Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2308943

mardi 17 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2308943
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationJU Chambre Sociale

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté la requête de Mme B contestant le refus de remise de sa dette de prime d'activité de 1 047,36 euros. La requérante invoquait une erreur de la caisse d'allocations familiales et sa situation de précarité avec deux enfants à charge. Le juge a constaté que l'indu résultait d'une erreur de la caisse et que la bonne foi de Mme B n'était pas remise en cause. Cependant, il a estimé que sa situation de précarité n'était pas suffisamment établie pour justifier une remise ou réduction de la dette, en application de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale. La demande a donc été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 20 octobre 2023 et 20 novembre 2023, Mme A B doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 18 septembre 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Ardèche a refusé de lui accorder une remise de sa dette de prime d'activité d'un montant de 1 047,36 euros, et de lui accorder la remise intégrale demandée ou une réduction de cette dette.

Elle soutient que :

- l'indu résulte d'une erreur de la caisse ;

- sa situation personnelle, avec deux enfants à sa charge outre celle de son frère, ainsi que ses ressources, la placent dans une situation précaire.

Par un mémoire enregistré le 25 juillet 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Ardèche conclut au rejet de la requête en faisant valoir que :

- l'indu est justifié par la contestation du père du frère de la requérante qui a conduit la juge aux affaires familiales à fixer la résidence chez elle à compter de son jugement ;

- sa situation financière et personnelle ne justifie pas l'octroi d'une remise.

La présidente du tribunal a désigné M. Reymond-Kellal, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relatifs aux prestations, allocations ou droits attribués au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, par une décision du 2 janvier 2024 prise en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Vu décision attaquée et les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la sécurité sociale,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir constaté l'absence des parties ou de leurs représentants à l'appel de l'affaire et présenté son rapport au cours de l'audience publique, le rapporteur public ayant été dispensé de prononcer ses conclusions sur sa proposition.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. ".

2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité ou d'aide personnelle au logement, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.

3. Mme B est redevable d'un indu de prime d'activité constaté le 10 mai 2023 qui résulte de la prise en compte, par une erreur seulement imputable à la caisse d'allocations familiales de l'Ardèche, de son frère Faustin comme étant à sa charge à compter du mois d'avril 2022 alors que le juge aux affaires familiales a formellement fixé sa résidence chez elle à compter du jugement rendu le 7 juillet 2022 lequel a, en outre, partagé l'autorité parentale entre la requérante et son père sur celui-ci. S'il résulte de l'instruction que Mme B comble les défaillances de son père en assumant en pratique la charge de cet enfant qui réside chez elle depuis plusieurs années, outre ses deux enfants dont l'un est né récemment, il n'est pas pour autant établi, eu égard à la nature de l'indu et compte tenu de l'ensemble des ressources et charge du foyer de Mme B, dont la bonne foi n'est pas remise en cause, qu'elle soit dans une situation de précarité justifiant que lui soit accordée une remise ou une réduction de sa dette de prime d'activité. Il en résulte que la requête de Mme B doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la caisse d'allocations familiales de l'Ardèche.

Rendu public par mise à disposition le 17 septembre 2024.

Le magistrat désigné,

R. Reymond-Kellal

La greffière,

T. Zaabouri

La République mande et ordonne à la préfète de l'Ardèche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,