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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2414136

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2414136

vendredi 19 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2414136
TypeDécision
Formation1re Section - 2e Chambre -OQTF 6 sem.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 juin 2024, M. A B, représenté par Me Ahmad, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 1er juin 2024 par lequel le préfet de police lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français pendant douze mois ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de réexaminer sa situation ;

Il soutient que la décision attaquée est entachée d'erreur de droit dès lors qu'il est demandeur d'asile.

Le préfet des Yvelines a communiqué des pièces le 20 juin 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Paris a délégué M. C pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, tenue le 9 juillet 2024 en présence de Mme Ramphort, greffière d'audience, M. C a lu son rapport.

Les parties n'étant ni présentes ni représentées à l'audience, la clôture de l'instruction a été prononcée.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 1er juin 2024, le préfet des Yvelines a obligé M. B, ressortissant bangladais né le 20 octobre 1987, à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de destination.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. / Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci. "

3. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. B a présenté une demande d'asile et qu'il a saisi la Cour nationale du droit d'asile les 23 et 27 février 2024 d'un recours dirigé contre la décision du 8 décembre 2023 par laquelle le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande d'asile et tendant à la reconnaissance de sa qualité de réfugié ou, à défaut, au bénéfice de la protection subsidiaire. A la date de la décision attaquée, la Cour nationale du droit d'asile n'avait pas encore rendu sa décision en audience publique. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du 1er juin 2024 par lequel le préfet de police a fait obligation à M. B de quitter le territoire français sans délai et lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français pendant douze mois, qui méconnaît les dispositions citées au point 2 du présent jugement, doit être annulé.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

4. Aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. / La juridiction peut également prescrire d'office l'intervention de cette nouvelle décision. " En l'espèce, l'annulation de l'arrêté attaqué pour les motifs précédemment exposés implique nécessairement que le préfet des Yvelines réexamine la situation de M. B. Il y a lieu, dès lors, d'enjoindre au préfet des Yvelines, sur le fondement des dispositions de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, de réexaminer la situation de M. B dans un délai qu'il y a lieu de fixer à trois mois à compter de la notification du présent jugement.

D E C I D E

Article 1 : L'arrêté du 1er juin 2024 par lequel le préfet de police a fait obligation à M. B de quitter le territoire français sans délai et lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français pendant douze mois est annulé.

Article 2 : : Il est enjoint au préfet des Yvelines de réexaminer la situation de M. B dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, et au préfet des Yvelines.

Lu en audience publique le 19 juillet 2024.

Le magistrat désigné,

A. C

La greffière,

A. Ramphort

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2/1-

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