Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2100016
jeudi 3 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2100016 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 janvier 2021, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal de prononcer la réduction de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2017.
Il soutient que :
- la méthode de calcul du plafonnement des niches fiscales suivie par l'administration fiscale est erronée ; dans le cadre du dispositif Censi-Bouvard, il doit être tenu compte du revenu imposable de l'année d'imposition et non de celui de l'année d'acquisition du logement ; les avantages fiscaux dont il a bénéficié en 2017 ne dépassent pas le plafond et n'auraient pas dû être réintégrés dans le revenu imposable ;
- si la rectification effectuée en 2017 porte sur un crédit d'impôt sur les revenus de capitaux mobiliers qui n'entre pas dans le champ d'application des plafonnements, le crédit d'impôt résultant du dispositif Censi-Bouvard n'aurait pas dû être remis en cause.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 juin 2021, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la reprise du crédit d'impôt opérée en 2017 n'a pas modifié le plafonnement global des avantages fiscaux dont a bénéficié M. B cette même année.
Par une ordonnance du 29 mars 2024, la clôture d'instruction a été fixée au
15 avril 2024 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Luneau,
- les conclusions de Mme Van Daële, rapporteure publique,
- et M. B à qui la parole a été donnée et qui a présenté des observations.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, qui détient 25% du capital de la société Altéa patrimoine Reims, a régulièrement déposé ses déclarations de revenus au titre des années 2016 et 2017. Il a déclaré, en 2017, un crédit d'impôt égal à 5 266 euros correspondant à des prélèvements forfaitaires non libératoires sur des revenus de capitaux mobiliers. A l'issue d'une demande de renseignements, l'administration fiscale a remis en cause, pour l'année 2017, ce crédit d'impôt porté en ligne " 2CK ", à hauteur de 5 250 euros, et relevé que l'intéressé avait, en outre, perçu en 2016 des dividendes de cette société, non déclarées. Par une proposition de rectification du
25 novembre 2019, l'administration fiscale a envisagé des rehaussements en matière d'impôt sur le revenu correspondant à des prélèvements forfaitaires non libératoires dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers au titre de ces deux années. Ces rehaussements ont été maintenus en totalité dans le cadre de la réponse aux observations du contribuable du 30 janvier 2020. M. B a contesté le bien-fondé des impositions supplémentaires auxquelles il a été assujetti par une réclamation du 11 août 2020, laquelle a fait l'objet d'une décision partielle d'acceptation du 12 août 2020, compte tenu du dégrèvement prononcé par l'administration fiscale au titre de l'année 2016. M. B a contesté le bien-fondé des impositions supplémentaires d'impôt sur le revenu maintenues à sa charge par une réclamation du 9 octobre 2020, que l'administration fiscale a rejetée le 3 novembre 2020. Par la présente requête, M. B doit être regardé comme demandant au tribunal de prononcer la réduction de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2017.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
2. Aux termes de l'article 177 quater du code général des impôts, dans sa version applicable au litige : " I.-1. Les personnes physiques fiscalement domiciliées en France au sens de l'article 4 B qui bénéficient de revenus distribués mentionnés aux articles 108 à 117 bis et 120 à 123 bis sont assujetties à un prélèvement au taux de 21 %. Pour le calcul de ce prélèvement, les revenus mentionnés au premier alinéa du présent 1 sont retenus pour leur montant brut. / () /. Ce prélèvement s'impute sur l'impôt sur le revenu dû au titre de l'année au cours de laquelle il a été opéré. S'il excède l'impôt dû, l'excédent est restitué. / () /. II. ' Lorsque la personne qui assure le paiement des revenus pour lesquels le contribuable est soumis au prélèvement prévu au I est établie en France, les revenus sont déclarés et le prélèvement correspondant est opéré et acquitté par ladite personne dans les délais prévus à l'article 1671 C ".
3. Il résulte de l'instruction et, notamment, de la proposition de rectification du 25 novembre 2019 que M. B a porté, sur sa déclaration de revenus au titre de l'année 2017, en ligne " 2CK ", correspondant au " crédit d'impôt égal au prélèvement forfaitaire non libératoire ", la somme de 5 266 euros alors qu'il n'avait déclaré aucun revenu distribué correspondant. Par ailleurs, il est constant que M. B a perçu un montant total de dividendes de 25 000 euros en 2016 et que la société Altéa patrimoine Reims, qui a déposé sa déclaration le 18 octobre 2016 auprès des services fiscaux, s'est acquittée, au titre de cette même année, du prélèvement forfaitaire non libératoire sur les revenus distribués au taux de 21 % sur cette somme distribuée. Or, depuis le 1er janvier 2013, le prélèvement forfaitaire défini par les dispositions précitées de l'article 117 quater du code général des impôts, dont le champ d'application a été élargi à l'ensemble des revenus distribués par les sociétés, est devenu un simple acompte de l'impôt sur le revenu dû par les bénéficiaires des revenus distribués, au titre de l'année au cours de laquelle ces distributions sont intervenues. L'intéressé ne pouvait donc se prévaloir de l'existence de ce crédit d'impôt en 2017 alors même qu'il correspondait à des revenus distribués en 2016 qu'il avait omis de déclarer l'année de leur distribution. En tout état de cause, l'administration fiscale a procédé, le 12 août 2020, au dégrèvement de l'imposition de l'année 2016 en réintégrant les dividendes et le crédit d'impôt sur les revenus de capitaux mobiliers correspondant. Dès lors, les moyens soulevés par M. B, qui ne portent que sur le plafonnement des crédits d'impôts dans le cadre du dispositif Censi-Bouvard, n'ont aucune incidence sur le bien-fondé de l'imposition en litige et doivent être écartés comme inopérants.
4. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander la réduction de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2017. Les conclusions aux fins de réduction doivent, par suite, être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la directrice départementale des finances publiques de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bonneau-Mathelot, présidente,
Mme Luneau, première conseillère,
M. Demas, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2024.
La rapporteure,
F. LUNEAU
La présidente,
S. BONNEAU-MATHELOTLa greffière,
S. SCHILDER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2100016
Décisions similaires
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2618520
01/09/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2502745
01/09/2026
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2604577
01/09/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2620197
01/09/2026