mercredi 26 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2114123 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | RODRIGUES DEVESAS |
Vu les procédures suivantes :
I - Par une requête, enregistrée le 16 décembre 2021, sous le n°'2114123, Mme A C, représentée par Me Rodrigues Devesas, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 février 2021 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a déclaré sa demande de titre de séjour irrecevable ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, à titre principal, de reprendre l'instruction de sa demande de titre de séjour, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de cent cinquante euros par jour de retard, et de lui délivrer une autorisation de travail constatant le dépôt de sa demande, sous la même condition d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 800 euros qui devra être versée à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Mme C soutient que la décision attaquée :
- est entachée d'un vice d'incompétence ;
- est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'il n'est pas établi qu'elle ait été informée de la possibilité de demander un titre de séjour au-delà du délai de trois mois après la demande d'asile ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 octobre 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par Mme C n'est fondé.
Par décision du 3 novembre 2021, la section administrative du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nantes a admis Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
II - Par une requête et un mémoire, enregistrés le 10 mars 2022 et le 19 mars 2024, sous le n°'2203115, Mme A C, représentée par Me Rodrigues Devesas, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 6 décembre 2021 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, à titre principal, de reprendre l'instruction de sa demande de titre de séjour, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de cent cinquante euros par jour de retard, et de lui délivrer une autorisation de travail constatant le dépôt de sa demande, sous la même condition d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 800 euros qui devra être versée à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Mme C soutient que la décision attaquée :
- est entachée d'un vice d'incompétence ;
- n'est pas suffisamment motivée ;
- est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
- est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet ne pouvait refuser d'enregistrer sa demande au motif que la précédente demande avait été déclarée irrecevable ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mars 2024, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par Mme C n'est fondé.
Par décision du 17 mars 2022, la section administrative du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nantes a admis Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits humains et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Jégard a été entendu au cours de l'audience publique du 5 mars 2025.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C, ressortissante congolaise née en 1972, déclare être entrée en France le 28 juin 2019. Elle a sollicité l'asile le 8 juillet 2019. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 18 septembre 2020. Elle a sollicité le 24 décembre 2020 un titre de séjour en raison de son état de santé. Par une décision du 17 février 2021, le préfet de la Loire-Atlantique a déclaré sa demande irrecevable. Par sa requête n° 2114123, Mme C sollicite l'annulation de cette décision.
2. Mme C a de nouveau sollicité un titre de séjour en raison de son état de santé. Par une décision du 6 décembre 2021, le préfet de la Loire-Atlantique a refusé d'enregistrer sa demande. Par sa requête n°'2203115, Mme C demande l'annulation de cette décision.
Sur la jonction :
3. Les requêtes visées ci-dessus concernent la situation d'une même personne et sont relatifs à des questions connexes. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur la décision d'irrecevabilité de la demande de titre de Mme C :
4. En premier lieu, la décision du 17 février 2021 a été signée par Mme B, cheffe du bureau du séjour de la préfecture de la Loire-Atlantique. Par un arrêté du 8 janvier 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de ce département l'a habilitée à signer " tous arrêtés et décisions individuelles " relatifs aux attributions du bureau qu'elle encadre, à l'exception de certains actes limitativement énumérés au nombre desquels ne figurent pas les décisions d'irrecevabilité des demandes de titres de séjour. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision du 17 février 2021 doit être écarté comme manquant en fait.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 311-37 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction en vigueur à la date de la demande d'asile de Mme C: "'Lors de l'enregistrement de sa demande d'asile, l'administration remet à l'étranger, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend, une information écrite relative aux conditions d'admission au séjour en France à un autre titre que l'asile et aux conséquences de l'absence de demande sur d'autres fondements que ceux qu'il aura invoqués dans le délai prévu à l'article D. 311-3-2 ". L'article R. 311-38 de ce code énonce : " A compter de la délivrance de l'information mentionnée à l'article R. 311-37, le demandeur d'asile qui souhaite introduire une demande de titre de séjour sur un autre fondement doit le faire dans le délai prévu au même article D. 311-3-2. / La demande de titre de séjour est déposée et instruite conformément aux dispositions du livre III du présent code ".
6. Il ressort des pièces produites par le préfet en défense que Mme C s'est bien vu notifier la notice d'information relative aux possibilités de demander un titre de séjour dès le début de l'examen par la France d'une demande d'asile dans une langue qu'elle comprend. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
7. Aux termes de l'article L. 311-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction en vigueur à la date de la décision attaquée : " Lorsqu'un étranger a présenté une demande d'asile qui relève de la compétence de la France, l'autorité administrative, après l'avoir informé des motifs pour lesquels une autorisation de séjour peut être délivrée et des conséquences de l'absence de demande sur d'autres fondements à ce stade, l'invite à indiquer s'il estime pouvoir prétendre à une admission au séjour à un autre titre et, dans l'affirmative, l'invite à déposer sa demande dans un délai fixé par décret. Il est informé que, sous réserve de circonstances nouvelles, notamment pour des raisons de santé, et sans préjudice de l'article L.'511-4, il ne pourra, à l'expiration de ce délai, solliciter son admission au séjour. / () ".
