Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2111253

mercredi 16 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2111253
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Melun a rejeté la requête de M. B, qui contestait des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu pour les années 2016 à 2018. Concernant les années 2016 et 2017, le tribunal a jugé que M. B, en déposant une déclaration 2035, avait opté pour le régime de la déclaration contrôlée (articles 96 et 97 du code général des impôts), et ne pouvait donc pas relever du régime micro-BNC. Pour l'année 2018, le tribunal a estimé que M. B, n'ayant pas déposé spontanément sa déclaration de revenus, ne pouvait pas bénéficier du crédit d'impôt modernisation du recouvrement (article 60 de la loi de finances pour 2017).

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 décembre 2021, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2016, 2017 et 2018.

Le requérant soutient que :

- il relève du régime du micro-BNC et non de celui de la déclaration contrôlée ;

- c'est à tort que l'administration a remis en cause le bénéfice du crédit d'impôt modernisation du recouvrement au titre de ses revenus de l'année 2018.

Par un mémoire en défense, enregistré 4 avril 2022, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête, en faisant valoir que les moyens développés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Meyrignac ;

- et les conclusions de M. Delmas, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. B qui exerce une activité de conseil pour les affaires et autres conseils de gestion, a fait l'objet d'un contrôle sur pièces au titre des années 2016, 2017 et 2018, à l'issue desquels il a été rendu destinataire de deux propositions de rectification le 23 septembre 2019, l'une au titre des années 2016 et 2017 selon la procédure contradictoire, l'autre au titre de l'année 2018 selon la procédure de taxation d'office. Des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre de ces mêmes années ont été mises en recouvrement à son encontre le 30 juin 2020. L'intéressé a présenté une réclamation le 26 juillet 2021, rejetée par décision du 7 octobre suivant. Par la requête susvisée, l'intéressé demande la décharge des impositions en cause.

En ce qui concerne les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre des années 2016 et 2017 :

2. Aux termes de l'article 97 du code général des impôts : " Les contribuables soumis obligatoirement ou sur option au régime de la déclaration contrôlée sont tenus de souscrire chaque année, dans des conditions et délais prévus aux articles 172 et 175, une déclaration dont le contenu est fixé par décret ". Aux termes de l'article 102 ter du même code, dans sa version alors en vigueur : " 1. Sont soumis au régime défini au présent article pour l'imposition de leurs bénéfices les contribuables qui perçoivent des revenus non commerciaux dont le montant hors taxes, ajusté s'il y a lieu au prorata du temps d'activité au cours de l'année de référence, respecte les limites mentionnées au 2° du I de l'article 293 B. Le bénéfice imposable est égal au montant brut des recettes annuelles, diminué d'une réfaction forfaitaire de 34 % avec un minimum de 305 euros () ".

3. Il résulte de ces dispositions que les contribuables relevant, comme en l'espèce, de plein droit du régime spécial des bénéfices non commerciaux, mentionné sous le terme de régime " micro BNC ", peuvent opter pour le régime réel, qui correspond au régime de la déclaration contrôlée prévu aux articles 96 et suivant du code général des impôts.

4. L'administration indique que M. B a, lors de la création de son activité en 2009, souscrit la déclaration prévue par l'article 97 du code général des impôts et a procédé à la déclaration de ses revenus non commerciaux des années 2016 et 2017 selon le régime de la déclaration contrôlée par le dépôt d'une déclaration 2035 " Revenus non commerciaux et assimilés - Régime de la déclaration contrôlée ". Il en résulte qu'il doit être regardé comme ayant opté pour le régime de la déclaration contrôlée en matière de bénéfice non commercial. Les circonstances que le montant des bénéfices non commerciaux du requérant soit inférieur à celui du seuil d'option obligatoire à la déclaration contrôlée, qu'il ne fait pas partie des contribuables soumis de plein droit à ce régime et que le montant de ses bénéfices apparaît dans une case pré-remplie dans sa déclaration de revenu sont sans incidence sur l'application au titre des années 2016 et 2017 du régime de la déclaration contrôlée pour lequel il a opté. Il n'est donc pas fondé à se prévaloir du régime micro-BNC au titre desdites années.

En ce qui concerne les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2018 :

5. Aux termes de l'article 60 de la loi du 29 décembre 2016 de finances pour 2017 : " () II. - A. - Les contribuables bénéficient, à raison des revenus non exceptionnels entrant dans le champ du prélèvement mentionné à l'article 204 A du code général des impôts, tel qu'il résulte de la présente loi, perçus ou réalisés en 2018, d'un crédit d'impôt modernisation du recouvrement destiné à assurer, pour ces revenus, l'absence de double contribution aux charges publiques en 2019 au titre de l'impôt sur le revenu. () L. () 3. Seuls les revenus déclarés spontanément par le contribuable sont pris en compte dans le calcul du montant du crédit d'impôt prévu au A et du crédit d'impôt complémentaire prévu au 3 du E () ".

6. Pour l'application de ces dispositions, les revenus déclarés spontanément s'entendent des revenus qui figurent sur la déclaration souscrite par le contribuable en application des dispositions de l'article 170 du code général des impôts et, le cas échéant, de l'article 172 du même code. Il en résulte que des revenus qui n'ont pas été déclarés spontanément ne peuvent ouvrir droit au crédit d'impôt modernisation du recouvrement ou au crédit d'impôt complémentaire.

7. Il résulte de l'instruction que M. B n'a pas déposé la déclaration de revenu de l'année 2018, que l'administration lui a notifié une mise en demeure de déposer sa déclaration de revenus le 9 août 2019, reçue le 20 août suivant, et que l'intéressé n'a pas répondu à cette mise en demeure dans un délai de trente jours. Si le requérant soutient qu'il a déposé une déclaration auprès du service des impôts des particuliers de Livry-Gargan, il résulte de l'instruction que cette déclaration n'a, en tout état de cause, pas été déposée spontanément avant la date limite de dépôt fixée au 16 mai 2019. Par ailleurs, si l'intéressé soutient qu'il n'a pu déclarer en ligne ses revenus en 2018, il ne l'établit pas. Enfin, les circonstances que M. B n'avait pas vraiment d'adresse fixe, qu'il était en pleine préparation d'un master " comptabilité, contrôle et audit " auprès du Cnam qu'il a obtenu au titre de la session 2020 et qu'à la suite de la déclaration déposée auprès du service des impôts des particuliers de Livry-Gargan, ce dernier lui a transmis un avis d'imposition appliquant ce crédit d'impôt, sont sans incidence sur l'absence de déclaration spontanée des revenus dans les délais. Il en résulte que le requérant ne peut prétendre au bénéfice du crédit d'impôt modernisation du recouvrement.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre des années 2016, 2017 et 2018 doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la directrice départementale des finances publiques de Seine-et-Marne.

Délibéré après l'audience du 2 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Le Broussois, président,

M. Meyrignac, premier conseiller,

Mme Jean, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 octobre 2024.

Le rapporteur,

Signé : P. MeyrignacLe président,

Signé : N. Le Broussois

La greffière,

Signé : L. Darnal

La République mande et ordonne au ministre chargé du budget et des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,