Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2307912
mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2307912 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | JU Chambre Sociale |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoire enregistrés le 21 septembre 2023, le 2 février 2024 et le 22 août 2024, Mme A B doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler les décisions du 11 septembre 2023 par lesquelles la caisse d'allocations familiales du Rhône a refusé de lui accorder une remise de ses dettes de prime d'activité d'un montant de 190 ,23 euros d'une part, et d'allocation de logement social d'un montant de 498 euros d'autre part, ensemble la décision rejetant implicitement son recours préalable contestant le bien fondé des indus, et de lui accorder une remise ou une réduction de ces deux créances.
Elle soutient que :
- sa situation au moment de la demande justifiait les aides accordées ;
- sa situation actuelle permet difficilement de rembourser ces dettes ;
- sa situation est en cours de régularisation.
Par des mémoires enregistrés le 12 et 29 août 2024, la directrice de la caisse d'allocations familiales du Rhône conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens ne sont pas fondés et que les documents récemment produits par Mme B ne permettent pas de régulariser les trop-perçus.
La présidente du tribunal a désigné M. Reymond-Kellal, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relatifs aux prestations, allocations ou droits attribués au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, par une décision du 2 janvier 2024 prise en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Vu les décisions attaquées et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation,
- le code de la sécurité sociale,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir constaté l'absence des parties ou de leurs représentants à l'appel de l'affaire et présenté son rapport au cours de l'audience publique, le rapporteur public ayant été dispensé de prononcer ses conclusions sur sa proposition.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a été bénéficiaire de la prime d'activité et de l'allocation de logement social en 2021. Par une décision du 6 juin 2023, la caisse d'allocations familiales du Rhône lui a réclamé le remboursement d'une somme totale de 688,23 euros correspondant à des indus pour le trop-perçu de ces deux aides durant la période de juin 2021 à janvier 2022, eu égard à l'ensemble des ressources de son couple. Par un recours administratif du 8 juin 2023, elle a contesté le bien-fondé de ces indus et demandé une remise gracieuse. Par décisions du 11 septembre 2023, seules les demandes de remise de dette présentées par Mme B ont été explicitement rejetées.
Sur la contestation du bien-fondé des indus :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 842-3 du code de la sécurité sociale : " La prime d'activité est égale à la différence entre : 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications ; / 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1°. () ". Aux termes de l'article L. 842-4 du même code : " Les ressources mentionnées à l'article L. 842-3 prises en compte pour le calcul de la prime d'activité sont : 1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu ; () ". Aux termes de l'article R. 842-2 du même code : " Les conditions mentionnées aux articles L. 842-1 et L. 842-2 doivent être remplies par le bénéficiaire de la prime d'activité et son () partenaire lié par un pacte civil de solidarité : 1° Chaque mois civil au cours du trimestre précédant l'examen ou la révision du droit à la prime d'activité ; et 2° Le mois du droit. () ".
3. D'autre part, termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement () sont régies par le présent livre. Les aides personnelles au logement comprennent : () b) L'allocation de logement sociale. ". Aux termes de l'article R. 822-3 de ce code, dans sa version applicable au litige : " Sous réserve des cas où ces ressources sont évaluées forfaitairement, les ressources prises en compte pour l'établissement de l'aide personnelle au logement sont celles perçues pendant l'année civile de référence. L'année civile de référence est l'avant-dernière année précédant la période de paiement. ".
4. Il résulte de l'instruction que, durant l'année 2021, Mme B était liée par un pacte civil de solidarité et que le revenu fiscal de référence du couple s'est élevé à 26 711 euros. En se bornant à soutenir que " sa situation au moment de la demande accordait l'aide " et qu'elle n'a retrouvé du travail qu'en juillet 2021, son partenaire ayant des revenus d'auto-entrepreneur en août de cette année, elle n'établit pas que la réintégration de l'ensemble de leurs ressources durant les périodes de référence propre à chaque aide n'aurait pas dû conduire à remettre en cause les montants perçus précédemment. Par suite, elle n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions ayant implicitement confirmé la récupération de ces indus.
Sur la demande de remise gracieuse :
5. D'une part, aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. ".
6. D'autre part, aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, applicable au recouvrement d'indu d'aide personnelle au logement en vertu de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve des dispositions des quatrième à neuvième alinéas de l'article L. 133-4-1, par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. () / Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. () ".
7. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité ou d'aide personnelle au logement, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.
8. Il ne résulte pas des éléments recueillis dans le cadre de l'instruction, eu égard à l'ensemble des ressources et charges connues du foyer de Mme B, qu'elle soit dans une situation de précarité telle qu'elle justifie une remise intégrale de ses dettes de prime d'activité et d'allocation de logement social résultant d'un indu justifié par les ressources du couple durant les périodes de référence, quand bien même la bonne foi de l'intéressée n'est pas remise en cause. Par suite, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la caisse d'allocations familiales du Rhône.
Rendu public par mise à disposition le 17 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
R. Reymond-Kellal
La greffière,
T. Zaabouri
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
N°230791
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