Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2305930
mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2305930 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | JU Chambre Sociale |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoire enregistrés les 13 juillet et 8 novembre 2023, et le 3 septembre 2024, Mme A B doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 25 mai 2023 par laquelle le président du conseil départemental de la Loire lui a accordé une réduction d'un montant de 2 868,75 euros sur une dette d'indu de revenu de solidarité active d'un montant initial de 5 737,50 euros, en tant que ne lui a pas été accordée la remise totale de sa dette, et de la lui accorder.
Elle soutient que :
- elle a droit à l'application du droit à l'erreur compte tenu de celle faite par sa fille qui a rempli ses déclarations ;
- ses ressources et ses charges, y compris celles liées à l'éducation de ses enfants, ainsi que ses autres dettes la placent dans l'incapacité de rembourser cette dette.
Par un mémoire enregistré le 20 novembre 2023, le département de la Loire conclut au rejet de la requête, en faisant valoir que la dette résulte aussi d'omissions déclaratives concernant les revenus de sa fille et que ses enfants majeurs, qui ne sont pas déclarés comme étant à charge, perçoivent des revenus.
La présidente du tribunal a désigné M. Reymond-Kellal, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relatifs aux prestations, allocations ou droits attribués au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, par une décision du 2 janvier 2024 prise en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles,
- code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir constaté l'absence des parties ou de leurs représentants à l'appel de l'affaire et présenté son rapport au cours de l'audience publique, le rapporteur public ayant été dispensé de prononcer ses conclusions sur sa proposition.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'un contrôle de sa situation ayant révélé des omissions déclaratives concernant sa pension d'invalidité et les salaires de sa fille, Mme B s'est vue notifier un indu de revenu de solidarité active (RSA) d'un montant total de 6 893,34 euros le 29 novembre 2022. Sa demande de remise de dette présentée le 14 février 2023 a été partiellement accordée par une décision prise le 25 mai 2023 par le président du conseil départemental de la Loire qui l'a réduite de 50 % en laissant à sa charge la somme de 2 868,75 euros, compte tenu des remboursements déjà effectués.
2. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. (). ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.
4. En premier lieu, le " droit à l'erreur " revendiqué par Mme B, qui fait nécessairement référence à l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration, ne trouve pas à s'appliquer à une décision refusant d'accorder une remise totale de la dette d'indu dès lors qu'elle ne constitue pas une sanction au sens de ces dispositions mais une simple mesure gracieuse prise au regard de la bonne foi de l'intéressée et de sa situation de précarité.
5. En second lieu, il ne résulte pas des éléments recueillis dans le cadre de l'instruction que Mme B soit, eu égard à l'ensemble des ressources du foyer comprenant ses filles et de ses charges connues, dans une situation de précarité telle qu'elle justifie une remise totale de sa dette de RSA résultant d'un indu justifié objectivement par des omissions déclaratives, quand bien même la bonne foi de l'intéressée n'est pas remise en cause. Par suite, sa requête doit rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au département de la Loire.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Loire.
Rendu public par mise à disposition le 17 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
R. Reymond-Kellal
La greffière,
T. Zaabouri
La République mande et ordonne au préfet de la Loire, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
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