Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2109704
jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2109704 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre, JU |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 octobre 2021, M. A B, doit être regardé comme demandant au tribunal de prononcer la réduction de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2021 à raison d'un immeuble situé 16 rue du Garnier Pages à Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne).
Il soutient que l'appartement qu'il louait depuis vingt ans est vide depuis l'expulsion, le 9 juin 2021, de son locataire après quatre ans d'attente ; eu égard aux difficultés rencontrées par l'Etat pour expulser son locataire, qui n'avait pas payé ses loyers depuis quatre ans, il a mis en vente ce logement ; malgré les annonces diffusées sur les sites professionnels ainsi que des sites de vente entre particuliers, son appartement n'a pu être vendu ; la vacance de son bien étant involontaire, il est en droit de solliciter la réduction de la cotisation de taxe foncière à laquelle il a été assujettie au titre de l'année 2021.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 mars 2022, le directeur départemental des finances publiques de Seine et Marne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que le moyen soulevé par M. B n'est pas fondé.
Par une ordonnance du 22 février 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au
7 mars 2024 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal administratif a désigné Mme Bonneau-Mathelot pour statuer sur les litiges relevant de cet article.
La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Bonneau-Mathelot, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal de prononcer la réduction de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2021 à raison d'un immeuble situé 16 rue du Garnier Pages à
Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne).
2. Aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code ". Aux termes de l'article 1389 de ce code : " I. - Les contribuables peuvent obtenir le dégrèvement de la taxe foncière en cas de vacance d'une maison normalement destinée à la location ou d'inexploitation d'un immeuble utilisé par le contribuable lui-même à usage commercial ou industriel, à partir du premier jour du mois suivant celui du début de la vacance ou de l'inexploitation jusqu'au dernier jour du mois au cours duquel la vacance ou l'inexploitation a pris fin. / Le dégrèvement est subordonné à la triple condition que la vacance ou l'inexploitation soit indépendante de la volonté du contribuable, qu'elle ait une durée de trois mois au moins et qu'elle affecte soit la totalité de l'immeuble, soit une partie susceptible de location ou d'exploitation séparée. / () ". Ces dispositions subordonnent le dégrèvement de la taxe foncière sur les propriétés bâties à la condition, notamment, que la vacance de l'immeuble normalement destiné à la location soit indépendante de la volonté du propriétaire, le caractère involontaire de la vacance s'appréciant eu égard aux circonstances dans lesquelles cette vacance est intervenue et aux démarches accomplies par le propriétaire, selon les possibilités qui lui étaient offertes, en fait comme en droit, pour la prévenir ou y mettre fin. Aux termes de l'article 1415 du même code : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, () sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition ".
3. M. B soutient que le logement dont il est propriétaire sis 16 rue du Garnier Pages à Saint-Maur-des-Fossés, a été mis en vente, après qu'un huissier ait, à la " date du 9 juin 2021, procédé à [s]a reprise " alors qu'il avait été loué à un locataire impécunieux qui refusait de régler les loyers dus. Il fait, ainsi, valoir qu'il a entrepris des démarches auprès, notamment, d'agences immobilières avec certaines desquelles il a signé un mandat de vente sans exclusivité mais que son bien n'a pu être vendu. Il produit, à l'appui de son argumentation, la copie de l'attestation établie le 23 août 2021 par la Selarl Jérôme Cohen, " huissier de justice ", par laquelle il est attesté de la reprise, à la date du 9 juin 2021, du logement loué au locataire et de la remise de plusieurs clés, d'un vigik et d'un badge à deux boutons ainsi que deux mandats de vente sans exclusivité. Toutefois, ces documents ne sont pas pertinents, contrairement à ce que soutient M. B, qui a la charge de la preuve, pour démontrer que la vacance de son bien résulterait d'une cause indépendante de sa volonté, la vacance de son bien ne pouvant être regardée comme ayant échappé totalement à son action et présenter un caractère inéluctable et irrésistible. Il suit de là que c'est à bon droit que l'administration fiscale a assujetti M. B à la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre de l'année 2021.
4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de réduction de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle M. B a été assujetti au titre de l'année 2021 ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.
La magistrate désignée,
S. BONNEAU-MATHELOT
La greffière,
S. SCHILDERLa République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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