lundi 21 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2209778 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 15ème chambre |
| Avocat requérant | SELAS JOVY GUINCESTRE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 octobre 2022 sous le n° 2209778, M. A B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision référencée " 48 M " de retrait de 4 points de son permis de conduire en date du 23 septembre 2022 ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'Intérieur de lui restituer ces 4 points et de lui présenter des excuses publiques ;
3°) de condamner l'Etat à 200 euros de jours amendes tant que ses 4 points ne lui auront pas été restitués.
M. B doit être entendu comme soutenant que :
- la réalité de l'infraction du 7 février 2022 ayant donné lieu au retrait de 4 points litigieux n'est pas établie ;
- il conteste être l'auteur de cette infraction ;
- la décision querellée a été prise en violation du principe du contradictoire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 octobre 2022, le ministre de l'Intérieur conclut au rejet de la requête en faisant valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu :
- la décision attaquée ;
- les pièces complémentaires, enregistrées les 1er janvier, 18 janvier et 1er février 2023 et produits par M. B ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. Freydefont, magistrat désigné, pour statuer sur les litiges visés audit article.
Mme Deleplancque, rapporteure publique, a été, sur sa proposition, dispensée de conclure dans cette affaire en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique du 8 octobre 2024, en présence de Mme Darnal, greffière d'audience, M. Freydefont, magistrat désigné, qui a lu son rapport.
Ni le requérant, ni le ministre de l'Intérieur ne sont présents ou représentés.
DatesInfractionsCNT/TPPointsR2IRestitutionRemarques07-02-2022Feu rougeCNT-CSA-4AMTOTAL-4
1. Il résulte de l'instruction que M. A B, né le 22 avril 1976, s'est vu retirer par décision du ministre de l'Intérieur référencée " 48 M " en date du 23 septembre 2022, 4 points à la suite de l'infraction routière constatée le 7 février 2022. Par la présente requête, M. B demande notamment l'annulation de cette décision " 48 M ".
Sur la demande de renvoi à une audience ultérieure :
2. Le juge, auquel il incombe de veiller à la bonne administration de la justice, n'a aucune obligation, hormis le cas où des motifs exceptionnels tirés des exigences du débat contradictoire l'imposeraient, de faire droit à une demande de report de l'audience formulée par une partie.
3. En l'espèce, M. B a adressé le 7 octobre 2024, veille de l'audience, une demande de renvoi au motif qu'il a demandé ce même 7 octobre au bâtonnier du barreau de Melun de lui désigner un autre avocat au titre de l'aide juridictionnelle compte tenu de la carence de celui qui avait été désigné le 19 avril 2023. Toutefois, l'intéressé avait été avisé, par lettre du greffe du 3 novembre 2023, qu'il avait jusqu'au 5 décembre 2023 pour ressaisir le bâtonnier de Melun suite à la carence de l'avocat désigné au titre de l'aide juridictionnelle. En outre, la requête de M. B est en état d'être jugée et aucun motif exceptionnel tiré des exigences du débat contradictoire n'impose le renvoi de l'affaire à une date ultérieure. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de faire droit à cette demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, il n'appartient qu'au juge pénal de se prononcer sur la régularité de la constatation des infractions. Par suite, M. B, qui allègue avoir saisi la juridiction compétente mais sans en justifier par des éléments probants, ne peut utilement soutenir à l'encontre du retrait de points attaqué que l'infraction contestée ne lui est pas imputable. Il en résulte que le moyen tiré par le requérant de ce qu'il n'est pas l'auteur de l'infraction du 7 février 2022 doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. () La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission d'un titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive "
6. Il résulte des dispositions précitées que la réalité d'une infraction est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. Il résulte de ces mêmes dispositions que l'établissement de la réalité de l'infraction entraîne la réduction de plein droit du nombre de points dont est affecté le permis de conduire de l'intéressé.
7. M. B conteste la réalité de l'infraction du 7 février 2022. Il ressort du relevé d'information intégral (R2I) afférent à la situation du requérant et produit par le ministre en défense que l'infraction du 7 février 2022, constatée par l'intermédiaire d'un radar automatique puis télétransmise au centre national de traitement du contrôle sanction automatisé (CNT-CSA), a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée (AFM), ainsi que l'atteste la mention " AM ". Or, si le requérant soutient avoir formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation de ce titre exécutoire, il ne l'établit pas par les pièces qu'il joint à sa requête. Il s'ensuit que l'administration doit être regardée comme apportant la preuve que la réalité de ladite infraction est établie dans les conditions requises par les dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. " M. B soutient que la décision querellée de retrait de 4 points de son permis de conduire a été prise en violation du principe du contradictoire. Toutefois, il résulte du premier alinéa de l'article L. 223-1 du code de la route cité au point 3 que le capital de points d'un permis de conduire est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue, sans que ne soit prévue la mise en œuvre de la procédure contradictoire de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration. Ce dernier moyen sera donc écarté comme inopérant.
9. Tous les moyens étant écartés, les conclusions à fin d'annulation de la décision " 48 M " du 23 septembre 2022 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, seront également rejetées les conclusions à fin d'injonction ainsi que la demande de condamnation formulée par le requérant.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2: Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'Intérieur.
Délibéré après l'audience du 8 octobre 2024.
Rendu public après mise à disposition au greffe le 21 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé : C. FreydefontLa greffière,
Signé : L. Darnal
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026