Le Tribunal administratif de Lyon, saisi d’une demande d’exécution d’un précédent jugement du 28 octobre 2024, a constaté que la préfète du Rhône n’avait pas exécuté l’injonction de délivrer une autorisation provisoire de séjour à M. B... et de réexaminer sa demande de titre de séjour. En application des articles L. 911-4 et R. 921-6 du code de justice administrative, le tribunal a assorti cette injonction d’une astreinte de 50 euros par jour de retard à compter du 15 janvier 2026. La préfète devra également justifier des mesures prises pour exécuter le jugement initial.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 28 juillet 2025, la présidente du tribunal administratif de Lyon, sur la demande de M. A... B..., représenté par Me Fréry, et en application de l’article R. 921-6 du code de justice administrative, a ouvert une procédure juridictionnelle tendant à ce que soit assurée l’exécution du jugement du tribunal administratif n° 2403416 du 28 octobre 2024.
La procédure a été communiquée à la préfète du Rhône, qui n’a pas produit d’observations.
Vu le jugement n° 2403416 du 28 octobre 2024 et les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions lors de l’audience.
Après avoir entendu le rapport de M. Gille au cours de l'audience publique, à laquelle les parties n’étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Par un jugement n° 2403416 du 28 octobre 2024, le tribunal administratif de Lyon, après avoir annulé l’arrêté de la préfète du Rhône du 28 décembre 2023 rejetant la demande de titre de séjour présentée par M. B... et lui faisant obligation de quitter le territoire, a fait injonction à la préfète du Rhône de munir le requérant d’une autorisation provisoire de séjour dans le délai de huit jours et de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour dans le délai de quatre mois. Par une ordonnance du 28 juillet 2025 prise sur le fondement des articles L. 911-4 et R. 921-6 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a ordonné l’ouverture d’une procédure juridictionnelle en vue d’assurer l’exécution de ce jugement.
2. Aux termes de l’article L. 911-4 du code de justice administrative : « En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction (…) d'en assurer l’exécution. / Si le jugement ou l'arrêt dont l’exécution est demandée n'a pas défini les mesures d’exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d’exécution et prononcer une astreinte ».
3. Alors que la préfète du Rhône n’a pas produit d’observations dans le cadre de la présente procédure, il est constant que l’autorité préfectorale n’a pas donné suite à l’injonction prononcée par le jugement du 28 octobre 2024, qui n’a ainsi pas reçu exécution. Par suite et dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu d’assortir l’injonction prononcée par le jugement du 28 octobre 2024 d’une astreinte de 50 euros par jour de retard à compter du 15 janvier 2026.
D E C I D E :
Article 1er : L’injonction prononcée à l’article 2 du jugement n° 2403416 du 28 octobre 2024 est assortie d’une astreinte de 50 euros par jour de retard à compter du 15 janvier 2026.
Article 2 : La préfète du Rhône communiquera au tribunal copie des actes justifiant des mesures prises pour exécuter le jugement n° 2403416 du 28 octobre 2024.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 4 décembre 2025, à laquelle siégeaient :
M. Gille, président,
Mme Goyer Tholon, conseillère,
Mme de Tonnac, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 décembre 2025.
Le président, rapporteur
A. Gille
L’assesseure la plus ancienne,
C. Goyer Tholon
La greffière,
K. Schult
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier