Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2111265
jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2111265 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre, JU |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 décembre 2021, Mme A B doit être regardée comme demandant au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2020 à raison d'un immeuble situé 35 rue Defforge à Choisy-le-Roi (Val-de-Marne).
Elle soutient que :
- elle a acquis un appartement en l'état futur d'achèvement au titre duquel elle avait droit à une exonération de taxe foncière en faisant une déclaration H2 dans les
quatre-vingt-dix jours ; le promoteur immobilier a, sans l'en avoir informée, déclaré la date d'achèvement au 25 novembre 2020 ; le 5 janvier 2021, date à laquelle le promoteur immobilier lui a remis les clés de son logement, il lui a, également, remis la déclaration modèle H2 à déposer dans le délai de quatre-vingt-dix jours ; c'est à cette date que son appartement est devenu habitable ;
- la déclaration modèle H2 n'a été enregistrée que le 25 mars 2021, soit moins de
quatre-vingt-dix jours après l'achèvement de son appartement, alors qu'elle l'avait adressée à l'administration fiscale à la fin du mois de février 2021, soit moins de soixante jours après son entrée dans les lieux et l'achèvement de son appartement ;
- en dépit des difficultés rencontrées par l'administration fiscale pour enregistrer sa déclaration H2 et de l'incohérence de la date d'achèvement déclaré par le promoteur immobilier au 25 novembre 2020, l'administration fiscale lui a indiqué que sa demande d'exonération serait prise en compte et que le montant de sa taxe foncière serait de 700 euros environ.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 juin 2022, le directeur départemental des finances publiques de Seine et Marne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la taxe foncière due au titre de l'année 2021 s'élève à la somme de 830 euros compte tenu des délibérations applicables et de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères qui reste due ; en conséquence, le quantum du dégrèvement sollicité est de 369 euros ;
- le moyen soulevé par Mme B n'est pas fondé.
Par une ordonnance du 22 février 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au
7 mars 2024 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal administratif a désigné Mme Bonneau-Mathelot pour statuer sur les litiges relevant de cet article.
La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Bonneau-Mathelot, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B doit être regardée comme demandant au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2020 à raison d'un immeuble sis 35 rue Defforge à Choisy-le-Roi
(Val-de-Marne).
Sur l'étendue du litige :
2. A supposer que Mme B ait entendu contester le montant de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2020 et, par voie de conséquence, le montant du dégrèvement au titre de l'article 1383 du code général des impôts, il résulte de l'instruction, ainsi que le fait valoir l'administration fiscale dans son mémoire en défense, sans être contredite, que le dégrèvement en litige s'élève à la somme de 369 euros par application des dispositions du I de l'article 1521 du code général des impôts, Mme B demeurant assujettie à la taxe d'enlèvement sur les ordures ménagères, et des délibérations applicables en matière de taxe foncière sur les propriétés bâties.
Sur les conclusions à fin de décharge :
3. Aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code ". Aux termes de l'article 1383 du code général des impôts : " I. - Les constructions nouvelles, reconstructions et additions de construction à usage d'habitation sont exonérées de la taxe foncière sur les propriétés bâties durant les deux années qui suivent celle de leur achèvement ". Aux termes de l'article 1406 de ce code : " I. - Les constructions nouvelles, ainsi que les changements de consistance ou d'affectation des propriétés bâties et non bâties, sont portés par les propriétaires à la connaissance de l'administration, dans les quatre-vingt-dix jours de leur réalisation définitive et selon les modalités fixées par décret. Il en est de même pour les changements d'utilisation des propriétés bâties mentionnées au I de l'article 1498, pour les changements de catégorie des propriétés bâties mentionnées au I de l'article 146 de la loi n° 2019-1479 du 28 décembre 2019 de finances pour 2020 et pour les changements de méthode de détermination de la valeur locative en application des articles 1499-00 A ou 1500 du présent code. / I bis. - Pour procéder à la mise à jour de la valeur locative des propriétés bâties, les propriétaires sont tenus de souscrire une déclaration sur demande de l'administration fiscale selon des modalités fixées par décret. / II. - Le bénéfice des exonérations temporaires de taxe foncière sur les propriétés bâties et non bâties est subordonné à la déclaration du changement qui les motive. Lorsque la déclaration est souscrite hors délais, l'exonération s'applique pour la période restant à courir après le 31 décembre de l'année suivante ". Aux termes de l'article 1415 du même code : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, () sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition ".
4. D'une part, il résulte de ces dispositions qu'une première taxe foncière ne peut être établie à raison d'une propriété bâtie acquise en l'état futur d'achèvement qu'à la condition qu'au 1er janvier de l'année d'imposition, l'état d'avancement des travaux permette de regarder l'immeuble comme achevé et donc à son propriétaire de l'habiter. Ainsi, pour l'application de ces dispositions, la date d'achèvement des constructions nouvelles s'entend de la date à laquelle
celles-ci deviennent habitables et non de celle à laquelle elles sont livrées à leur propriétaire. D'autre part, il résulte de ces dispositions qu'il appartient aux contribuables de porter à la connaissance de l'administration fiscale l'existence d'une construction nouvelle dans les
quatre-vingt-dix jours de sa réalisation définitive pour pouvoir bénéficier de l'exonération prévue par l'article 1383 pendant les deux années qui suivent l'achèvement de la construction et qu'une déclaration tardive ne leur ouvre droit au bénéfice de l'exonération que pour la période restant à courir après le 31 décembre de l'année suivante.
5. En premier lieu, Mme B soutient que le promoteur immobilier, qui a déclaré, sans l'en avoir informée, la date d'achèvement au 25 novembre 2020, lui a remis les clés du bien qu'elle a acquis en l'état futur d'achèvement le 5 janvier 2021, date à laquelle il est devenu habitable dès lors qu'avant cette date, " il n'y avait ni eau ni électricité ni gaz et que les derniers travaux n'étaient pas achevés ". Si Mme B doit être regardée comme contestant la date d'achèvement de son appartement, elle ne produit, à l'appui de ses allégations, aucun élément de nature à démontrer que son appartement n'aurait pas été habitable à la date du 25 novembre 2020.
6. En second lieu, au vu des considérations qui viennent d'être énoncées, le bien en litige doit être regardé comme ayant été définitivement réalisé le 25 novembre 2020. Mme B, qui se borne à soutenir qu'elle a adressé la déclaration modèle H2 à l'administration fiscale à la fin du mois de février, soit moins de soixante jours après son entrée dans les lieux et l'achèvement de son appartement, le 5 janvier 2021, et que cette déclaration a été enregistrée le 25 mars 2021, soit moins de quatre-vingt-dix jours après l'achèvement de son appartement, n'établit pas avoir porté à la connaissance de l'administration fiscale l'existence d'une construction nouvelle dans le délai prévu à l'article 1406 précité du code général des impôts.
7. Il suit de là que c'est à bon droit que l'administration fiscale a assujetti Mme B à la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre de l'année 2021.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle Mme B a été assujettie au titre de l'année 2020 ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.
La magistrate désignée,
S. BONNEAU-MATHELOT
La greffière,
S. SCHILDERLa République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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