi n° 2003-710 du 1er août 2003 précitée ou entièrement situés à une distance de moins de 300 mètres de la limite de ces quartiers ; () "
5. Ainsi que l'a jugé la Cour de justice des Communautés européennes dans ses arrêts C-342/87 du 13 décembre 1989, C-454/98 du 19 septembre 2000 et C-566/07 du 18 juin 2009, le principe de neutralité de la taxe sur la valeur ajoutée implique qu'une taxe indûment facturée puisse être régularisée, dès lors que l'émetteur de la facture démontre sa bonne foi ou qu'il a, en temps utile, éliminé complètement le risque de perte de recettes fiscales. Toutefois, si la société requérante soutient que les opérations litigieuses auraient dû être soumises à la taxe sur la valeur ajoutée au taux de 5,5 %, elle n'établit pas que les cessions en litige respectent effectivement les conditions imposées par le dispositif prévu à l'article 278 sexies du code général des impôts précité en se bornant à faire valoir que l'administration fiscale avait parfaitement connaissance du respect de ses conditions par les informations dont elle dispose sur les acquéreurs à raison de leurs déclarations annuelles de revenus et de leurs avis d'imposition. Dans ces conditions, l'EURL FNE n'établit pas que le taux de 20 % de taxe sur la valeur ajoutée aurait facturé par erreur.
6. Il résulte de ce qui précède que c'est à bon droit que l'administration fiscale a rappelé le montant de taxe sur la valeur ajoutée due conformément aux dispositions du 3 de l'article 283 du code général des impôts.
7. L'article 1729 du code général des impôts prévoit que " les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : a. 40 % en cas de manquement délibéré () ".
8. Pour établir le caractère délibéré du manquement reproché à la société requérante, l'administration s'est fondée sur le fait que la société requérante n'avait pas porté sur ses déclarations de taxe sur la valeur ajoutée l'intégralité de la taxe qu'elle a collectée et que ces sommes ont été encaissées et comptabilisées en utilisant un taux erroné. Elle a également relevé que l'importance du différentiel de taxe sur la valeur ajoutée ne pouvait être ignorée par une société de promotion et de construction immobilière et que ce comportement est caractéristique d'un manquement délibéré tant pour ce qui est de son montant que de sa répétition. Dans ces circonstances, l'administration apporte la preuve, qui lui incombe, de l'intention délibérée de l'EURL FNE d'éluder l'impôt. Dès lors, elle ne peut prétendre à la décharge des pénalités appliquées sur le fondement du a. de l'article 1729 du code général des impôts.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de l'EURL FNE doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er :
La requête de l'EURL FNE est rejetée.
Article 2 :Le présent jugement sera notifié à l'EURL FNE et au directeur départemental des finances publiques de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 13 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Wyss, président,
Mme A et Mme B, assesseurs.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2022.
La rapporteure,
A. B
Le président,
J-P. Wyss
La greffière,
C. Billon
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026