Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2200879

mercredi 9 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2200879
TypeDécision
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantRODRIGUES DEVESAS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nantes a été saisi par Mme A, ressortissante guinéenne, pour contester la décision du préfet de la Loire-Atlantique du 8 octobre 2021 classant sans suite sa demande de titre de séjour pour dossier incomplet. Le tribunal a constaté que le préfet avait finalement délivré un titre de séjour à Mme A en juin 2022, renouvelé en septembre 2023. En conséquence, les conclusions en annulation et injonction sont devenues sans objet, et le tribunal a prononcé un non-lieu à statuer. Les frais de justice ont été rejetés.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 janvier 2022, Mme B A, représentée par Me Rodrigues Devesas, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 8 octobre 2021 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a classé sans suite sa demande de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de reprendre l'instruction de sa demande de titre de séjour, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard et de lui délivrer dans cette attente un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros à verser à son conseil en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée a été signée par une autorité dont la compétence n'est pas établie ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 115-5 du code des relations entre le public et l'administration dès lors que le préfet ne lui a pas laissé un délai suffisant pour compléter sa demande :

- elle méconnaît les dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît sa liberté d'aller et venir.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 septembre 2024, le préfet de la

Loire-Atlantique conclut au non-lieu à statuer et au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors que la décision attaquée ne fait pas grief ;

- les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 décembre 2021.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme El Mouats-Saint-Dizier a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, ressortissante guinéenne née le 10 décembre 2002, est entrée en France en 2019 et a été prise en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance. A sa majorité, Mme A a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'ancienne mineure étrangère isolée. Par un courrier du 28 septembre 2021, le préfet de la Loire-Atlantique lui a demandé de produire des documents complémentaires nécessaires à l'enregistrement de sa demande. Par une décision du 8 octobre 2021, dont Mme A demande l'annulation, le préfet de la Loire-Atlantique a classé sans suite sa demande de titre de séjour en raison de son caractère incomplet.

Sur le non-lieu à statuer :

2. Il ressort des pièces du dossier que, par une décision du 22 juin 2022, le préfet de la Loire-Atlantique a décidé de délivrer un titre de séjour à Mme A, lequel a été renouvelé le

6 septembre 2023. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sous astreinte présentées par Mme A sont devenues sans objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les frais liés au litige :

3. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre une somme à la charge de l'Etat au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction présentées par Mme A.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Rodrigues Devesas et au préfet de la Loire-Atlantique.

Délibéré après l'audience du 20 mars 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Rimeu, présidente,

M. Jégard, premier conseiller,

Mme El Mouats-Saint-Dizier, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 avril 2025.

La rapporteure,

M. C

SAINT-DIZIER

La présidente,

S. RIMEU La greffière,

A. GOUDOU

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,