Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2306950

mardi 17 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2306950
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationJU Chambre Sociale

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon, statuant en formation de juge unique, a examiné les demandes de M. A qui contestait les décisions de la caisse d'allocations familiales du Rhône lui accordant une remise partielle (75 %) d’indu de revenu de solidarité active et d’aide personnalisée au logement, et sollicitait une remise intégrale. Le tribunal a joint les deux requêtes et rappelé que, pour accorder une remise gracieuse, il doit apprécier la bonne foi et la situation de précarité du débiteur à la date de sa décision. En l'espèce, le jugement ne précise pas la solution finale retenue (rejet ou annulation), mais il applique les articles L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles et L. 553-2 du code de la sécurité sociale, ainsi que l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation.

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I) Par une requête et un mémoire enregistrés le 10 août et le 25 septembre 2023 sous le n° 2306950, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 11 juillet 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Rhône lui a accordé une réduction de sa dette à hauteur de 416,24 euros, pour un indu d'aide personnalisée au logement, en tant qu'elle n'a pas fait droit à sa demande de remise intégrale, et de lui accorder ladite remise.

Il soutient que :

- il a toujours déclaré ses ressources dans les délais, l'indu résultant d'une erreur de la caisse d'allocations familiales ;

- ses ressources rapportées à ses charges le placent dans l'incapacité de rembourser ses dettes.

Par un mémoire enregistré le 13 août 2024, la directrice de la caisse d'allocations familiales du Rhône conclut au rejet de la requête en faisant valoir que l'indu est justifié par des omissions déclaratives et que la situation du requérant au moment de l'examen de sa demande ne justifiait qu'une réduction de sa dette aujourd'hui soldée.

II) Par une requête et un mémoire enregistrés les 5 et 20 septembre 2023 sous le n° 2307420, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 27 juillet 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Rhône lui a accordé une réduction de sa dette à hauteur de 1 006,60 euros, pour un indu de revenu de solidarité active, en tant qu'elle n'a pas fait droit à sa demande de remise intégrale, et de lui accorder ladite remise.

Il soutient que :

- il a toujours déclaré ses ressources dans les délais, l'indu résultant d'une erreur de la caisse d'allocations familiales ;

- ses ressources rapportées à ses charges le placent dans l'incapacité de rembourser ses dettes.

Par un mémoire enregistré le 22 février 2024, la métropole de Lyon conclut au rejet de la requête, en faisant valoir qu'elle est irrecevable en l'absence de moyen de droit formulé de manière suffisamment précise et qu'en tout état de cause, elle n'est pas fondée eu égard aux nouvelles ressources de l'intéressé.

La présidente du tribunal a désigné M. Reymond-Kellal, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relatifs aux prestations, allocations ou droits attribués au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, par une décision du 2 janvier 2024 prise en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Vu les décisions attaquées et les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles,

- le code de la construction et de l'habitation,

- le code de la sécurité sociale,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir constaté l'absence des parties ou de leurs représentants à l'appel de l'affaire et présenté son rapport au cours de l'audience publique, le rapporteur public ayant été dispensé de prononcer ses conclusions sur sa proposition.

Considérant ce qui suit :

1. A la suite d'un contrôle de la cohérence des ressources déclarées par M. A à l'administration fiscale, la caisse d'allocations familiales du Rhône a réintégré diverses sommes au titre des années 2021 et 2022, ce qui a induit des indus de revenu de solidarité active d'un montant de 1 342,13 euros et d'aide personnelle au logement de 554,98 euros notifiés le 17 mai 2023. Par décisions des 11 et 27 juillet 2023, les demandes de remise de ses dettes présentées par M. A ont été partiellement admises à hauteur de 75 % soit respectivement 1 006,60 euros et 416,24 euros.

2. Les requêtes susvisées n° 2306950 et 2307420 sont relatives à la situation d'un même allocataire et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

3. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. (). ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, applicable au recouvrement d'indu d'aide personnelle au logement en vertu de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve des dispositions des quatrième à neuvième alinéas de l'article L. 133-4-1, par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. () / Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. () ".

4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.

5. Il résulte de l'instruction que M. A n'a pas contesté le bien fondé des indus mais seulement sollicité la remise gracieuse de ses dettes. Eu égard à la nature des indus, et compte tenu de l'ensemble des ressources connues et de ses charges, il n'en résulte pas, quand bien même sa bonne foi n'est pas remise en cause, que l'autorité administrative a commis une erreur d'appréciation en estimant que sa situation personnelle ne justifie pas de lui accorder une remise intégrale de sa dette ou une réduction supérieure à celles accordées. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que les décisions attaquées sont entachées d'illégalité et ses requêtes doivent, en conséquence, être rejetées en toutes leurs conclusions, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense par la métropole de Lyon.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes de M. A sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la métropole de Lyon et à la caisse d'allocations familiales du Rhône.

Rendu public par mise à disposition le 17 septembre 2024.

Le magistrat désigné,

R. Reymond-Kellal

La greffière,

T. Zaabouri

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

Nos 2306950-2307420