jeudi 29 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2108483 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP ARBOR TOURNOUD & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 13 décembre 2021 et 22 août 2022, M. C et Mme B A, représentés par Me Wolf, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2014, 2015 et 2016 et des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- par un jugement n° 1900837 du 29 avril 2021, le tribunal a épuisé sa compétence sur le seul terrain du bien-fondé de l'imposition ; ils peuvent donc présenter de nouveaux moyens ayant trait à l'irrégularité de la procédure d'imposition et aux pénalités qui sont deux causes juridiques distinctes ;
- la réclamation préalable qu'ils ont présentée le 7 juin 2021 n'était pas tardive en application des dispositions combinées des ordonnances 2020-306 du 25 mars 2020 et 2020-560 du 13 mai 2020 et de l'article R. 196-3 du livre des procédures fiscales ainsi que du premier alinéa du paragraphe n° 10 de la documentation administrative référencée BOI-DJC-COVID19-20-20 ;
- la proposition de rectification est insuffisamment motivée dès lors que l'article 111 c du code général des impôts est inapplicable à leur situation car l'identification précise des faits de distributions sous forme de rémunération ou d'avantage occulte n'a pas été rapportée et que le service ne démontre pas l'appréhension par M. A des hypothétiques revenus distribués par la société Velvet Café ;
- l'irrégularité de la procédure d'imposition de la société Velvet Café entraine la décharge des rehaussements auxquels elle a été assujettie et par voie de conséquence la décharge des impositions supplémentaires d'impôts sur les revenus mises à leur charge ;
- les contribution sociales assises sur les revenus réputés distribués sont irrégulières.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 mai 2022, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable du fait de la tardiveté du dépôt de la réclamation préalable ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le livre des procédures fiscales ;
- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période ;
- l'ordonnance n°2020-560 du 13 mai 2020 fixant les délais applicables à diverses procédures pendant la période d'urgence sanitaire ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Coutarel, première conseillère,
- les conclusions de M. Journé, rapporteur public,
- et les observations de Me Hakkar, avocat de M. et Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. En premier lieu, aux termes de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales, " Pour être recevables, les réclamations relatives aux impôts autres que les impôts directs locaux et les taxes annexes à ces impôts, doivent être présentées à l'administration au plus tard le 31 décembre de la deuxième année suivant celle () de la mise en recouvrement du rôle () ". Aux termes de l'article R. 196-3 du même du livre, " Dans le cas où un contribuable fait l'objet d'une procédure de reprise ou de rectification de la part de l'administration des impôts, il dispose d'un délai égal à celui de l'administration pour présenter ses propres réclamations ". Aux termes de l'alinéa 1 de l'article L. 169 de ce livre, " Pour l'impôt sur le revenu et l'impôt sur les sociétés, le droit de reprise de l'administration des impôts s'exerce jusqu'à la fin de la troisième année qui suit celle au titre de laquelle l'imposition est due ".
2. Les impositions supplémentaires mises à la charge de M. et Mme A résultent de la proposition de rectification en date du 13 novembre 2017. Ces sommes ont été mises en recouvrement le 30 avril 2018. Or, en application des dispositions précitées, le délai de réclamation expirait le 31 décembre 2020. Si les requérants se prévalent des dispositions des ordonnances du 25 mars 2020 et du 13 mai 2020 pour soutenir que la réclamation qu'ils ont présentée le 7 juin 2021 n'est pas tardive, la mesure de prorogation prévue par ces textes ne s'applique qu'aux délais de recours expirant entre le 12 mars et le 23 juin 2020, et n'a donc pas d'effet sur le délai de réclamation dont bénéficiaient M. et Mme A qui expirait le 31 décembre 2020.
3. En second lieu, les requérant se prévalent du premier alinéa du paragraphe n° 10 de la documentation administrative référencée BOI-DJC-COVID19-20-20, publiée le 1er mars 2021 ayant trait à la suspension du délai de reprise de l'administration. Toutefois, ces énonciations ne comportent aucune interprétation de la loi fiscale différente de celle dont il est fait application au point précédent du jugement. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à opposer cette doctrine à l'administration fiscale.
4. Il résulte de ce qui précède que la réclamation préalable présentée par M. et Mme A le 7 juin 2021 étant tardive, leur requête est, en application des dispositions précitées, irrecevable.
D E C I D E :
Article 1er :
La requête de M. et Mme A est rejetée. Article 2 :Le présent jugement sera notifié à M. C et Mme B A et départemental des finances publiques de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 15 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme E et Mme D, assesseurs.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 décembre 2022.
La rapporteure,
A. D
Le président,
T. Pfauwadel
La greffière,
C. Billon
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026