Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2306791
mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2306791 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | JU Chambre Sociale |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 août 2023, Mme B A demande au tribunal d'annuler les décisions du 12 juillet 2023 par lesquelles la caisse d'allocations familiales de l'Ain a refusé de lui accorder une remise de ses dettes de prime d'activité d'un montant de 206,88 euros et d'aide personnelle au logement d'un montant de 574,02 euros, et de les lui accorder intégralement.
Elle soutient que sa santé et ses ressources ne lui permettent pas de rembourser ses dettes.
Par un mémoire enregistré le 28 mars 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Ain conclut au non-lieu à statuer, subsidiairement au rejet de la requête, en faisant valoir que :
- le remboursement intégral des dettes par les retenues mensuelles effectuées rend la demande sans objet ;
- la situation personnelle de la requérante ne justifie pas de lui accorder une remise ou une réduction.
La présidente du tribunal a désigné M. Reymond-Kellal, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relatifs aux prestations, allocations ou droits attribués au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, par une décision du 2 janvier 2024 prise en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la sécurité sociale,
- le code de la construction et de l'habitation,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir constaté l'absence des parties ou de leurs représentants à l'appel de l'affaire et présenté son rapport au cours de l'audience publique, le rapporteur public ayant été dispensé de prononcer ses conclusions sur sa proposition.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite de l'intégration des ressources de son fils majeur qui vit dans son foyer, Mme A s'est vue notifier - les 9 novembre et 18 décembre 2022 - un indu de prime d'activité d'un montant total de 206,88 euros et un indu d'aide personnelle au logement d'un montant total de 574,02 euros. Ses demandes de remise de dette présentées les 2 décembre 2022 et 2 janvier 2023 ont été rejetées par décisions prises le 12 juillet 2023 par la caisse d'allocations familiales de l'Ain.
2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. ". Aux termes de l'article L. 553-2 du même code, applicable au recouvrement d'indu d'aide personnelle au logement en vertu de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve des dispositions des quatrième à neuvième alinéas de l'article L. 133-4-1, par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. () / Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. () ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.
4. En premier lieu, la circonstance que les créances litigieuses ont été intégralement remboursées en cours d'instance par des retenues effectuées sur des prestations qui devaient être versées à Mme A, lesquelles ont pu aggraver sa situation au demeurant, ne prive pas d'objet son recours dirigé contre les décisions du 12 juillet 2023 refusant ses demandes de remise de dettes.
5. En second lieu, il ne résulte pas des éléments recueillis dans le cadre de l'instruction, eu égard à l'ensemble des ressources et charges connues de Mme A, qu'elle soit dans une situation de précarité telle qu'elle justifie une remise ou une réduction de ses dettes résultant d'indu justifié objectivement par des omissions déclaratives, quand bien même la bonne foi de l'intéressée n'est pas remise en cause. Par suite, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la caisse d'allocations familiales de l'Ain.
Rendu public par mise à disposition le 17 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
R. Reymond-Kellal
La greffière,
T. Zaabouri
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
N°2306791
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