Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2211777
mercredi 18 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2211777 |
| Type | Décision |
| Recours | Exécution d'un jugement |
| Publication | C |
| Formation | 14ème chambre, DALO |
| Avocat requérant | TOMAS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une lettre enregistrée le 6 février 2022, M. A B, représenté par Me Tomas, a saisi le tribunal administratif de Melun d'une demande tendant à obtenir l'exécution du jugement n° 2007531 du 9 novembre 2021 du tribunal administratif de Melun, sous astreinte de 300 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir, qui avait condamné l'Etat à lui verser la somme de 300 euros en réparation du préjudice subi du fait de l'absence d'offre de logement adapté à ses besoins et mis à la charge de l'Etat la somme de 800 euros à verser à Me Tomas au titre des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il indique que le préfet de Seine-et-Marne n'a exécuté cette ordonnance en aucun de ses points.
Par une ordonnance du 1er décembre 2022 a été ouverte la phase juridictionnelle de
la demande d'exécution de l'ordonnance du 9 novembre 2021.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 13 et 29 décembre 2022, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que ni M. B, ni son avocat n'ont transmis les pièces nécessaires au paiement des sommes dues.
Par un mémoire enregistré le 14 décembre 2022, M. B, représenté par Me Tomas, conclut au maintien de ses conclusions et demande en outre à ce que l'Etat soit condamné à verser à Me Tomas la somme de 750 euros en réparation du préjudice lié aux manquements de l'Etat.
Il indique n'avoir pas reçu de demande de pièces complémentaires de la préfecture et que son conseil justifie de l'envoi des documents nécessaires au règlement des sommes dues.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 janvier 2024, le préfet de Seine-et-Marne conclut au non-lieu à statuer sur la demande tendant à l'exécution des sommes dues au conseil de M. B et au rejet du surplus.
Il fait valoir que le conseil de M. B indique lui-même ne pas être en mesure de joindre M. B pour qu'il produise les documents nécessaires au règlement des sommes qui
lui sont dues.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a donné délégation à M. C D, premier
vice-président, en application de l'article R. 222-21-1 du code de justice administrative, pour exercer les attributions que la présidente du tribunal tient des dispositions figurant aux titres IV et V du livre III, au titre II du livre VI, à la section 4 du titre IV et au titre VI du livre VII et au titre II du livre IX du présent code.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, et en application de l'article L. 732-1 du code de justice administrative, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu à l'audience publique, le rapport de M. D, les parties n'y étant ni présentes ni représentées.
L'instruction a été clôturée après appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
1. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ". Aux termes de l'article R. 921-6 du même code : " Dans le cas où le président estime nécessaire de prescrire des mesures d'exécution par voie juridictionnelle, et notamment de prononcer une astreinte, () le président de la cour ou du tribunal ouvre par ordonnance une procédure juridictionnelle. () ".
2. Par un jugement n° 2007531 du 9 novembre 2021, le tribunal administratif de Melun a condamné l'Etat à verser à M. B une somme de 300 euros, assortie des intérêts au taux légal et mis à sa charge une somme de 800 euros, à verser à Me Tomas, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive à l'aide juridictionnelle.
3. D'une part, il résulte de l'instruction que le préfet de Seine-et-Marne a émis
le 2 février 2023 un certificat administratif attestant du versement de la somme due à Me Tomas pour un montant de 800 euros. Il doit donc être réputé avoir exécuté le jugement
du 9 novembre 2021 sur ce point. Par suite, il n'y a plus de statuer sur la demande d'exécution en tant qu'elle concerne les sommes dues à Me Tomas.
4. D'autre part, il résulte de l'instruction que les services du préfet ont sollicité auprès de M. B les documents leur permettant de procéder au règlement des sommes qui lui sont dues et que, faute pour M. B de produire ces documents, ce règlement n'a pu intervenir. Il résulte par ailleurs d'un courriel produit par le préfet de Seine-et-Marne que le conseil du requérant a rencontré les mêmes difficultés pour obtenir ces éléments auprès de son client. Dès lors, si le jugement n° 2007531 du 9 novembre 2021 n'a pas été exécuté à ce jour sur ce point, cette inexécution n'est pas imputable à l'administration mais exclusivement au comportement du requérant qui n'a pas produit les justificatifs qui lui ont été demandés en vue de procéder à ce règlement. Il s'ensuit que
la demande d'exécution doit être rejetée sur ce point.
5. En dernier lieu, si Me Tomas demande la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 750 euros en réparation du préjudice lié aux manquements de l'Etat, il soulève en tout état de cause un litige distinct de celui qui a été tranché par le jugement du 9 novembre 2021 et de telles conclusions ne peuvent ainsi qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'exécution du jugement n° 2007531 du
9 novembre 2021 en ce qui concerne la demande tendant à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat
la somme de 800 euros à Me Tomas.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête doit être rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet de Seine-et-Marne et à la ministre du logement et de la rénovation urbaine.
Le magistrat désigné,
O. D
Le greffier,
S. BONINE
La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance
Pour expédition conforme,
Le greffier,
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