lundi 8 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2303587 |
| Type | Décision |
| Recours | Exécution d'un jugement |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3P Collégiale |
| Avocat requérant | EDEN AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement n° 2001084 du 28 avril 2022, le tribunal a annulé la décision du 25 octobre 2019 du préfet de la Seine-Maritime refusant d'octroyer le bénéfice du regroupement familial à l'épouse de M. B A, a enjoint au préfet compétent de lui délivrer une autorisation de regroupement familiale au bénéfice de son épouse, et a mis à la charge de l'État une somme de 900 euros à verser à la SELARL Eden avocats en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
Par une lettre enregistrée le 8 mars 2023, Me Verilhac, associée de la SELARL Eden avocats, a saisi le tribunal d'une demande tendant à obtenir l'exécution du jugement n° 2001084 du 28 avril 2022 sur ce dernier point.
Par un courrier daté du 7 juillet 2023, le président du tribunal a procédé au classement administratif de la demande d'exécution.
Par une correspondance enregistrée le 24 juillet 2023, Me Verilhac a contesté la décision de classement et demandé au tribunal l'ouverture d'une procédure juridictionnelle.
Par une ordonnance n° 2303587 du 14 septembre 2023, le président du tribunal a ouvert une procédure juridictionnelle en vue de prescrire les mesures d'exécution.
Par un mémoire enregistré le 25 septembre 2023, Me Verilhac demande au tribunal :
1°) de condamner l'État à lui verser la somme complémentaire de 150 euros hors taxes ou 180 euros toutes taxes comprises, en exécution du jugement du tribunal administratif de Rouen du 28 avril 2022 n° 2001084, dans un délai d'un mois à compter de la décision juridictionnelle à intervenir ;
2°) d'assortir cette condamnation d'une astreinte de 300 euros par jour de retard ;
3°) de condamner l'État à lui verser la somme de 1 000 euros hors taxes ou 1 200 euros toutes taxes comprises sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, dans un délai d'un mois à compter de la décision juridictionnelle à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Elle soutient que :
- le préfet de la Seine-Maritime a abusivement résisté aux demandes d'exécution du jugement ;
- la condamnation aux frais irrépétibles s'entend hors taxe.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 octobre 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu :
- le jugement n° 2001084 du 28 avril 2022 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 96-887 du 10 octobre 1996 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Berthet-Fouqué,
- les conclusions de Mme Barray, rapporteure publique,
- les observations de Me Verilhac.
Le préfet de la Seine-Maritime n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. () " Aux termes de l'article R. 921-5 du même code : " Le président () du tribunal administratif saisi d'une demande d'exécution sur le fondement de l'article L. 911-4, ou le rapporteur désigné à cette fin, accomplissent toutes diligences qu'ils jugent utiles pour assurer l'exécution de la décision juridictionnelle qui fait l'objet de la demande. Lorsque le président estime qu'il a été procédé à l'exécution (), il en informe le demandeur et procède au classement administratif de la demande. " Aux termes de l'article R. 921-6 du même code : " () lorsque le demandeur le sollicite dans le mois qui suit la notification du classement décidé en vertu du dernier alinéa de l'article précédent (), le président () du tribunal ouvre par ordonnance une procédure juridictionnelle. ()"
2. Par le jugement n° 2001084 du 28 avril 2022, le tribunal a notamment mis à la charge de l'État la somme de 900 euros à verser à la SELARL Eden avocats au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à la part contributive de l'État, ce qu'elle a fait par courrier du 6 août 2022. L'État a réglé cette somme le 11 mai 2023. Me Verilhac soutient qu'elle doit être majorée de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et que, dans cette mesure, le jugement n'a pas été complètement exécuté.
3. Aux termes de l'article 27 de la loi du 10 juillet 1991 : " () L'État affecte annuellement à chaque barreau une dotation représentant sa part contributive aux missions d'aide juridictionnelle () accomplies par les avocats du barreau. Le montant de la dotation affecté à l'aide juridictionnelle résulte d'une part, du nombre de missions d'aide juridictionnelle accomplies par les avocats du barreau et, d'autre part, du produit d'un coefficient par type de procédure et d'une unité de valeur de référence. Le montant, hors taxe sur la valeur ajoutée, de cette unité de valeur de référence est fixé, pour les missions dont l'admission à l'aide juridictionnelle est prononcée à compter du 1er janvier 2021, à 36 €. () " Aux termes de l'article 37 de la même loi : " () Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens, ou qui perd son procès, et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à payer à l'avocat pouvant être rétribué, totalement ou partiellement, au titre de l'aide juridictionnelle, une somme qu'il détermine et qui ne saurait être inférieure à la part contributive de l'État majorée de 50 %, au titre des honoraires et frais non compris dans les dépens que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. Si l'avocat du bénéficiaire de l'aide recouvre cette somme, il renonce à percevoir la part contributive de l'État. () "
4. D'une part, l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doit, en ce qu'il prévoit que la somme que le juge condamne une partie à payer à l'avocat du bénéficiaire de l'aide juridictionnelle ne saurait être inférieure à la part contributive de l'État augmentée de 50 %, s'entendre comme faisant référence au montant de cette part contributive tel qu'il est exprimé hors TVA. D'autre part, dès lors que l'activité d'un avocat est assujettie à la TVA en vertu de l'article 256 A du code général des impôts, ladite somme, qui correspond à la rémunération de la prestation réalisée par l'avocat, doit, à défaut de précision dans la décision juridictionnelle, être entendue toutes taxes comprises (TTC).
5. Il ne ressort pas des mentions du jugement que la somme mise à la charge de l'État au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 soit hors TVA. Elle doit donc être entendue TTC. Par suite, et pour regrettable que soit le délai de règlement, l'État a exécuté ledit jugement en versant cette somme, outre l'intérêt de retard, à Me Verilhac.
6. Il résulte de tout ce qui précède que doivent être rejetées les conclusions de sa requête tendant à ce que le préfet de la Seine-Maritime soit condamné au paiement d'une somme complémentaire, ainsi que, par voie de conséquence, celles aux fins d'astreinte et la demande présentée au titre des frais d'instance.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Me Verilhac est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Me Marie Verilhac et au préfet de la Seine-Maritime.
Délibéré après l'audience du 24 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Berthet-Fouqué, président,
Me Jeanmougin, première conseillère,
M. Deflinne, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2024.
Le président rapporteur,L'assesseure la plus ancienne,
Signé signé
J. Berthet-FouquéH. Jeanmougin
La greffière,
signé
C. Labrousse
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
signé
C. Labrousse
Tribunal Administratif de Nîmes — N° TA30-2603588
03/08/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2609258
01/07/2026
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2519430
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en exécution d’un précédent jugement du 23 décembre 2024, a constaté que le ministre de l’intérieur n’avait pas exécuté l’injonction de délivrer un visa d’établissement (visa long séjour type D) à Mme C... épouse B..., en lui délivrant à tort un visa de court séjour type C. Sur le fondement de l’article L. 911-4 du code de justice administrative, le tribunal a enjoint au ministre de délivrer le visa d’établissement requis sous un délai de trois mois, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. La solution retenue vise à assurer l’exécution complète et conforme du jugement initial.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2601124
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant par ordonnance, donne acte du désistement du requérant concernant ses demandes d'annulation et d'injonction relatives à des titres de séjour. La juridiction rejette sa demande d'allocation d'une somme au titre des frais non compris dans les dépens, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administratif. Le litige principal est ainsi éteint par le désistement.
07/04/2026