Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2108449

mercredi 18 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2108449
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de M. A, qui contestait la taxe sur les logements vacants mise à sa charge pour 2020. Le requérant invoquait l'inhabitabilité de son logement suite à un dégât des eaux survenu en juin 2019. Le tribunal a estimé que M. A n'apportait pas la preuve que la vacance était indépendante de sa volonté, condition nécessaire pour bénéficier de l'exonération prévue à l'article 232 du code général des impôts. En l'absence de justification d'obstacles durables à l'occupation du logement au cours de l'année 2019, la taxe a été maintenue.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 septembre 2021, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation de taxe sur les logements vacants mise à sa charge au titre de l'année 2020 pour un local d'habitation situé 36 rue de Fontenay à Vincennes.

Le requérant soutient que le logement en cause était rendu inoccupable à la suite d'un dégât des eaux intervenu en juin 2019 sur une colonne de l'immeuble qui continue de fuir.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 novembre 2021, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête en faisant valoir que le moyen développé n'est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Meyrignac ;

- et les conclusions de M. Delmas, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. En sa qualité de propriétaire d'un local d'habitation situé 36 rue de Fontenay à Vincennes (Val-de-Marne), M. A a été assujetti à une cotisation de taxe sur les logements vacants au titre de l'année 2020 pour un montant de 1 303 euros. L'intéressé a présenté une réclamation d'assiette le 29 mars 2021, rejetée par décision du directeur départemental des finances publiques du Val-de-Marne du 2 juillet suivant. Par la requête précitée, M. A demande la décharge de cette taxe.

2. Aux termes de l'article 232 du code général des impôts, dans sa version alors en vigueur : " I. - La taxe annuelle sur les logements vacants est applicable dans les communes appartenant à une zone d'urbanisation continue de plus de cinquante mille habitants où existe un déséquilibre marqué entre l'offre et la demande de logements, entraînant des difficultés sérieuses d'accès au logement sur l'ensemble du parc résidentiel existant, qui se caractérisent notamment par le niveau élevé des loyers, le niveau élevé des prix d'acquisition des logements anciens ou le nombre élevé de demandes de logement par rapport au nombre d'emménagements annuels dans le parc locatif social (). II. - La taxe est due pour chaque logement vacant depuis au moins une année, au 1er janvier de l'année d'imposition (). VI. - La taxe n'est pas due en cas de vacance indépendante de la volonté du contribuable () ". Le Conseil constitutionnel, dans sa décision n° 98-403 DC du 29 juillet 1998, n'a admis la conformité à la Constitution des dispositions instituant la taxe sur les logements vacants que sous certaines réserves, dont la réserve suivante : la taxe ne peut " frapper que des logements habitables, vacants et dont la vacance tient à la seule volonté de leur détenteur () ", " ne sauraient être assujettis à cette taxe des logements qui ne pourraient être rendus habitables qu'au prix de travaux importants et dont la charge incomberait nécessairement à leur détenteur " et " ne sauraient être assujettis des logements dont la vacance est imputable à une cause étrangère à la volonté du bailleur, faisant obstacle à leur occupation durable, à titre onéreux ou gratuit, dans des conditions normales d'habitation, ou s'opposant à leur occupation, à titre onéreux, dans des conditions normales de rémunération du bailleur ; qu'ainsi, doivent être notamment exonérés les logements ayant vocation, dans un délai proche, à disparaître ou à faire l'objet de travaux dans le cadre d'opérations d'urbanisme, de réhabilitation ou de démolition, ou les logements mis en location ou en vente au prix du marché et ne trouvant pas preneur ".

3. Il appartient au contribuable qui s'en prévaut d'établir que la vacance de son logement au cours de l'année en litige aurait été indépendante de sa volonté, eu égard à la nécessité de travaux pour rendre le logement habitable et au coût de tels travaux éventuels compte tenu de ses capacités financières ou à l'existence d'obstacles s'opposant à son occupation durable.

4. En l'espèce, le requérant soutient que l'appartement dont il est propriétaire n'était pas habitable du fait d'un dégât des eaux intervenu en juin 2019 sur une colonne située sur les parties communes de la copropriété. Toutefois, en produisant la déclaration de sinistre, des échanges avec le syndic de copropriété et quelques clichés non datés, il n'établit pas l'impossibilité de louer en 2019 l'appartement en cause ni la réalité de la continuité des effets dudit dégât des eaux au cours de la fin de cette même année, alors que, d'une part, dans son courriel du 23 février 2021, le syndic de copropriété a indiqué, sans être contredit, que la colonne a été remplacée en septembre 2019 et qu'il est surpris de l'existence d'une fuite dans cet appartement et, d'autre part, qu'aucune correspondance avec ledit syndic n'est intervenue entre septembre 2019 et janvier 2021. Dans ces conditions, à défaut de justification de l'existence d'obstacles à l'occupation de l'appartement en cause au cours de la période du 1er janvier au 31 décembre 2019, c'est à bon droit que M. A a été assujetti à une cotisation de taxe sur les logements vacants au titre de l'année 2020.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à la décharge de cette cotisation doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la directrice départementale des finances publiques de Seine-et-Marne.

Délibéré après l'audience du 4 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Le Broussois, président,

M. Meyrignac, premier conseiller,

Mme Jean, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 septembre 2024.

Le rapporteur,

Signé : P. Meyrignac Le président,

Signé : N. Le Broussois

La greffière,

Signé : L. Darnal

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,