8. Il est constant que Mme C a sollicité un titre de séjour en raison de son état de santé au-delà du délai de trois mois à compter de sa demande d'asile. Mme C soutient que son état de santé s'est aggravé à partir du mois de décembre 2020 et que c'est pour cette raison qu'elle a demandé un titre sur ce fondement seulement à compter de cette date. Elle produit au soutien de son moyen une attestation d'une psychiatre postérieure à la décision attaquée faisant état d'une " acuité " de ses troubles psychiques déjà connus et deux ordonnances de prescription de médicaments des 8 décembre 2020 et 25 janvier 2021. Ces documents n'établissent pas qu'il y aurait des circonstances nouvelles qui justifieraient que l'intéressée n'ait pas demandé un titre en raison de son état de santé dans le délai de trois mois à compter de sa demande d'asile. Les autres documents relatifs à son état de santé sont postérieurs à la décision attaquée, parfois de plusieurs années. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
Sur la décision de refus d'enregistrement :
9. En premier lieu, la décision du 6 décembre 2021 a été signée par Mme B, cheffe du bureau du séjour de la préfecture de la Loire-Atlantique. Par un arrêté du 1er septembre 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de ce département l'a habilitée à signer " tous arrêtés et décisions individuelles " relatifs aux attributions du bureau qu'elle encadre, à l'exception de certains actes limitativement énumérés au nombre desquels ne figurent pas les décisions de refus d'enregistrement des demandes de titres de séjour. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté du 6 décembre 2021 doit être écarté comme manquant en fait.
10. En deuxième lieu, la décision attaquée comporte l'indication des considérations utiles qui constituent le fondement du refus d'enregistrement opposé à Mme C. Elle explique notamment à l'intéressée qu'elle fait suite à une précédente irrecevabilité de sa demande de titre. Par suite, cette dernière n'est pas fondée à soutenir que cette décision serait insuffisamment motivée.
11. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier, eu égard notamment aux motifs de la décision contestée, que le préfet a procédé à un examen de la situation de Mme C avant de refuser d'enregistrer sa demande de titre de séjour. Dès lors, le moyen tiré de ce qu'un tel examen n'aurait pas été opéré doit être écarté.
12. En quatrième lieu, le seul écoulement du temps ne constitue pas, en soi, quelle que soit la durée intervenue depuis les décisions déjà prises à l'égard du droit au séjour de la requérante, une circonstance nouvelle, laquelle s'entend d'un changement significatif de la situation personnelle de la demandeuse de titre de séjour. Il est constant que la demande de titre de séjour présentée par Mme C reposait sur le même fondement et sur le même motif que celle ayant déjà fait l'objet d'une décision d'irrecevabilité le 17 février 2021. En l'absence d'élément nouveau, Mme C n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit ou d'une erreur manifeste d'appréciation.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes de Mme C doivent être rejetées, y compris en ce qu'elles comportent des conclusions à fin d'injonction sous astreinte et des demandes fondées sur les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de Mme C sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, à Me Rodrigues Devesas et au préfet de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 5 mars 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Rimeu, présidente,
M. Jégard, premier conseiller,
Mme El Mouats-Saint-Dizier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mars 2025.
Le rapporteur,
X. JÉGARDLa présidente,
S. RIMEU
La greffière,
P. LABOUREL
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
2 et 2203115
Tribunal Administratif de Rennes — N° TA35-2504243
Le Tribunal Administratif de Rennes a rejeté la requête d'un professeur demandant l'annulation du refus de son placement en congé de longue maladie et de son placement en disponibilité d'office pour raison de santé. Le tribunal a jugé que l'administration n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en se fondant sur les avis défavorables des conseils médicaux, qui n'avaient pas constaté le caractère invalidant et de gravité confirmée requis par les articles L. 822-6 et suivants du code général de la fonction publique. Il a également écarté les autres moyens soulevés, notamment ceux relatifs à la motivation et à la procédure.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Rennes — N° TA35-2506604
Le Tribunal Administratif de Rennes a rejeté la requête d'un maître de conférences demandant l'annulation du rejet implicite de sa demande de télétravail à temps complet pour raison de santé. Le tribunal a jugé que la décision implicite de rejet, née du silence gardé par l'université, était entachée d'une erreur de droit car elle méconnaissait l'obligation d'aménagement pesant sur l'employeur public envers un agent reconnu travailleur handicapé, au sens de l'article L. 5213-6 du code du travail et de l'article 20 quater de la loi du 13 juillet 1983. En conséquence, le tribunal a annulé cette décision implicite de rejet.
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Tribunal Administratif de Rennes — N° TA35-2302143
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