Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2408959
mardi 10 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2408959 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 septembre 2024, Mme F D épouse E et M. B E demandent au juge des référés :
1°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Lyon de mettre effectivement en place l'accompagnement de leur fils A E pour la totalité des heures accordées par le tribunal judiciaire, soit 24 heures hebdomadaires, sous astreinte de 500 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
2°) de mettre la somme de 1 500 euros à la charge de l'Etat sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- il existe une situation d'urgence dès lors que leur fils ne bénéficie actuellement que de treize heures quinze d'accompagnement alors qu'il a droit à vingt-quatre heures en application du jugement du tribunal judiciaire de Lyon du 11 juin 2024 et que toute journée passée sans AESH le prive irrémédiablement d'un temps scolaire indispensable à son éducation, sa sociabilisation et plus généralement à son épanouissement et à son évolution ;
- il est porté atteinte au droit à l'éducation de leur fils, tel qu'il est garanti par le 13ème alinéa du préambule de la Constitution de 1946, l'article 2 du premier protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et les articles L. 111-1 et L. 111-2 du code de l'éducation ;
- les services de l'éducation nationale n'ont pas mis en œuvre intégralement le jugement du tribunal judiciaire de Lyon.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Rizzato, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. Le tribunal judiciaire de Lyon a, par jugement du 11 juin 2024, accordé à A E, fils C et Mme E, une aide humaine individuelle d'une durée de vingt-quatre heures par semaine. Les requérants, qui font valoir que leur fils ne bénéficie que d'une aide de treize heures quinze, demandent au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre à l'État d'attribuer à leur fils un accompagnement pour une durée de vingt-quatre heures par semaine.
3. Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 précité du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.
4. M. et Mme E se prévalent du droit de leur fils à bénéficier d'une aide humaine individuelle pour l'accompagner dans sa scolarité à hauteur de vingt-quatre heures par semaine et soutiennent que " toute journée passée sans AESH prive irrémédiablement [leur fils] d'un temps scolaire indispensable à son éducation, sa sociabilisation et plus généralement à son épanouissement et à son évolution ". Toutefois, la chef d'établissement leur a indiqué, dans un courrier électronique du 6 septembre 2024 " avoir fait une première demande au PIAL " le 31 août 2024 qui a été relayée à l'administration, avoir fait une relance mercredi 4 septembre 2024 et que " la réponse de l'académie pour le moment est qu'ils vont bientôt organiser une session de recrutement ". Dans ces conditions particulières, les éléments dont les requérants se prévalent à l'appui de leur requête ne suffisent pas à eux-seuls à caractériser l'existence de la situation particulière d'urgence exigée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête C et Mme E doit être rejetée en toutes ses conclusions, par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, sans qu'il y ait lieu d'examiner la condition d'atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête C et Mme E est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme F D épouse E et M. B E.
Fait à Lyon le 10 septembre 2024.
La juge des référés,
Caroline Rizzato
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,