vendredi 13 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2101582 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Exécution d'un jugement |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CODAZZI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 31 mai 2021 et 15 mars 2023, la commune de Ville Houdlémont, représentée par Me Codazzi, demande au tribunal :
1°) d'enjoindre aux époux B de retirer la tonne à lisier et tous objets végétaux qui obstruent celui-ci de l'emprise du chemin de " La Chevée " appartenant au domaine public, sous une astreinte de 500 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge des époux B les dépens de l'instance ainsi qu'une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par des mémoires en défense enregistrés les 13 octobre 2021 et 1er juin 2023, M. et Mme B, représentés par Me Kroell, concluent au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la commune de Ville Houdlémont en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un courrier du 8 décembre 2023, la commune de Ville Houdlémont a été invitée à régulariser sa requête dans le délai de quinze jours, en produisant la délibération du conseil municipal l'autorisant à ester en justice.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Grandjean, première conseillère, pour signer les ordonnances visées à l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : / () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; / () ".
2. Aux termes de l'article L. 2132-1 du code général des collectivités territoriales : " Sous réserve des dispositions du 16° de l'article L. 2122-2, le conseil municipal délibère sur les actions à intenter au nom de la commune ". Aux termes de l'article L. 2122-21 du même code : " Sous le contrôle du conseil municipal et sous le contrôle administratif du représentant de l'Etat dans le département, le maire est chargé, d'une manière générale, d'exécuter les décisions du conseil municipal et, en particulier :/ () 8° De représenter la commune soit en demandant, soit en défendant () ". Aux termes de l'article L. 2122-22 du même code : " Le maire peut, en outre, par délégation du conseil municipal, être chargé, en tout ou partie, et pour la durée de son mandat :/ () 16° D'intenter au nom de la commune les actions en justice ou de défendre la commune dans les actions intentées contre elle, dans les cas définis par le conseil municipal () ".
3. Lorsqu'une partie est une personne morale, il appartient à la juridiction administrative saisie, qui en a toujours la faculté, de s'assurer, le cas échéant, que le représentant de cette personne morale justifie de sa qualité pour agir au nom de cette partie. Tel est le cas lorsque cette qualité est contestée sérieusement par l'autre partie ou qu'au premier examen l'absence de qualité du représentant de la personne morale semble ressortir des pièces du dossier.
4. Si la délégation générale pour ester en justice au nom de la commune que le conseil municipal peut donner au maire ne peut être légalement accordée à celui-ci que pour la durée de son mandat, il appartient à tout moment au conseil municipal de régulariser, s'il en décide ainsi, une requête ou un mémoire que le maire a introduit, sans y être habilité, au nom de la commune. Aux termes de l'article R. 612-1 du code de justice administrative : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. / () ".
5. Les délibérations du conseil municipal de la commune de Ville Houdlémont jointes à la requête sont d'une part, une délibération n° 2021-4-4 du 10 mai 2021 par laquelle le conseil municipal de la commune de Ville Houdlémont a délégué au maire le pouvoir d'ester en justice dans le cas où la commune doit assurer sa défense devant toute juridiction, y compris en appel, à l'exception des cas où elle serait attraite devant une juridiction pénale, ainsi que dans les cas d'urgence, en particulier dans les procédures de référés, lorsqu'elle encourt un délai de prescription et lorsqu'elle est amenée à se constituer partie civile, d'autre part, une délibération n° 2021-4-5 du même jour par laquelle il a désigné deux avocats susceptibles d'intervenir pour assurer la représentation de la commune.
6. La commune ne justifiant pas, par les délibérations du 10 mai 2021, avoir concédé une délégation permanente au maire pour la durée de son mandat pour agir en justice en qualité de demandeur, le tribunal a invité la commune de Ville Houdlémont, par une lettre du 8 décembre 2023 dont son conseil a accusé réception le même jour, à régulariser sa requête en produisant la délibération autorisant son maire à présenter une requête dans l'instance en cours.
7. La commune a produit, le 2 janvier 2024, une délibération du 15 décembre 2015 par laquelle son conseil municipal a, d'une part, décidé " de donner un délai supplémentaire en vue d'une nouvelle conciliation à M. B A jusqu'à la date du 15 janvier 2016 pour se mettre en conformité avec le courrier du 8 décembre 2015 [lui] demandant de libérer le chemin de la Chevée en retirant les branches et la tonne à lisier entreposés et de ne plus rien y déposer à l'avenir " et, d'autre part, indiqué que passé ce délai, " la municipalité continuera la poursuite en justice ". Ce faisant, la commune n'a pas non plus justifié avoir donné pouvoir au maire pour intenter, au nom de la commune, une action en justice à l'encontre de M. et Mme B.
8. Dans ces conditions, la commune de Ville Houdlémont n'a pas, à l'expiration du délai de quinze jours qui lui était imparti, ni même à la date de la présente ordonnance, régularisé sa requête en justifiant que son maire a été régulièrement autorisé par une délibération du conseil municipal à introduire au nom de la commune la requête susvisée. Par suite, la requête de la commune est manifestement irrecevable et ne peut qu'être rejetée en application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de M. et Mme B présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er :La requête de la commune de Ville Houdlémont est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par M. et Mme B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Ville Houdlémont et à M. A et Mme C B.
Fait à Nancy, le 13 décembre 2024.
La magistrate désignée,
G. Grandjean
La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2519430
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en exécution d’un précédent jugement du 23 décembre 2024, a constaté que le ministre de l’intérieur n’avait pas exécuté l’injonction de délivrer un visa d’établissement (visa long séjour type D) à Mme C... épouse B..., en lui délivrant à tort un visa de court séjour type C. Sur le fondement de l’article L. 911-4 du code de justice administrative, le tribunal a enjoint au ministre de délivrer le visa d’établissement requis sous un délai de trois mois, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. La solution retenue vise à assurer l’exécution complète et conforme du jugement initial.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2601124
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant par ordonnance, donne acte du désistement du requérant concernant ses demandes d'annulation et d'injonction relatives à des titres de séjour. La juridiction rejette sa demande d'allocation d'une somme au titre des frais non compris dans les dépens, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administratif. Le litige principal est ainsi éteint par le désistement.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2603340
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, a été saisi d'une demande visant à assurer l'exécution d'une précédente injonction et à obtenir une astreinte pour son inexécution. Le juge a constaté que la préfète de l'Isère n'avait pas renouvelé le récépissé de séjour de la requérante, malgré l'injonction antérieure, et que cette dernière avait ainsi subi un préjudice (licenciement). En conséquence, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, le tribunal a ordonné à la préfète de statuer expressément sur la demande de titre de séjour dans un délai d'un mois, sous astreinte de 200 euros par jour de retard.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2506265
**Sujet principal** : Demande d'exécution d'une ordonnance de référé ayant suspendu un refus de titre de séjour et enjoint à l'administration de réexaminer la situation. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Nice (statuant par ordonnance). **Solution retenue** : Le juge constate qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'exécution, car l'administration a pris une nouvelle décision (un refus de titre de séjour daté du 7 janvier 2026), ce qui a assuré l'exécution de l'ordonnance initiale. La demande est donc devenue sans objet. **Textes appliqués** : Articles R. 222-1 (3°) et L. 911-4 du code de justice administrative.
07/04/2026