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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2414171

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2414171

vendredi 19 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2414171
TypeDécision
Formation1re Section - 2e Chambre -OQTF 6 sem.
Avocat requérantCABINET ACTIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 juin 2024, M. A D B, représenté par Me Ahmad, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 15 mai 2024 par lequel le préfet de police lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de réexaminer sa situation ;

Il soutient que :

- la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français a été édictée par une autorité incompétente ;

- elle le prive de la possibilité de demander le réexamen de sa demande d'asile ;

- il encourt en cas de retour dans son pays d'origine des risques de traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juin 2024, le préfet de police, représenté par Me Termeau de la société Actis Avocats, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Paris a délégué M. C pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, tenue le 9 juillet 2024 en présence de Mme Ramphort, greffière d'audience, M. C a lu son rapport.

Les parties n'étant ni présentes ni représentées à l'audience, la clôture de l'instruction a été prononcée.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 15 mai 2024, le préfet de police a obligé M. B, ressortissant bangladais né le 1er août 1997, à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, par un arrêté n° 2024-00349 du 18 mars 2024, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial, le préfet de police a donné délégation à M. Berqouqi conseiller d'administration de l'intérieur et de l'outre-mer, chef du bureau de l'accueil de la demande d'asile, attaché d'administration de l'Etat, signataire de l'arrêté attaqué, pour signer tous les actes dans la limite de ses attributions, au nombre desquelles figure la police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes du second alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". L'article 3 de cette convention stipule que " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la demande d'asile de M. B a été rejetée par l'office français de protection des réfugiés et des apatrides le 11 juillet 2023 et que le recours contre cette décision présenté devant la Cour nationale du droit d'asile a été rejeté par une décision du 17 janvier 2024 notifiée à l'intéressé le 15 février 2024. M. B n'ayant assorti son moyen d'aucune précision relative à sa situation et n'étant ni présent ni représenté à l'audience, il n'est pas établi qu'à la date de la décision attaquée, M. B serait, d'une part, privé de la possibilité d'obtenir un réexamen de sa demande d'asile et, d'autre part, exposé, en cas de retour dans son pays d'origine, à des traitements contraires aux dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. B doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

5. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite ses conclusions susvisées doivent être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante à la présente instance, la somme que M. B sollicite au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.

D E C I D E

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D B et au préfet de police.

Lu en audience publique le 19 juillet 2024.

Le magistrat désigné,

A. C

La greffière,

A. Ramphort

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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